- CAN 2025
- Demies
- Maroc-Nigeria
Brahim Díaz, cette star que le Maroc n’attendait pas
Souvent cantonné au rôle de remplaçant au Real Madrid, Brahim Díaz s’est transformé en icône nationale lors de cette CAN. Au point qu’il devienne l’homme providentiel des Lions de l’Atlas, qui disputent leur place en finale face au Nigeria ce mercredi soir.

Tout était programmé. Les grands stades, un public chauffé à blanc, et une star au sommet de sa forme. Pour sa CAN, le Maroc avait prévu d’avancer en rang derrière Achraf Hakimi, champion d’Europe avec le PSG, troisième au Ballon d’or et Ballon d’or africain. Sauf qu’une blessure contre le Bayern Munich en a décidé autrement : la bande de Walid Regragui a dû finalement commencer les opérations avec sa vedette sur le banc, laissant le champ libre à d’autres individualités pour revêtir ce rôle d’homme providentiel. À l’aube des demi-finales, le Royaume a retrouvé Hakimi dans son couloir, mais s’est entre-temps trouvé un autre chouchou, tout aussi décisif : Brahim Díaz. En devenant le premier joueur de l’histoire à inscrire cinq buts lors de ses cinq premiers matchs de Coupe d’Afrique des nations, le numéro 10 est entré dans l’histoire. Une constante dans l’histoire de l’homme de 26 ans, remplaçant au Real Madrid, souvent considéré comme un joueur de complément, mais qui finit partout par devenir indispensable.
Guardiola et la Roja dans le rétroviseur
Quand on regarde de plus près le CV du natif de Málaga, il est difficile de comprendre comment un profil comme le sien peut n’émerger que maintenant. Formé par les Boquerones avant d’être biberonné par Manchester City et Pep Guardiola, l’ailier d’1,70m peine à trouver sa place chez les Cityzens. Malgré son ascension en équipe première avec Phil Foden et Jadon Sancho, Díaz souhaite avoir plus de reconnaissance et décide de mettre les voiles pour rejoindre le Real Madrid après seulement quinze petits matchs, au grand dam de son entraîneur. Rapidement prêté trois ans à l’AC Milan car cantonné à un rôle de second couteau, Brahim Díaz devient un membre important du onze rossonero, mais n’est toujours pas le joueur majeur qu’il ambitionne de devenir. Habitué des sélections de jeunes de la Roja, il connaît tout de même à 20 ans sa première cape avec l’Espagne lors d’un match amical face à la Lituanie où il marquera pour son unique sélection.
Il peut être le meilleur joueur du monde s’il le souhaite.
De retour chez les Merengues, c’est cette fois Rodrygo et Vinícius Júnior qui prennent toute la lumière, ne lui laissant que des miettes. Mais un choix, ou plutôt la vision d’un sélectionneur, va changer sa carrière. Alors qu’il n’est plus appelé avec l’Espagne depuis quatre ans, Walid Regragui le rencontre à deux reprises et parvient à le convaincre de jouer pour le Maroc, le pays de son papa qu’il ne connaît pourtant que très peu. Un pari qui va s’avérer payant. Après un début de CAN fabuleux, marqué par ses cinq réalisations, l’ailier scintille par son abnégation et son efficacité. Le fruit d’un long travail de son sélectionneur qui l’a pris sous son aile et a tout fait pour que son intégration se passe pour le mieux, notamment sur le plan tactique : « Ce qui me rend heureux, c’est qu’il a changé sa mentalité, il court beaucoup, se bat, croit en ce que je demande, a pointé Regragui en conférence de presse. Il a envoyé un message sur l’état d’esprit, c’est un exemple à suivre. Quand vous voyez votre meilleur joueur faire ça, ça rejaillit sur tout le monde. Il peut être le meilleur joueur du monde s’il le veut et il comprend ce que veut dire être un joueur marocain. »
🇲🇦🗯️ Pour WALID REGRAGUI, BRAHIM DIAZ peut être le MEILLEUR JOUEUR DU MONDE ! 👉 Vous êtes d'accord avec le sélectionneur des Lions de l'Atlas ?#beINCAN2025 pic.twitter.com/oVUJdIJ3j3
— beIN SPORTS (@beinsports_FR) January 10, 2026
L’heure de vérité
Mis à part Walid Regragui et certains de ses partenaires, personne n’aurait misé sur le fait qu’il soit le jour des demi-finales de la compétition le meilleur buteur devant Victor Osimhen (4), Mohamed Salah (4), Riyad Mahrez (3) ou encore son partenaire Ayoub El-Kaabi (3, sachant que les retournés ne comptent pas double). À quelques heures d’affronter le Nigeria, Éric Chelle, le sélectionneur des Super Eagles, a assuré devant les médias qu’il n’y aurait pas de plan anti-Díaz prévu. Le fait que la question soit posée montre la dimension prise par l’attaquant polyvalent. Chouchou de tout un peuple, il doit maintenant résister à une pression populaire monstre et guider les siens vers une troisième finale de CAN. Histoire de donner une chance aux Lions de l’Atlas de soulever le trophée à la maison et de prolonger son rêve enchanté.
Pourquoi plusieurs joueurs pourraient manquer la finale de la CANPar Thomas Morlec


























































