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Le mal de Metz

Par Mathieu Rollinger

Opposé à l’AS Saint-Étienne en barrage (match aller ce jeudi à 20h30), le FC Metz joue son avenir en Ligue 1 après une saison cabossée. Un destin qui pendait au nez des Grenats, au vu des prestations proposées ces dix derniers mois et de la gestion des événements dans le sprint final. Et Mikautadze ne pourra pas toujours les sauver.

Le mal de Metz

Que celui qui a eu l’idée du terme « barrage » lève le doigt. Appliqué au football pour désigner une confrontation directe entre deux équipes qui décidera de leur destin, celui-ci est on ne peut plus causant car il plonge les antagonistes entre deux eaux. Quand il s’agit de bassins de rétention d’eau, les turbines situées en bas de l’ouvrage laissent naturellement les eaux les plus profondes s’évacuer vers l’aval. Les flots visibles en surface, eux, restent bloqués par la crête de l’ouvrage. Faut-il voir dans ce parallèle un heureux présage pour le FC Metz avant d’aller à Saint-Étienne, lui qui a longtemps cru devoir se résigner à couler vers la Ligue 2 et qui se retrouve à deux matchs de voguer à nouveau sur les boucles de la Ligue 1 ? Ce serait d’ailleurs le sens de l’histoire, puisqu’en cinq éditions depuis la réinstauration des barrages en 2016, trois clubs de Ligue 1 ont su se maintenir à l’issue de leur duel (Toulouse en 2018, Dijon en 2019 et Nantes en 2021), quand le candidat de Ligue 2 n’a pu s’en sortir qu’à deux reprises (Troyes en 2017 et Auxerre en 2022).

Georges et les autres

Pour les princes de l’ascenseur, habitués à descendre directement d’un étage sans passer par la case barrage (20e en 2015, 19e en 2022), ce sursis est une bénédiction. Car jusqu’ici, ils ont traversé leur saison 2023-2024 comme on marcherait sur une plage de petits galets brûlants : impossible de courir de sa serviette jusqu’à la mer sans s’esquinter les pieds, quitte à sacrifier toute once de style. Depuis août dernier, László Bölöni est obligé de bricoler avec un effectif de besogneux, regroupés autour des vaillants Matthieu Udol, Ismaël Traoré et Kevin N’Doram, et dont la créativité ne dépend que des pieds magiques de Georges Mikautadze. Avant et après son aller-retour à Amsterdam, le Géorgien a tenu à bout de bras les faibles ambitions offensives de son équipe. Avec la manière et les stats (13 buts en 20 matchs), certes, mais pour espérer un autre sort, il aurait fallu que Kévin Van Den Kerkhof ne se contente pas de sprints dans son couloir, qu’Ablie Jallow ne soit pas aussi fragile, que Lamine Camara retrouve la consistance qui était la sienne avant la CAN, que l’élégant milieu Arthur Atta soit utilisé plus fréquemment avant le dernier trimestre, ou tout simplement que toutes les autres recrues offensives (Elisor, Tetteh, Asoro, Estupiñán, Lamkel Zé) n’aient pas autant floppé.

Au cours de cette année, Metz a eu le temps de savourer les rares éclaircies (notamment les deux succès contre Lens) mais surtout de compter les jours de pluie. De début décembre à fin février, le club a établi une de ses pires séries, avec 9 défaites et un nul. Seules les réactions face aux autres écuries dans le pétrin ont permis aux Lorrains de rester proche de la ligne de flottaison. C’est surtout le sprint final qui peut leur laisser le plus de regrets. Ainsi, au soir de leur victoire au Havre et à quatre journées du cut final, les Grenats pointaient à la 15e place. Cet espoir ne rendra que plus violent le sentiment d’injustice après la défaite contre Rennes dans des conditions ubuesques (penalty généreux pour Rennes, rouge contre Mikautadze finalement retiré, coup de poignard par Kalimuendo pour le 2-3) et plus rageante la remontada strasbourgeoise la semaine suivante (1-2). Deux équipes qui n’avaient plus rien à jouer, mais que Metz n’a pas su faire flancher.

À la recherche du panache perdu

Une fin de parcours émotionnellement et mathématiquement mal maîtrisée, les laissant à portée de fusil de Lorient, premier relégable. « Je préfère être à notre place qu’à la leur », avait confié Alexandre Oukidja quelques heures avant la dernière sortie face au PSG déjà champion. Mais cette 16e place, les Grenats n’ont pu la tenir qu’à la faveur d’une transversale cognée par les Merlus à la toute fin de leur carton contre Clermont (5-0), pendant que tout Saint-Symphorien a failli se décomposer sur la reprise d’Asensio contrée par Maxime Colin à la dernière seconde d’un match (0-2) où Metz a juste courbé l’échine et serré les fesses en attendant que ça passe. Ce fut le cas pour un petit but*, mais voir Oukidja jouer à la baballe dans sa surface en laissant le chrono s’égrener face à des Parisiens qui n’avaient plus rien à jouer, plutôt que tenter d’aller chercher ce petit but voire ce point qui aurait assuré le barrage, a exaspéré les supporters. Certains s’en sont même expliqués directement avec le portier barbu, venu au pied de la tribune Est pour répondre aux quolibets.

On aborde ce barrage quasiment comme une autre compétition et avec un état d’esprit commando.

Maxime Colin

À eux d’effacer cette dernière image par d’autres, plus joyeuses, lors de ce barrage contre Saint-Étienne. « On sait qu’il faudra être costaud, prévenait Bölöni, après 14 jours de récupération, de team building et de préparation. On va dans un endroit où on pourrait presque dire que la culture du football français est née, juste après Reims. Cette culture, tu le vois aussi dans le stade avec des supporters qui donne tout pour leur équipe, parfois trop. » Son latéral, Maxime Colin, sait lui aussi ce qui les attend dans le Forez : « On aborde ce barrage quasiment comme une autre compétition et avec un état d’esprit commando. C’est deux matchs de Coupe, deux finales. Il ne faut pas se laisser submerger par l’émotion et l’enjeu. Il va y avoir une sacrée ambiance, il ne faut pas que ça nous coupe les jambes. » Si la saison dernière, la montée en Ligue 1 était tombée en quelque sorte du ciel, cette fois, le FC Metz devra le prier encore un peu s’il souhaite souffrir une année de plus dans l’élite.

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Le FC Metz piège ses supporters pour annoncer la prolongation d’un joueur
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Par Mathieu Rollinger

* Egalité de points, de différence de buts, mais un but de plus marqué à l’extérieur dans sa double confrontration face au FCL : victoire 3-2 au Moustoir puis défaite 1-2 à Metz.

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