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Liga : Viva Depor !

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Liga : Viva Depor !

Après des années de bling-bling au sommet de la Liga, le Deportivo La Corogne a une sacrée gueule de bois. Depuis le début de saison pourtant, les hommes de Lotina font un bon début de championnat. Enfin la fin de la galère ?

L’histoire du Superdepor, c’est avant tout l’histoire d’une crise économique en avance sur son temps. Grâce à l’apparition des droits télé stratosphériques dans les 90’s, mais également grâce au soutien des pouvoirs publics galiciens, le Depor a gaspillé plus qu’il n’y avait dans les caisses. Augusto Cesar Lendoiro, le président mégalomane des Blanquiazules, avait deux objectifs : devenir le club phare galicien en lieu et place du Celta Vigo et titiller les deux colosses de la Liga dans la lutte pour le titre. Ce qui apparaissait comme une utopie à l’époque est pourtant devenu réalité. Pour faire figure d’épouvantails en Espagne, mais également en Europe, les Galiciens auront toutefois entièrement consumé leur patrimoine avant de rentrer définitivement dans le rang. Lendoiro, l’Aulas espagnol et bedonnant, aura ainsi été à la fois le grand architecte et le fossoyeur de l’âge d’or du club, avec une gestion plus que catastrophique. Aujourd’hui, le club est endetté à hauteur de 400 millions et n’a plus vraiment rien de “Super”. Lendoiro le savait : pour entrer dans la légende du foot espagnol, il fallait hypothéquer l’avenir de son club tout en assurant sa pérennité dans l’élite. Du zénith d’autrefois à l’indifférence d’aujourd’hui, retour sur les quatre périodes clés d’un club qui semble enfin avoir retrouvé un semblant de stabilité en Liga.

Le Superdepor

En 1987, le Deportivo La Corogne est endetté et menacé de disparition. Le club est alors dernier de la Segunda B (l’équivalent du National) à quelques journées de la fin du championnat mais sauve in extrémis sa tête lors de l’ultime match. Augusto Lendoiro, ami personnel du patron de Zara, prend alors la décision de racheter le club pour en faire une société anonyme.

En 1991, les Galiciens retrouvent l’élite du football espagnol et créent la sensation en débauchant Bebeto, le meilleur attaquant brésilien de l’époque (après Romario). Mauro Silva arrive également au club pour tenter de hisser rapidement les Blanquiazules au sommet. Lendoiro expliquera plus tard qu’il aura réussi à convaincre les deux stars en leur faisant miroiter un gros salaire et une adaptation ultrarapide dans le Finisterre espagnol : « Le Depor est le FC Porto espagnol. On a le même maillot, les mêmes ambitions et on parle portugais » . Dirigé par Arsenio Iglesias “El Brujo”, le Depor devient rapidement l’épouvantail de la Liga et un cauchemar pour le Real et le Barça.

En 1992, le Superdepor peut remporter son premier championnat lors de la dernière journée. A la 90ème minute, l’arbitre siffle un pénalty, Bebeto se chie dessus et laisse Djukic le rater à sa place. Le Barça est de fait sacré champion, mais le Superdepor a déjà écrit la première belle page de son histoire…

En 95, Arsenio Iglesias et Bebeto abandonnent le club après avoir remporté la première Coupe du Roi du club. Avec les arrivées de Toshack et Carlos Alberto sur le banc de touche, le Depor figure rapidement la légion étrangère : Bonnissel, Corentin Martins et Madar y côtoient alors pas moins de douze Brésiliens dont un certain Rivaldo. Parti à Barcelone à prix d’or pour remplacer Ronaldo, le futur Ballon d’Or aura permis aux Galiciens d’injecter de l’argent frais dans les caisses. Histoire de ne pas en faire n’importe quoi, Lendoiro décide d’engager Irureta. Une idée de génie. L’entraîneur espagnol commence par liquider la colonie espagnole afin de miser sur des talentueux inconnus nommés Naybet, Donato, Makaay, Pauleta, Djalminha et Turu Flores. Avec le petit mais génial Fran en meneur de jeu, le Depor devient en 1999 le premier club galicien champion d’Espagne. Le Superdepor est au sommet pour la première et dernière fois de son histoire…

Euro Depor

Après avoir remporté son premier sacre national, le Depor décide de s’attaquer à l’Europe. L’arrivée du magicien Valeron, la confirmation de Makaay et la naissance de quelques stars comme Luque, Diego Tristan et Manuel Pablo, vont rapidement transformer les successives campagnes européennes des Bleu et Blanc en épopée. Malgré la baffe reçue par le Monaco de Deschamps, l’Euro Depor est avant tout une machine à exploits. Le PSG, Manchester United et le Milan AC s’en souviennent encore… D’une intelligence collective rare et grâce à une maîtrise technico-tactique poussée jusqu’au firmament, la Corogne crée l’un des plus beaux exploits de vingt dernières années en se qualifiant pour les demi-finales de la Ligue des Champions lors d’un match épique contre le Milan AC en 2003. Le 4-0 infligé cette nuit-là aux Rossoneri constitue jusqu’à ce jour le match le plus intense et jubilatoire de l’histoire du club. En 2002, le Depor commet un “Centenariazo” (en référence au Maracanazo) en finale de la Coupe du Roi face à un Real qui fête son centenaire à domicile. C’est un coup de poignard infligé aux Galacticos de Perez. Côté Depor, c’est un coup d’éclat qui n’aura jamais de suite…

Le Baby Depor

En 2005, Irureta démissionne. Les stars sont parties pour colmater le déficit et le club se voit dans l’obligation de revenir à la réalité. Le meilleur entraineur-formateur d’Espagne, Joaquin Caparros, débarque à la Corogne pour une cure de jouvence du Depor. Il s’agit de repartir de zéro et de reprendre la formule qui a conduit le FC Séville à devenir l’un des clubs les plus importants de la Liga. Autrement dit, le club mise sur des jeunes promesses comme Guardado, Felipe Luis, Arbeloa, Lafita, ou encore Riki. Pour compléter l’équipe, Caparros fait une Wenger et pille le centre de formation du Barça en arrachant Cristian et Verdu aux Catalans. La greffe ne prendra jamais et le club manque même d’être relégué dès la deuxième année de banc de Caparros. 16ème à dix journées de la fin en 2007, le Depor finit pourtant l’année en boulet de canon. Faut dire que Lendoiro avait promis une carotte de 100 000 euros à chaque joueur si la relégation était évitée. Résultat, le Depor se qualifie pour la Coupe de l’UEFA (avec cette arnaque de Wilhelmsson). Tout reste encore à refaire.

Le retour aux sources

Depuis l’arrivée de l’entraîneur Lotina, le Depor semble avoir définitivement digéré son retour dans l’anonymat de la Liga. La crise d’adolescence a laissé place à l’âge de raison. Désormais, le club semble s’interdire des folies à chaque mercato. Pour recruter malin et quasiment gratuitement, le Depor préfère donc prendre des joueurs en fin de contrat ou prêtés par les grosses cylindrées. L’argent sert uniquement à investir dans les jeunes promesses. Clairement, la politique sportive du club semble austère et loin des fastes du passé. Mais ça marche. Sans pression et sans en avoir l’air, le Depor est aujourd’hui quatrième de la Liga. Lotina a su créer un alliage d’expérience et de jeunesse qui semble fonctionner à merveille. Autour des vieux roublards comme Aranzubia, Lopo, Manuel Pablo, Sergio et grâce à la magie de Valeron, des jeunes talents comme Zé Castro, Lassad, Adrian, Ivan Perez ou Juca (très bon tireur de coups francs) semble s’affirmer de jour en jour. Le point fort de l’équipe reste pourtant son côté gauche diabolique formé du trublion mexicain Guardado (une perle celui-là) et du futur meilleur arrière gauche du monde, le Brésilien prétendu par le Barça cet été, Luis Filipe. Beaucoup comparent déjà ce duo dynamique à celui que formaient Navas et Alves au FC Séville. C’est pas rien… Le seul problème de l’équipe semble être sa ligne offensive : Mista a disparu, Bodipo est vieux et Riki trop inconstant. Pas étonnant donc que le public ait déserté les travées du Riazor pour se réfugier dans des nostalgiques souvenirs de football offensif. Certes, le Deportivo La Corogne ne fait plus autant rêver, mais à défaut d’avoir récupéré son rang parmi l’élite de la Liga, le club a retrouvé son nom d’origine… En attendant d’avoir bientôt un nouveau surnom.

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