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Ce dernier carré de Coupe de France est déjà magique

Avec l’absence des habituels cadors (dont l’épouvantail PSG), on pourrait penser que les demi-finales de la Coupe de France sont bien moins excitantes que les dernières éditions, mais ce serait une erreur. Lens, Toulouse, Strasbourg et Nice ont les moyens de nous faire vibrer. La preuve par 4.
→ Des ambitions différentes
Dans ce quatuor magique, toutes les équipes n’ont pas les mêmes objectifs en cette fin de saison. Le RC Lens, qui n’a pas atteint ce stade de la compétition depuis 2009-2010, est au coude-à-coude avec le PSG et peut rêver de remporter pour la deuxième fois de son histoire le championnat, après le titre 1997-1998. Son adversaire en demie (celle qui se joue ce mardi soir), le Toulouse FC, confortablement calé dans le ventre mou de la Ligue 1 (11e), n’a plus rien à jouer et fait donc logiquement de cette Coupe de France son objectif principal. Après l’avoir soulevée en 2023, les Violets voudront forcément écrire une nouvelle ligne à leur palmarès et rendre les prochaines semaines plus palpitantes.
Mercredi, le RC Strasbourg fera lui face à un dilemme. Après avoir infligé une leçon de football à Mayence (4-0), les Alsaciens, qui vont jouer la première demi-finale de Coupe d’Europe de leur histoire face au Rayo Vallecano, ont été surclassés en championnat par Rennes ce week-end (0-3). Un revers salé qui relègue le RCSA à la huitième place, à neuf points de l’OM, sixième. La tentation pour les hommes de Gary O’Neil est donc de se focaliser sur leurs deux dernières chances de faire entrer cette saison dans l’histoire du club : la Ligue Conférence ou une quatrième Coupe de France. À eux de choisir. Pour l’OGC Nice, ce n’est pas la même limonade. 15es de Ligue 1, les Aiglons n’ont toujours pas assuré leur maintien. Avec quatre points d’avance seulement sur le barragiste auxerrois, la Coupe de France n’est logiquement pas la priorité et est même considérée par le club comme « une parenthèse ». Attention à la jurisprudence Stade de Reims de la saison dernière !
→ Des pépites dans chaque écurie
Ces demi-finales sont aussi l’occasion de voir plusieurs joueurs briller. Pour la rencontre de ce mardi soir entre Lens et Toulouse, comment ne pas parler d’Abdallah Sima. Titularisé seulement trois fois en championnat cette saison, l’ailier gauche des Sang et Or est Monsieur Coupe dans l’Artois. Il a marqué quatre pions en quatre matchs dans la compétition, dont un but improbable du talon lors de son doublé face à Troyes (4-2) ou encore un missile face à Lyon. Il sera logiquement l’homme à surveiller côté lensois. Les Nordistes devront eux se méfier de Pape Diop. Arrivé en provenance de Nuremberg cet hiver, le milieu sénégalais de 22 ans, qui appartient à Strasbourg, n’a pas loupé le moindre match depuis son arrivée sur les bords de la Garonne. Au cœur du jeu, il excelle par sa capacité à casser des lignes et permet à son équipe de se projeter rapidement vers l’avant. Vous êtes prévenus.
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— francetvsport (@francetvsport) March 5, 2026
Difficile de ne sortir qu’un nom à Strasbourg tant l’équipe regorge de jeunes talents. Le come-back d’Emegha a fonctionné, malgré son penalty raté en C3, Valentín Barco, Diego Moreira ou encore Julio Enciso récoltent, à juste titre, tous les éloges, donc autant parler du plus confidentiel mais non moins talentueux Martial Godo. Peu utilisé par Liam Rosenior, l’international ivoirien s’est métamorphosé depuis l’arrivée de Gary O’Neil. Souvent sur l’aile gauche, sa capacité à perforer les défenses et à centrer fait de lui un joueur imprévisible qui peut faire trembler les jambes des latéraux qui évoluent de son côté. En plus, il a un master en chambrage. Un joueur que devra forcément contenir Dante, s’il est apte à jouer. Le défenseur central, quadruple champion d’Allemagne et vainqueur d’une Ligue des champions, n’a joué que 16 petits matchs cette saison à cause d’une blessure au genou qui plombe son chant du cygne. Que le Brésilien soit sur la feuille de match ou non, les hommes de Claude Puel doivent tout faire pour qu’il puisse terminer sa carrière par une finale de Coupe de France, le 22 mai prochain.
→ Des reconstructions récentes
Le point commun entre toutes ces équipes, c’est qu’elles ont connu énormément de changements lors de ces dernières saisons dans leurs bureaux. Outre leurs remontées respectives en Ligue 1, Lens et Toulouse ont connu des réorganisations internes. Les Violets avec l’arrivée du fonds d’investissement RedBird Capital Partners comme actionnaire majoritaire du club en 2020. Côté RCL, l’organigramme a été remodelé en 2024 avant de subir de nouveaux changements l’été dernier, avec notamment la nomination de Jean-Louis Leca comme directeur sportif, qui semble plutôt porter ses fruits.

Pour les Alsaciens, le consortium d’investisseurs américains projet BlueCo est devenu le nouvel actionnaire en juin 2023. Un changement de stratégie radical mal vécu par les ultras du club, en grève lors des 15 premières minutes de chaque match depuis août 2024. Beaucoup de joueurs à fort potentiel garnissent désormais les rangs du club alsacien, qui peut être perçu comme un tremplin pour certains, à l’image d’Emanuel Emegha qui a déjà posé avec le maillot de Chelsea, également propriété de BlueCo. On peut dire que le succès est bien moins au rendez-vous pour Ineos, qui détient Nice depuis août 2019. Incapable de faire mieux qu’une quatrième place en championnat, le Gym a également vécu des épopées cauchemardesques en Coupe d’Europe. Un trophée, une vente dans la foulée et tout est oublié ?
→ Le duel des territoires
Le plus beau avec ces deux demi-finales, c’est qu’elles permettent quasiment à tous les coins de la France d’être représentés. Quatre sur les six que compte l’Hexagone pour être précis. Toulouse pour le sud-ouest, Lens pour le nord, Strasbourg pour le nord-est et enfin Nice pour le sud-est. Les Bretons n’ont qu’à faire leur Coupe de Bretagne s’ils ne sont pas contents. Résultat, quoi qu’il arrive, il y aura forcément un petit choc des cultures au Stade de France lors de la finale. Sur ces quatre dernières équipes en lice, seul Lens n’a pas encore remporté ce trophée. Sachant que le dernier club du nord de la France à avoir remporté la compétition est Lille en 2011, les Sang et Or auront forcément envie de frapper un grand coup.
Lens encore diffusé en clair : la programmation des demi-finales de Coupe de FrancePar Thomas Morlec
























































