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Ces erreurs que José Mourinho ne devra pas reproduire au Real Madrid

Il y a 16 ans, José Mourinho débarquait dans le costume du Special One au Real, tout frais vainqueur de la Ligue des champions avec l'Inter, pour relancer la machine madrilène mais aussi vivre trois ans de conflits avec les joueurs, les adversaires, les arbitres et la presse. À 63 ans, Mourinho devra s'inspirer de son premier mandat pour, surtout, ne pas refaire les mêmes erreurs.
Ne pas foutre un doigt dans l’œil d’un adjoint du Barça
À quoi tient une fourchette ? Apparemment à pas grand chose pour José Mourinho, qui décide, lors d’une bagarre générale entre Barcelonais et Madrilènes à la fin de la finale de Supercoupe d’Espagne 2011, d’enfoncer son doigt dans l’œil de Tito Vilanova, adjoint de Pep Guardiola. Un geste franchement pas très classe et pas regretté par le Portugais. Après le match, le Mou déclare : « J’ai été poli et je me suis comporté comme un homme. Et je ne sais pas qui est Vilanova. » On espère qu’à 63 ans et des brouettes que José Mourinho jugera bon de laisser tranquilles les globes oculaires de Marcus Sorg, premier adjoint de Hansi Flick, après un Clásico perdu.
Ne pas se friter avec son effectif
On le sait, Mourinho n’est pas du genre à se laisser balader par ses joueurs. Et la star, souvent, dans l’équipe, c’est lui. Bien que son premier passage au Real avait laissé entrevoir une belle histoire d’amour entre sa personne et Cristiano Ronaldo, son traitement des cadres espagnols de l’effectif avait précipité sa chute et foutu un beau bordel au sein de La Casa Blanca. Si un Iker Casillas peu rancunier déclarait récemment à L’Équipe, pouvoir « s’asseoir à une table et discuter sans problème » avec le Portugais, on se souviendra surtout que les frictions entre le Special One et le clan espagnol du Real étaient dans l’ensemble beaucoup moins cordiales.

La saison 2012-2013 aura notamment été marquée par un festival de guerres d’égos entre José Mourinho et Sergio Ramos qui aura débouché sur la non titularisation, sur cette saison, du défenseur espagnol dans de nombreux grands rendez-vous européens et espagnols. En point d’orgue de cette guerre ouverte, un match contre Manchester City en phase de groupe de Ligue des champions, où le Portugais avait contredit son défenseur, qui parlait de sa présence sur le banc comme une décision « tactique », en lâchant que celle-ci était en réalité « purement et uniquement sportive ». Forcément, le sujet de la gestion des égos de l’effectif sera centrale pour le second mandat du Portugais à la tête du Real Madrid, alors que la Casa Blanca n’en manque pas. La côte sur l’embrouille Bellingham-Mourinho dès novembre est très (très) basse.
Ne pas virer complotiste
José Mourinho et les arbitres, c’est une grande histoire de désamour. Bien qu’on ne compte désormais plus les dérapages du Mou sur l’arbitrage, son passage au Real Madrid fut particulièrement riche en instants paranoïaques. Pour sa première saison, le technicien s’était démarqué par un dérapage grotesque lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions, en laissant sous entendre qu’il ne savait pas « si la publicité [du Barca] avec l’UNICEF » n’était pas la raison d’un arbitrage à la faveur des Blaugranas. Résultat cinq matchs de suspension et une amende de 50 000 euros à payer de sa poche à l’UEFA. Bref, une propension a expliquer les défaites des siens pour des raisons d’arbitrage qui n’est pas allée decrescendo ces dernières années. Insultes, sous-entendus tordus et accusations sans fondement : le Mou a tout poncé. Alors franchement en 2026, le voir expliquer un match nul des siens contre Levante avec une argumentation reposant uniquement sur la performance de l’arbitre, ça serait un brin redondant…
Ne pas craquer dans les grands rendez-vous
Une Liga remportée avec 100 points, une Coupe d’Espagne glanée et de belles déroutes européennes… Que faut-il vraiment retenir du premier passage du Portugais au Real Madrid ? Trois années charnières dans le processus de construction du grand Real Madrid de ces dernières années ? Trois exercices sous la domination du grand Barça de l’ère Guardiola ? Ces questions resteront sans réponses tant ces saisons peuvent être analysées sportivement selon différents angles. En tout cas, force est de constater que la Casa Blanca est passée à côté, à trois reprises, d’une finale de Ligue des champions avec le Portugais sur le banc. 3 demi-finales : 3 défaites.

Le bilan est bon, mais sans appel, avec en point d’orgue une déconvenue contre le Borussia Dortmund en 2013 et une défaite 4-1 au Signal Iduna Park au match aller. Mourinho devra réussir là où il a failli pour son premier passage au Real Madrid : inculquer une culture de la gagne à ses joueurs, et parvenir à les mener vers un nouveau titre européen. Car comme il aime si bien le rappeler à tout bout de champ, le Mou est un « top manager ». Et un top manager mène ses hommes vers la victoire.
Ne plus faire la girouette
Six clubs parcourus en 10 ans, des aventures arrêtées du jour au lendemain et des saisons foutues en l’air : les dernières piges de José Mourinho en tant qu’entraîneur ne ressemblent plus à rien. Ce poste d’entraîneur au Real Madrid est venu tel un cadeau du ciel, pour un homme qui n’a jamais su rester en place plus de trois saisons consécutives dans un club. Au final, on a peur de déjà connaître les possibles issues du second mariage entre le José et le Real : un conflit avec tonton Pérez, un pétage de plomb sur Kylian Mbappé ou, au mieux, un départ après l’Euro 2028 vers la sélection portugaise après que Jorge Jesus se soit lamentablement raté à la tête de la Seleção…
Un milieu du Real Madrid à l'infirmeriePar Arsène Belgodère-Soria




















































