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Le milieu des Bleus, le chantier de Zidane

Par Julien Faure
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Le milieu des Bleus, le chantier de Zidane

Si l’arrivée de Zidane sur le banc de l'équipe de France constitue la principale attraction de la future rentrée des Bleus, le nouveau sélectionneur devra vite plancher sur quelques sujets majeurs, comme celui de son entrejeu.

Bientôt intronisé à la tête de l’équipe de France, Zinédine Zidane sera attendu au tournant pour prolonger la tentative de Didier Deschamps de faire de la sélection un collectif tourné vers l’offensive. Ce sera une autre façon de travailler qu’au Real Madrid, le métier d’entraîneur n’étant pas le même que celui de sélectionneur, et une autre armada offensive à gérer après la BBC en Espagne. Comme à Madrid, tout pourrait bien partir du milieu, la fameuse salle des machines que Zidane connaît par cœur et où les Bleus ont parfois manqué de créativité ces dernières années.

Milieu à trois ou héritage de Deschamps

Durant ses 14 années de mandats, on a longtemps critiqué Deschamps pour le manque de style de son équipe de France. À l’aube de ses adieux, Dédé a pourtant changé son fusil d’épaule, pour laisser libre court à l’expression de ses étoiles offensives. Celles-ci lui ont plutôt bien rendu la pareille, avant de se prendre un mur nommé Roja. Un retour à la réalité qui a mis les Bleus devant leur manque de culture du pressing, au moins collectif, mais qui a aussi exposé l’entrejeu des Bleus, à la dérive face à Rodri, Fabián Ruiz et Dani Olmo.

On aurait pu attendre un retour du milieu à trois à la pause de cette demi-finale, il n’en fut rien et la France a pris la porte, avec le même sentiment d’impuissance qu’en 2024, déjà face à l’Espagne. Alors, que fera Zidane ? Il est trop tôt pour le savoir et il ne donnera sans doute pas sa réponse mardi, en conférence de presse. Sa légende au Real s’est construite sur ce système, avec un trio Modrić -Kroos-Casemiro passé à la postérité et qui s’est même permis de couver Federico Valverde. Trois profils différents, qui offraient au Real de multiples options, offensives comme défensives, avec un numéro 10 incorporé au milieu grâce au Croate, un peu à l’image d’Olmo avec l’Espagne. Si on ajoute la culture tactique italienne de Zidane, malgré un passif récent très espagnol, il existe un faisceau d’indices concordants qui pourraient lui donner l’envie d’un 4-3-3, même si L’Équipe assurait que le double Z avait aimé le positionnement de Michael Olise en 10.

Équipe mortelle cherche créatif

Pour sa dernière compétition à la tête des Bleus, Deschamps avait donc pris cinq milieux de terrain de métier dans sa valise. Avec son 4-2-3-1 en tête et une volonté d’aligner quatre offensifs sur le terrain, le choix s’est vite tourné vers le même type de profil, plutôt à vocation défensive. Si N’Golo Kanté devrait raccrocher en sélection, l’heure n’est pas encore venue pour Adrien Rabiot, Manu Koné, Aurélien Tchouaméni ou Warren Zaïre-Emery, tous amenés à candidater a minima pour le prochain Euro dans deux ans.

Sauf que voilà, avec ces profils, il reste peu de place pour la création. Pour harceler le porteur, se projeter ou mettre de l’intensité à la récupération, le matos est clairement là. Pour créer pour les autres, éliminer sur un dribble ou envoyer la passe qui casse la ligne, les doutes sont plus nombreux. Alors qu’il vole désormais de ses propres ailes avec le Maroc, le profil d’un Ayyoub Bouaddi va évidemment laisser quantité de regrets dans les rangs de la fédé.

Surtout, les Bleus ont-ils de la réserve ? Nostalgique d’un Gourcuff ou d’un Pogba, la France cherche encore son créatif. En démarrant un nouveau cycle, Zidane aura toutefois le luxe de tester de nouvelles têtes. Pour ça, il faudra toutefois sans doute faire des paris, comme Lucas Da Cunha, Enzo Le Fée ou Enzo Millot (actuellement en Arabie saoudite…) pourraient l’être. Dans ce profil, le réservoir n’est pas si profond et on pourrait voir ZZ aller chercher de très jeunes pousses. Pourquoi pas en « Ligain » ?

Peut-être un brin moins rigide que Deschamps sur la polyvalence de ses joueurs, le triple vainqueur de la Ligue des champions pourrait aussi s’aventurer à tester des profils comme Désiré Doué ou Maghnes Akliouche un cran plus bas, dans des rôles où ils ont déjà furtivement évolué dans leur jeune carrière. Sans oublier non plus qu’un Eduardo Camavinga pourrait vite revenir dans l’équation, même si on l’imagine de moins en moins dans ce rôle.

Histoire de ne pas mettre totalement la charrue avant les bœufs, il est tout de même utile de rappeler qu’un certain Isco a vécu les plus belles heures de sa carrière sous les ordres de Zidane, dans un vrai rôle de numéro 10. Parfois à la pointe du milieu, parfois en soutien de deux attaquants, histoire de brouiller les pistes. Que Rayan Cherki et Michael Olise se rassurent, pas certain non plus qu’ils soient condamnés à s’exiler sur l’aile droite.

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Par Julien Faure

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