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Emmanuel Grégoire : « La valeur du Parc des Princes, c’est entre 0 et 1 milliard d’euros »

Dans la course aux municipales, le candidat socialiste pour Paris, Emmanuel Grégoire, détaille son projet pour le Parc des Princes, qu’il est ouvert à vendre au Paris Saint-Germain sous certaines conditions et à un certain prix. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo parle aussi de ses différentes amours pour Bordeaux, Lens, l’OM, Arsenal (oui, oui tout ça) et du joueur très moyen qu’il était. Entretien avec un footix qui s’assume.
Vous pouvez citer trois joueurs du PSG, vous ?
Non, mais c’est une blague ! Je peux citer toute l’équipe : Kvaratskhelia, Doué, Dembélé, Marquinhos, Hakimi, Nuno Mendes…
Vous avez bien révisé…
Je ne révise pas, je les connais par cœur. Vous me demanderiez des joueurs du PFC, ce serait plus rigolo.
Vous pouvez citer trois joueurs du Paris FC, alors ?
Facile. Lopez, Ikoné, Kevin Trapp, Immobile… Je ne les connais pas tous. Moins que le PSG, mais je m’y suis mis. Je n’ai pas encore été à Jean-Bouin, je n’ai pas le temps. Je voulais aller voir PFC – Lens, car j’ai deux clubs : le PSG et Lens. J’ai toujours aimé les clubs populaires. J’aime l’OM aussi, même si ça fait hurler les ultras du PSG. Je ne suis pas né à Paris, j’étais un amateur de l’OM des années 1990, comme tout le monde à l’époque. J’adore aussi Liverpool, Arsenal, qui sont des clubs qui ont une résonance avec leur territoire.
Le PSG a-t-il une résonance avec son territoire ?
Oui, c’est le cas, dans un registre plus compliqué et assumé aujourd’hui d’une marque mondiale que tout le monde se réapproprie. Ce qui m’a le plus touché dans la victoire en Ligue des champions, c’est qu’il y a eu des fêtes dans toutes les villes françaises. Le PSG a aussi une résonance sociologiquement intéressante, avec le clivage historique entre Boulogne et Auteuil. C’est à la fois le club des quartiers bourgeois et de la banlieue, sachant qu’on a jamais eu ce phénomène de spécialisation comme on peut l’avoir à Milan ou avec les sept clubs à Londres, donc le PSG est les deux à la fois.
J’avais eu des expériences un peu pénibles au Parc des Princes quand j’étais plus jeune, je n’aimais pas aller là-bas, où j’ai pu être encerclé par des dizaines de CRS, ça cognait fort…
On peut quand même considérer qu’il y a eu une évolution à ce niveau depuis l’arrivée de QSI à la tête du club. Ce n’est plus exactement le même public, en partie.
Je n’ai jamais été un ultra du PSG, donc je n’ai pas cette nostalgie pré-Leproux. Pour le coup, j’avais eu des expériences un peu pénibles au Parc des Princes quand j’étais plus jeune, je n’aimais pas aller là-bas, où j’ai pu être encerclé par des dizaines de CRS, ça cognait fort… Le foot, c’est un lieu de bruit, de démonstration d’ultras, mais j’aime infiniment plus l’ambiance d’aujourd’hui. Je n’ai pas de nostalgie du hooliganisme.
Quel est votre rapport au Parc des Princes, vous qui avez grandi en Charente-Maritime ?
Le premier match que j’ai vu au Parc, ce n’était pas du tout un match du PSG. J’étais tout minot, écolier en Seine-Saint-Denis, et on s’était fait offrir des places pour le dernier match du Matra Racing. J’ai eu une aventure extraordinaire avec les Girondins de Bordeaux, où j’ai fait ma classe préparatoire. Je suis tombé entre 1995 et 1999 sur les deux saisons merveilleuses. 1995-1996, c’est la génération Dugarry, Lizarazu, Zidane, et on perd cette finale de Coupe d’Europe contre le Bayern après une victoire mémorable en quarts contre Milan. En 1999, le premier clin d’œil personnel avec le PSG, c’est qu’on finit champion au dernier match par une victoire de Bordeaux au Parc, l’OM accusant Paris d’avoir fait exprès de perdre. C’était des années extraordinaires. Puis je suis monté à Paris et je suis devenu fan du PSG.

Le PSG, l’OM, Bordeaux, Lens, Arsenal… On pourrait dire que vous êtes un footix, quand même.
Pardon, mais je m’en fous ! J’aime le foot, j’aime jouer au foot, je peux regarder avec plaisir des matchs de grandes équipes. Le PSG, c’est aussi un lien particulier avec mes fils, qui sont eux des fans absolus et qui trouvent inconcevable d’avoir une relation au foot qui est la mienne. Quand il y a une équipe française en Ligue des champions, je la soutiens. Je ne suis pas un identitaire et je l’assume. Je considère que le foot est un moment magique de communauté humaine. En aucun cas ça ne suscite chez moi de l’irritabilité et de la confrontation avec l’équipe adverse.
Quels sont vos souvenirs de stade les plus marquants ?
Il y en a un qui est désagréable, c’est un PSG – Bordeaux en demi-finales de Coupe de la Ligue (en mars 2002, NDLR), où j’avais peur de me faire casser la gueule par les CRS. Je me suis retrouvé dans des mouvements de foule. Gilles Vessière avait dû sortir escorté… Mes bons souvenirs de foot ne sont pas forcément liés à des souvenirs de stade, la France en 2022, des PSG – OM assez marrants, l’égalisation de Cavani à la 94e… La dramaturgie, l’intensité, parfois la vulgarité…
Je sais très bien que tous les supporters ne sont pas homophobes, mais il y a un registre de blagues potaches qui fait du mal aux autres et nourrit les discours de violence et d’oppression.
Après le match PSG – OM, vous vous êtes indigné contre les chants homophobes sur vos réseaux sociaux. Comment mener ce combat assez nouveau dans le monde du foot ?
Je suis une personne publique, demain je veux être maire de Paris, je me dois d’imposer de la régulation dans l’espace public. Je sais très bien que tous les supporters ne sont pas homophobes. Je veux simplement leur dire, avec affection, qu’il y a un registre de blagues potaches qui fait du mal aux autres et nourrit les discours de violence et d’oppression. De la même façon qu’on ne fait pas de blagues racistes, ce qu’ils comprennent spontanément, il ne faut pas faire de blagues homophobes, voilà. Ce n’est pas parce que c’est ancré que c’est bien, on doit pouvoir s’en détacher.
Le foot peut-il et doit-il être moteur sur ce sujet dans la société ?
Je n’en sais rien, mais le foot est comme tous les autres milieux, il n’est pas à l’abri des incompréhensions ou des incohérences. Il a un rôle modèle, la jeunesse s’intéresse plus aux joueurs du PSG qu’aux philosophes, donc ils ont à cet égard une responsabilité de plus. Et au-dessus de tout, y compris le football, il y a la loi.
Hier, le @PSG_inside a ébloui avec 5 buts contre l’OM. En revanche, l’homophobie, sur le terrain ou en tribune, c’est non et encore non. Il est temps que ces pratiques cessent. La fête n’en sera que plus belle. https://t.co/ThzZFOIjbe
— Emmanuel Grégoire (@egregoire) February 9, 2026
Quelle place occupe le foot dans une campagne politique, en particulier dans celle de la mairie de Paris cet hiver ?
Honnêtement, je pense qu’elle n’est pas si grande que ça. Nous avons un sujet qui n’a selon moi pas un grand impact électoral, mais qui est en mondovision : le PSG au Parc des Princes. Je ne suis vraiment pas sûr que ce soit un prescripteur électoral très fort. Je n’espère pas que les gens votent pour moi en fonction du sujet du PSG, au regard des misères et des problèmes du monde… Il faut relativiser !
En tant que candidat, vous étiez obligé de vous ouvrir à la vente pendant cette campagne ?
Pour le dire différemment : ça a toujours été ma position. Je n’ai jamais dit le contraire d’ailleurs, personne ne trouvera une expression de ma part disant que je suis contre la vente. J’y ai bien veillé, je pensais bien qu’un jour j’en aurais la charge. Je me suis exprimé très tôt sur le sujet, je ne voulais pas que ça pollue la campagne. Honnêtement, aujourd’hui tout le monde croit qu’il y a un vrai chemin possible pour y parvenir. Rachida (Dati) ne l’avait jamais dit aussi clairement, mais elle l’a dit aussi.
Est-ce qu’on pense vraiment que le Parc des Princes vaut moins que Paredes ? En plus, je ne l’aime pas, Paredes.
Au-delà du discours et de l’effet d’annonce, pensez-vous vraiment pouvoir trouver un terrain d’entente avec le PSG ?
En cas d’élection, j’ai dit vouloir boucler les négos d’ici la fin de l’été au plus tard. Pour être très clair, avant le début de la nouvelle saison. Une fois que je serai maire, je prendrai le dossier personnellement en mains. Le seul truc qui peut faire capoter, c’est le montant que propose le PSG. S’il n’est pas conforme à l’intérêt patrimonial des Parisiens, je dirai non.
Il y a quelques années, vous aviez dit que le prix du Parc des Princes ne pouvait pas être équivalent à celui de Leandro Paredes (40 millions d’euros). Quel est le prix, alors ?
Qu’est-ce qu’en pense la rédaction de So Foot ? Est-ce qu’on pense vraiment que le Parc des Princes vaut moins que Paredes ? En plus, je ne l’aime pas, Paredes. Pas comme footballeur, c’est un bon joueur, mais ce que j’en ai vu sur le terrain ne traduisait pas une personnalité qui me séduit beaucoup. Je n’avais qu’une angoisse, c’était qu’il marque en finale de la Coupe du monde. Bon, il en a mis un aux tirs au but…
Et donc pour en revenir au prix du Parc des Princes ?
Je ne vais pas vous le dire. D’abord parce que ce serait irresponsable de ma part pour deux raisons. La première, c’est que dans des négociations, on discute avec la personne, on ne lance pas le truc en l’air. La deuxième, c’est extrêmement encadré en droit, puisque la valeur doit être validée par les domaines qui dépendent de l’administration du ministère des Finances et du Budget. Il y a deux dimensions dans la valeur, celle en tant que maire où je dis que c’est une bonne affaire pour les Parisiens et donc celle validée par les domaines. C’est entre 0 et 1 milliard d’euros, voilà !
C’est une très grosse fourchette…
Je ne dis pas les chiffres au hasard ! Nasser a dit que le Parc des Princes ne vaut rien sans le PSG, donc j’imagine que la borne basse est 0. La borne haute, c’est 1 milliard parce que c’est à peu près la valeur foncière du lieu si on détruisait le stade pour construire des immeubles. En fait, ça ne vaudra pas un milliard, je ne veux vendre qu’à des conditions particulières : protéger l’enceinte sur le plan patrimonial et que ça reste un stade de foot réservé à l’équipe première. Avec une clause particulière, qui veut qu’en cas de dissolution ou de faillite de l’entreprise PSG, la ville dispose d’une clause de retour pour être acheteur prioritaire. On va leur proposer des choses très convaincantes.
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Le PSG a de son côté avancé et engagé des fonds pour se projeter en dehors de Paris, à Massy ou Poissy. Vous ne croyez pas à ces solutions ?
Massy, ça n’existe pas. Poissy un peu plus, sauf qu’elle se retrouve au milieu d’un conflit pour les élections municipales, où les deux candidats ont pris l’engagement d’organiser un référendum de la population locale. En matière de risque pour le PSG, ils ne sont pas près de jouer à Poissy. C’est marquant pour un territoire urbain, ce n’est pas qu’au bénéfice de tous les riverains. Ceux de la porte de Saint-Cloud ne sont pas fans du Parc. Je suis convaincu que Paris jouera dans son nouveau stade, porte de Saint-Cloud, avant la fin de mon mandat.
Comment négocier avec le Qatar et Nasser al-Khelaïfi en évitant de perdre le rapport de force ?
Il n’y a pas de rapport de force, c’est un rapport de négociation dans un rapport de confiance. On a des intérêts partagés, on les met en commun, et si ça ne fonctionne pas, c’est comme ça. Je rappelle que j’ai une bouée de sécurité qui évite le rapport de force, ça s’appelle les domaines, c’est du droit. Je ne vais pas me taper dans le dos avec le président du PSG, c’est un processus extrêmement rigoureux, fondé sur le droit administratif et public français.
On ne peut pas être content de prendre l’argent du Qatar quand il s’agit d’acheter Messi, Mbappé, Neymar et nous offrir la Ligue des champions, et avoir des vapeurs quand il s’agit de vendre le Parc, non pas au Qatar, mais à l’actionnaire du PSG.
Vous comprenez aussi la réticence de voir le Qatar posséder un monument parisien, quand l’émirat possède déjà par exemple 20% des biens des Champs-Élysées ?
Je comprends totalement et je le respecte. Ce n’est pas mon avis. On ne peut pas être content de prendre l’argent du Qatar quand il s’agit d’acheter Messi, Mbappé, Neymar et nous offrir la Ligue des champions, et avoir des vapeurs quand il s’agit de vendre le Parc, non pas au Qatar, mais à l’actionnaire du Paris Saint-Germain. Nous ne vendons pas à un État, nous vendons à un actionnaire qui est propriétaire des parts qu’il a rachetées en 2011. Ensuite, ils ne vont pas démonter le Parc des Princes et l’emmener ailleurs. Je respecte ceux qui ne sont pas d’accord avec la position de principe qui est de vendre du domaine public, mais la mienne est pragmatique. On ne peut pas vouloir que le PSG reste sans vendre, cette phrase ne va pas. Si on ne leur vend pas, ils partiront. La deuxième chose, c’est la balance coût bénéfice. Je préfère utiliser l’argent issu du sport professionnel pour financer le sport amateur et investir la somme de la vente du Parc pour la rénovation et la création de nouveaux équipements sportifs, plutôt que de devoir injecter à terme de l’argent public dans un bâtiment qui a pour seule vocation de faire jouer un club pro. Là où je suis intransigeant, ce sont les clauses qui garantissent que le stade ne puisse pas être détruit dans 100 ou 200 ans et que la puissance démocratique garde la main sur le très long terme.
Ce serait un échec de voir le PSG quitter le Parc en tant que maire ?
Oui, je préfère qu’il reste, mais ce serait pas la fin du monde non plus. Il y a bien plus grave dans la vie, ça m’attriste plus de voir des enfants dormir dans la rue ou crever de faim. Ce ne serait pas la première fois qu’un grand club, pour des raisons de stratégie immobilière, quitte son site historique. La preuve en ce moment à Milan, où les deux clubs veulent se barrer de San Siro. C’est toujours difficile, mais l’OL l’a fait, Nantes aussi… Je suis favorable à l’aspect village, c’est mon projet Porte des Princes pour faire un immense parvis et beau village PSG et sports de proximité. En revanche, si l’actionnaire veut un stade de 100 000 places avec des hôtels, des casinos et des cinémas, ça ne rentre pas entre la porte de Saint-Cloud et la porte d’Auteuil.
Vous avez pu en discuter récemment avec des personnes du PSG ?
Je ne le ferai que lorsque je serai maire. Quand j’étais à la mairie, j’ai croisé à de nombreuses reprises le président Nasser al-Khelaïfi, mais jamais sous des formes d’entretiens de travail. Le seul avec lequel j’ai travaillé, c’est Jean-Claude Blanc, qui était le directeur général à l’époque.

Vous avez beaucoup parlé de vos passions pour le cinéma, la littérature, mais rarement du foot. Faut-il apprendre à aimer le foot quand on se lance en politique ?
Je ne crois pas, je considère que ça fait partie du job de maire de venir en représentation soutenir ces clubs. Il y a des élus qui ont le droit de ne pas aimer le foot et ce n’est pas grave, ça n’empêche pas de s’intéresser aux enjeux stratégiques de sa ville et de son club de sport.
C’est quand même un sujet qui peut rendre sympathique une personnalité politique par exemple.
Quand vous faites semblant, vous vous prenez les pieds dans le tapis. Vous allez voir PSG – OM comme Knafo sans connaître un seul joueur de Paris, excusez-moi, mais c’est du bullshit ça. Je ne mets pas spécialement en avant ma passion pour le foot parce que je considère que ce n’est pas là que les gens m’attendent. Il n’y a pas un électeur qui me dit je vais voter pour toi parce que tu connais bien le PSG. Dans ceux qui surjouent, il y a des anecdotes célèbres, comme Chirac ou maintenant Knafo. Personne n’en veut à Jacques Chirac parce qu’il ne connaissait pas le foot, ce n’est pas le sujet. Les politiques ont souvent des passions improbables qu’ils cultivent avec exigence, c’est passionnant de les écouter. On a des profils à se faire inviter le mercredi soir à dîner.
Je ne vais pas raconter sur les toits que j’ai fait plein de nuits blanches dans ma vie à jouer à GTA V ou Silent Hill II dans le noir avec mon casque.
C’est quoi vos passions improbables ?
J’en ai peu parlé, mais j’aime beaucoup l’heroïc fantasy, les jeux vidéo…
Ce n’est pas vraiment improbable.
Non, ça l’est pas, mais quand on me voit avec ma cravate en train de parler finances publiques, on ne se dit pas que le mec s’éclate la tête à jouer à GTA V toute la nuit, alors que c’est ma vie ! Bon, moins maintenant.
Maire ou pas, vous attendez donc avec impatience la sortie de GTA VI ?
J’espère même que je l’aurais en avance, le privilège de la fonction. (Rires.) Je ne vais pas raconter sur les toits que j’ai fait plein de nuits blanches dans ma vie à jouer à GTA V ou Silent Hill II dans le noir avec mon casque. Les gens aiment la bouffe, le foot… Je ne veux pas fonder ma relation aux électeurs sur ma passion pour le sport et le fait que je sache combien Mbappé a marqué de buts. C’est un de mes joueurs favoris, je regrette son départ de Paris dans de mauvaises conditions. J’ai adoré les joueurs à fort caractère : Ibrahimović, Cantona, Roy Keane, les mecs durs ! Mbappé, ça reste un joueur magique.

Vous racontiez l’été dernier avoir fait du « Dati training ». Un candidat aux municipales doit se préparer en étudiant ses adversaires comme une équipe de foot ?
Il y a des points communs réels entre le sport et la politique. Dans les deux cas, c’est un mix de sport co et individuel. Comme dans le foot, il y a un espace pour le talent individuel, mais il n’est rien s’il ne s’inclut pas dans un collectif. La politique, ce n’est pas un sport solitaire, sinon vous êtes vite mort. C’est pour ça que je suis devenu marathonien, alors que c’était loin de mon chemin de vie. Quand j’étais ado dans mon village en Charente-Maritime, la seule activité possible, c’était le club de foot.
Dans mon club de foot, j’étais sur le banc tellement j’étais nul.
Vous étiez un bon joueur ?
Même au club de foot de Saint-Fort-sur-Gironde, j’étais sur le banc tellement j’étais nul. (Il se marre.) Ça m’avait vexé un peu, je me disais « merde, je suis nul à ce point ? » C’était du foot campagnard, très contraignant pour les parents, où on arrivait parfois sur des terrains qui étaient des champs de patates. À l’époque, je n’étais pas assez dur au mal là-dessus, une espèce d’intello vaporeux. J’ai appris que l’exigence physique était un élément essentiel de la capacité intellectuelle. Savoir faire mal au corps, ça aide l’agilité intellectuelle. Le foot, j’en ai beaucoup joué avec mes enfants quand ils étaient petits, mais à partir de 9 ans, ils ont commencé à me mettre une pile. Mon fils de 14 ans m’éclate à FIFA et au foot.
Votre prochain match au stade, ce sera lequel ?
Dès que possible, après le 22 mars, à Jean-Bouin ou au Parc des Princes. J’ai aussi le match du PSG à Bollaert dans le viseur, en avril. Je n’y ai jamais vu de match. Si j’ai aimé le RC Lens étant gamin, c’était Pierre Bachelet et Les Corons. J’avais décidé que j’étais supporter parce que j’adorais cette chanson. Mon hymne préféré, c’est North London Forever d’Arsenal. (Il cherche la vidéo sur son téléphone, NDLR.) C’est sur le quartier qui change, la gentrification, mais le nord de Londres reste à nous pour toujours. Cette chanson me fait beaucoup penser à Paris, on a les mêmes problèmes partout. Louis Dunford, The Angel, c’est une des plus belles versions.
Le foot doit-il servir à piéger les politiques ?
Non ! Il n’y a pas marqué dans le code général des collectivités territoriales qu’un maire doit tout savoir sur le foot. Après, il y a des politiques qui prennent le temps. (Bertrand) Delanoë, qui est un mentor politique dont je suis proche, ça n’a jamais été un amateur de foot et personne ne lui en veut. Anne (Hidalgo) est une vraie amatrice, elle aime beaucoup aller au stade. Elle aime sincèrement le sport et le foot. Il ne faut juste pas faire semblant. En politique, il faut être sincère.
100 choses plus graves qu’une défaite du Paris Saint-GermainPropos recueillis par Clément Gavard, à Paris



















































