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Les sept points communs entre France 1998 et Maroc 2026

Par Enzo Leanni
6 minutes

« Il faut qu’on apprenne du scénario de la France en 1998 quand on veut grandir en tant qu’équipe qui veut gagner les CAN. » Walid Regragui a de bonnes références et sait de qui s’inspirer pour mener le Maroc vers les sommets. Mais les deux équipes se ressemblent-elles vraiment ?

Les sept points communs entre France 1998 et Maroc 2026

1. Comme à la maison

Pour organiser cette Coupe d’Afrique des nations, le Maroc a mis les petits plats dans les grands et compte bien communier avec son peuple au soir du 18 janvier après avoir remis la main sur le trophée continental, 50 ans après. Comme la France en 1998, qui venait de voir sortir de terre le Stade de France, les Lions de l’Atlas ont le privilège de faire briller le stade Moulay-Abdellah, enceinte flambant neuve. Seule ombre au tableau, alors que les Bleus vadrouillaient entre Marseille et Lens en passant par Saint-Denis, seule la ville de Rabat a, pour l’instant, le privilège de suivre la troupe de Walid Regragui. Raison de plus pour aller en finale et visiter Casablanca.

2. « On en a… plein les fouilles ! »

Depuis dimanche soir, la Tanzanie crie à l’arbitrage maison après l’élimination face au Maroc (1-0). Le huitième de finale s’est terminé dans le chaos en raison d’un contact non sanctionné entre Adam Masina et Iddy Nado dans la surface. La VAR ne fonctionnait peut-être pas, après tout… La bande d’Aimé Jacquet ne peut pas vraiment être accusée de triche vis-à-vis des hommes en noir puisqu’elle a tout de même écopé de trois cartons rouges durant le Mondial 1998. C’est plutôt avant la compétition que des choses louches se sont passées. Michel Platini, alors coprésident du Comité français d’organisation du Mondial, a reconnu, en 2018, que les dirigeants s’étaient arrangés pour que les routes de la France et du Brésil ne se croisent pas avant la finale. « On ne s’est pas emmerdé pendant six ans à organiser la Coupe du monde pour ne pas faire quelques petites magouilles, avouait-il à France Bleu. Vous pensez que les autres ne le faisaient pas dans les autres Coupes du monde ? Tu penses… » Vingt ans après, il y a prescription, non ?

3. Défense de fer

Quatre matchs, un petit but encaissé. Yassine Bounou et Fabien Barthez ont démarré leur tournoi avec le même bilan. Les deux gardiens ont pour autre point commun de pouvoir compter sur une ossature plus que solide. Si Marcel Desailly, Frank Lebœuf ou Vincent Candela étaient allés apprendre la rigueur à l’étranger, Nayef Aguerd, Noussair Mazraoui ou Achraf Hakimi entendent aussi apporter leur expérience européenne à leur groupe. Qu’importe si le Parisien n’est pas à 100%, Bixente Lizarazu avait aussi eu des galères physiques toute la saison avant sa masterclass de l’été 1998. Pour pousser le mimétisme jusqu’au bout, on mise sur Masina pour imiter Thuram et planter ses deux premiers buts en sélection en demies.

Discussion entre Laurent Blanc et Aimé Jacquet.
Discussion entre Laurent Blanc et Aimé Jacquet.

4. Un tableau crescendo

« Je me rappelle toujours parce que j’ai grandi en France, racontait Walid Regragui en conférence de presse, dimanche. 1998, quand ils ont gagné la Coupe du monde en France, ils gagnent en huitièmes de finale avec un but en or contre le Paraguay, en quarts de finale ils se qualifient aux penaltys, et en demi-finales, ils sont menés 1-0 contre la Croatie et c’est leur arrière droit qui n’a jamais mis un but de sa vie qui a mis deux buts. » Le sélectionneur marocain peut espérer un parcours similaire. Avec une poule simple, puis l’enchaînement Paraguay-Italie-Croatie-Brésil connu de tous les plus de 30 ans, les Français ont pu monter en pression au fil de la compète. Pour le moment, les Lions de l’Atlas suivent la même voie : groupe largement abordable, Tanzanie en huitièmes et Cameroun au tour suivant. S’ils viennent à bout d’un des épouvantails de cette phase finale, les hôtes devraient affronter l’Algérie, la RDC ou le Nigeria, donc de gros morceaux. L’Égypte ou le Sénégal pourraient être au programme en finale pour conclure un tableau de chasse prestigieux.

5. Un tournant historique

Quelques semaines avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations, de nombreux Marocains sont descendus dans la rue pour protester contre la dégradation des services publics et de leurs conditions de vie… au profit du football. Le mouvement GenZ 212 reprochait effectivement au gouvernement de prioriser les investissements pour le sport (notamment la construction de stades et l’organisation d’événements aussi importants que la CAN et la Coupe du monde 2030) à ceux pour le bien-être de la population. Opium du peuple par excellence, le foot peut-il faire oublier les problèmes du quotidien ? Le pays l’espère. En 1998, le mythe black-blanc-beurre avait eu le mérite d’éclipser la montée en puissance du Front national aux élections régionales. Quatre ans plus tard, ça n’explosera que plus fort.

On est passé par la petite porte, mais l’essentiel est de se qualifier, l’histoire ne retient que ça.

Walid Regragui, mix d’Aimé Jacquet et Didier Deschamps

6. Une perte déchirante

Christophe Dugarry était-il, oui ou non, sélectionné en équipe de France grâce à son amitié avec Zinédine Zidane ? Est-ce à cause de la blessure de son pote une heure plus tôt que Zizou a dégoupillé contre l’Arabie saoudite ? Ces questions restent en suspens, mais l’essentiel était ailleurs après la déchirure de huit centimètres à la cuisse droite de l’attaquant le plus fiable du groupe France dès la phase de groupes. Une inquiétude similaire devait se lire sur le visage des Marocains ayant aperçu Azzedine Ounahi arrivant au stade, dimanche, en béquille. « Azzedine a eu une déchirure au mollet hier (samedi) à l’entraînement, il en a pour cinq à six semaines. […] Il a rechuté. Ce fut un moment très difficile pour l’équipe, on a perdu un de nos leaders techniques, un des cadres du vestiaire », a soufflé Regragui. Brahim Díaz a ainsi célébré en montrant le maillot du principal intéressé. Si ça peut rassurer l’ancien Marseillais, Duga était bel et bien présent contre le Brésil.

7. L’esprit critique

Moins de quatre ans après la demi-finale historique en Coupe du monde, les compteurs sont déjà remis à zéro et Walid Regragui se retrouve au pied du mur. Le sélectionneur est vivement critiqué au pays, notamment en raison d’une communication maladroite et d’un jeu trop minimaliste. Ça ne vous rappelle rien ? Aimé Jacquet peut aider son cadet à faire taire les médisants et à retourner la veste des journalistes. « Avez-vous interdit à vos joueurs de frapper au but ? », a été sérieusement demandé au sélectionneur marocain en conférence de presse après le nul contre le Mali (1-1), comme aurait pu l’écrire Gérard Ejnès dans les colonnes de L’Équipe au mitan des années 1990. Et peut-être que le 19 janvier 2026, le Maroc se réveillera en ne pensant la victoire que comme unique finalité, ne se souciant plus jamais du chemin emprunté. « On est passé par la petite porte, mais l’essentiel est de se qualifier, l’histoire ne retient que ça », a clamé Regragui, dimanche, posant la première pierre d’une idéologie qui fêtera bientôt ses 30 ans en France.

Éliminée par le pays hôte, la Tanzanie est déçue de l’arbitrage

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