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Les stades au cœur de la campagne pour les élections municipales

Par Quentin Ballue
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Réactions
Les stades au cœur de la campagne pour les municipales

Le premier tour des élections municipales a lieu dimanche en France. Sans être une priorité, différents stades ont nourri les débats aux quatre coins de l’Hexagone, de Brest à Paris, en passant par Nîmes ou Montpellier.

  Brest et le spectre de l’Arkéa Park

En octobre, le tribunal administratif a suspendu le projet d’Arkéa Park, future enceinte de 15 000 places du Stade brestois, en raison de préoccupations environnementales. « La décision du Tribunal ne remet pas en cause la qualité du projet, mais nous invite à l’étayer par des informations plus précises », tenait à rassurer le président du SB29 Denis Le Saint cet automne. En attendant que la justice tranche, les candidats à la mairie ont exprimé des positions différentes. Pour Cécile Beaudouin (LFI), priorité à la rénovation de Francis-Le Blé compte tenu du coût financier et de l’impact « significatif » qu’aurait un nouveau stade « dans une zone où nichent des espèces protégées ». Les autres candidats plaident plutôt pour l’Arkéa Park.

Le maire actuel, François Cuillandre (PS), estime dans Ouest-France que le club a besoin « d’équipements adaptés à ses objectifs sportifs et aux exigences réglementaires. Dans son état actuel, le stade Francis-Le Blé ne permet pas durablement d’accompagner l’évolution du club. » Franck Besombes (DVD) voit l’opportunité de « dessiner la ville de demain » et d’installer le musée et l’auditorium sur le site de Francis-Le Blé. Yves Pagès (RN) et Stéphane Roudaut (DVD) sont aussi favorables au nouveau stade. Idem pour Reza Salami (DVG), mais il estime qu’il s’agit « avant tout d’un projet privé » et que « le montage financier devra être revu ». Le projet est estimé à 106 millions d’euros. Les collectivités apporteraient environ 30 millions d’euros, plus 15 à 25 millions d’euros d’aménagements extérieurs. Sébastien Muscat (DVG) souhaite quant à lui laisser les Brestois trancher entre une rénovation de Le Blé et un nouveau stade via un référendum local.

  Aulas regarde vers La Duchère

Jean-Michel Aulas brigue la mairie de Lyon, et l’ancien président de l’OL a présenté une idée pendant sa campagne : créer un stade de 10 000 à 12 000 places. Les clubs phares de la ville ont déjà le Groupama Stadium et Gerland à disposition, mais JMA estime qu’une nouvelle enceinte aurait du sens. « J’envisage d’avoir, dans Lyon, un stade de 10-12 000 personnes qui correspond à un certain nombre de besoins, la troisième division professionnelle, et peut-être OL Lyonnes », expliquait le candidat de la droite début février. Son allusion à la troisième division concerne plus précisément le club de La Duchère, en course pour accéder à la N2 à la fin de la saison.

« On est en train de concevoir avec Jean-Christophe (Vincent), président de la Duchère, et toutes les parties prenantes, un projet qui permettrait de créer un certain nombre d’infrastructures et, d’une part, faire un appel d’air en matière de créativité, d’emploi, et de résoudre le diagnostic porté sur le problème de la mobilité et du raccordement de La Duchère au reste de la cité. » Le stade serait en effet desservi par le tramway. L’OL Lyonnes joue désormais 100% de ses matchs au Groupama Stadium, mais en mai dernier, Michele Kang confiait qu’elle pensait toujours à la possibilité de construire un stade d’environ 20 000 places, reconnaissant qu’un stade de 57 000 places est « surdimensionné ».

  Nice et la gestion des JO 2030

L’Allianz Arena doit accueillir du hockey sur glace pendant les Jeux olympiques d’hiver 2030. Selon le plan du comité d’organisation, deux patinoires provisoires seront installées dans l’antre de l’OGC Nice. Le club serait donc privé de son stade du 8 décembre au 15 mars. Le maire de Nice, Christian Estrosi (DVD), a évoqué des discussions avec la LFP pour aménager le calendrier et limiter l’impact pour les Aiglons. Il table sur un ou deux matchs à jouer à domicile pendant cette période, et proposera qu’ils se jouent « dans le futur stade de rugby des Arboras, qui comptera 15 000 places, et qui doit être réalisé d’ici 2029 ». Une éventuelle qualification en Coupe d’Europe pourrait cependant compliquer les choses.

Principal adversaire d’Estrosi, Eric Ciotti (UDR) a indiqué qu’il s’opposerait à ce schéma, défendant l’idée d’organiser les matchs de hockey sur glace au Palais des Expositions, histoire de laisser l’Allianz Arena au Gym. Il a été publiquement soutenu par le président Jean-Pierre Rivère. La saison 2029-2030 serait « très problématique » pour le Gym sans son stade, avertit le dirigeant dans l’émission Gym Tonic, craignant un impact sportif et économique, avec des pertes au niveau des hospitalités. Rivère pointe également la suppression d’un grand nombre de places de parking du stade en raison de la construction du village olympique. « On se retrouvera avec 1 400 places de parking, ce qui veut dire que vous condamnez un club et ce stade pour l’avenir », a-t-il lancé.

L’aperçu d’une des futures patinoires dans l’Allianz Arena.
L’aperçu d’une des futures patinoires dans l’Allianz Arena.

  Le PSG, le Parc et la menace d’un déménagement

L’avenir du Parc des Princes est au cœur de la campagne dans la capitale. Rachida Dati (LR/Modem), qui s’est largement affichée avec les joueurs du PSG l’an passé, répète depuis des mois qu’elle est prête à vendre le stade au club pour éviter qu’il déménage à Massy ou Poissy. Emmanuel Grégoire (PS) partage cette position. En cas d’élection, il aimerait conclure les négociations avant le début de la nouvelle saison. « Je respecte ceux qui ne sont pas d’accord avec la position de principe qui est de vendre du domaine public, mais la mienne est pragmatique. On ne peut pas vouloir que le PSG reste sans vendre, cette phrase ne va pas. Si on ne leur vend pas, ils partiront. […] Une fois que je serai maire, je prendrai le dossier personnellement en mains. Le seul truc qui peut faire capoter, c’est le montant que propose le PSG. S’il n’est pas conforme à l’intérêt patrimonial des Parisiens, je dirai non », confie-t-il à So Foot, sans se mouiller sur le prix qu’il estimerait juste.

La vente fait aussi sens selon Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) et Sarah Knafo (Reconquête). En revanche, Thierry Mariani (RN) défend l’idée de garder le Parc des Princes dans le patrimoine de la Ville. À Poissy, la maire Sandrine Berno Dos Santos (LR) a affirmé qu’elle consultera les habitants en cas de réélection puisque le futur stade serait construit sur le site de l’usine Stellantis, ce qui pose des questions sur l’impact en matière d’emploi.

  Le FC Lorient passera-t-il à la caisse ?

La tribune d’honneur du Moustoir est « aujourd’hui très dégradée » et l’idée de la reconstruire est globalement partagée. En revanche, les modalités de financement font débat. Le maire sortant Fabrice Loher (DVD) est prêt à investir une trentaine de millions d’euros. « Dans le contexte du rachat récent par le Black Knight Football Club, c’est important pour la mairie de continuer à peser dans les décisions. De plus, le stade est très utile pour le Festival interceltique. Il faut donc qu’il reste municipal et il faut assumer. Mais le plan de rénovation de la tribune est par phase, et on pourra ajuster », explique-t-il à Ici Breizh. Ses adversaires estiment qu’il faut revoir la copie et augmenter le financement du FC Lorient, qui serait de trois millions d’euros.

Pour l’écologiste Damien Girard, « il faut peut-être revoir le budget à la baisse et avoir un projet moins ambitieux. Et il faut que le FCL investisse plus. » L’insoumis Vincent Le Tertre estime que « c’est au FCL de financer cette tribune, à la condition d’un bail emphytéotique, c’est-à-dire que le club puisse s’y retrouver financièrement ». La socialiste Gaëlle Le Stradic opte quant à elle pour la sobriété : sécuriser la tribune, oui, mais sans aller plus loin, afin de mettre « moins d’argent sur le stade » et prioriser la rénovation des écoles.

  La Mosson, stop ou encore ?

Le stade de la Mosson est vieux, et situé en zone inondable. En 2014, la montée des eaux avait obligé le MHSC à jouer ailleurs pendant trois mois et coûté 6,2 millions d’euros de travaux. Une partie des candidats souhaite tout de même y rester. Mohed Altrad (DVG) compte rénover le stade, « surélever l’assise » pour éliminer les problèmes d’inondation, et mettre « un dôme au-dessus du stade, pour lui donner une allure ressemblant au stade de Marseille ou de Lyon ». Nathalie Oziol (LFI) et France Jamet (RN) souhaitent aussi prolonger l’histoire de la Mosson, comme le maire sortant, Michaël Delafosse (PS), qui s’est engagé à rénover l’enceinte, à aménager des commerces et à en refaire un lieu de vie du quartier.

D’autres candidats veulent construire un nouveau stade. Rémi Gaillard (DVG), inoubliable buteur en finale de Coupe de France, porte l’idée d’un stade écoresponsable de 25 000 places incrusté dans un parc végétalisé. Il comprendrait le musée Louis Nicollin et une Maison des sports afin d’accueillir du tennis de table, du futsal, du basket 3×3… La Mosson devient « un grand parc de permaculture, de loisirs nature, d’aventure et d’innovation écologique », avec des tyroliennes traversant le stade, et des gradins convertis en terrasses cultivées. Isabelle Perrein (DVD) voit aussi les choses en grand avec l’idée de deux nouveaux stades construits côte à côte et qui, grâce à une tribune amovible, pourraient fusionner afin de créer une enceinte de plus de 50 000 places.

Illustration de la reconversion du stade de la Mosson dans le projet présenté par Rémi Gaillard.
Illustration de la reconversion du stade de la Mosson dans le projet présenté par Rémi Gaillard.

  Nîmes et le retour aux Costières

Le Nîmes Olympique a quitté le stade des Costières en 2022 pour que l’enceinte soit démolie, puis reconstruite. Bémol : le projet a été abandonné entretemps. Les Crocodiles, qui jouent actuellement au stade des Antonins, devraient quand même revenir aux Costières à moyen terme. Selon le récent sondage mené par le Collectif Sauvons le Nîmes Olympique, une majorité de Nîmois y sont favorables. Les candidats à la mairie aussi. Pour cela, il faut entreprendre des travaux de rénovation puisque le stade est à l’abandon depuis quatre ans.

Vincent Bouget (DVG) parle d’une rénovation « dans un temps étalé ». Selon le budget nécessaire, le dossier ne sera pas une priorité immédiate selon Pascal Dupretz (LFI), mais « si les chiffres sont plus modestes, bien sûr, nous rénoverons rapidement ». Julien Plantier (LR) est le candidat qui se mouille le plus sur le sujet : il envisage le début des travaux en 2028 et un retour aux Costières « à l’horizon 2029-2030». Il propose la démolition de la tribune ouest pour construire un bâtiment à vocation médicale et aboutir à un stade avec trois tribunes et une capacité de 15 000 places, pour un investissement entre 15 et 25 millions d’euros.

« Je suis conscient que cette solution ne plairait pas à tout le monde, mais elle permettrait de créer des rentrées d’argent pour financer une partie des travaux. Les supporters visiteurs pourraient aller dans une partie de la tribune Sud qu’on rendrait totalement hermétique, voire dans un petit parcage en Ouest », explique-t-il au Collectif. Franck Proust (DVD) est « ouvert à tout » et compte consulter les Nîmois par référendum. Julien Sánchez (RN) reste quant à lui en attente du chiffrage des travaux pour prendre une position, tout en ayant une préférence pour « conforter le stade des Costières ».

  Rennes : construire ou agrandir ?

Le taux de remplissage du Roazhon Park a poussé la réflexion sur la nécessité d’une plus grande enceinte pour le Stade rennais ces dernières années. Le projet de construire un nouveau stade à la Barre Thomas s’est heurté à un certain nombre de difficultés, et la maire sortante Nathalie Appéré (PS) penche plutôt pour une extension du Roazhon Park. Une option qui permettrait à la ville de rester propriétaire. Une étude a déjà été menée sur le projet d’agrandir la tribune côté Vilaine pour que le stade atteigne les 40 000 places. Montant estimé des travaux : 110 millions d’euros.

Dans l’opposition, Charles Compagnon (Horizons) détonne avec son plan de construire un « Roazhon Park II, financé par le propriétaire du Stade rennais ». Pas de financement public, donc, et le SRFC serait propriétaire de son stade. Sauf que le candidat n’a jamais échangé sur le sujet avec la famille Pinault. Un peu embêtant. Dans son idée, le Roazhon Park actuel serait quant à lui reconfiguré pour le rugby, le football féminin et l’athlétisme. La tribune Vilaine serait quant à elle supprimée pour laisser place à des logements.

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