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Brescia sur la brèche

Par Tristan Pubert
Brescia sur la brèche

Trois ans après sa dernière saison dans l’élite italienne, Brescia est au bord du gouffre. L’écurie lombarde est tout simplement lanterne rouge de Serie B et reste sur une fantastique série de seize matchs sans victoires. Outre les résultats sportifs, c’est surtout la gestion d’un certain Massimo Cellino qui est pointée du doigt.

Tout commençait pourtant bien. Après avoir manqué de peu la montée en Serie A la saison passée, Brescia repartait sur les mêmes standards. Si bien que les Rondinelle pointaient à la deuxième place au classement au mois de septembre, avec une série de cinq victoires en six matchs. Mais voilà, la traditionnelle trêve internationale d’octobre est passée par là. À la reprise, l’écurie lombarde accuse le coup et prend une correction dès la reprise, 6-2 sur la pelouse de Bari. S’ensuit alors une série de mauvais résultats, la bande de Florian Ayé glisse au classement et se retrouve donc actuellement lanterne rouge, ou comment donner vie au fameux dicton : « Tout va très vite dans le football ». La pire attaque du championnat n’a plus gagné depuis seize matchs et voit la Serie C lui faire du pied, division que le club n’a plus connue depuis 40 ans. Une descente aux enfers pour un monument du football italien qui évoluait en Serie A il y a encore quelques années (dernière saison dans l’élite en 2019-2020) et dont cette déchéance s’explique en partie par une gestion catastrophique de Massimo Cellino, à la tête du club depuis 2017.

Banderoles, jets d’œufs et intimidation 

« Cellino, va-t’en ! » On ne peut pas faire plus clair comme message. Alors que Brescia recevait le Genoa lors de la 30e journée de Serie B, les tifosi bleu et blanc ont une nouvelle fois fait comprendre à leur président qu’il n’était plus le bienvenu au pied du Monte Maddalena. Depuis son arrivée à la tête du club, il y a bientôt six ans, Massimo Cellino multiplie les casquettes et les choix incohérents, en témoigne ce quintuple changement d’entraîneurs depuis le début de saison (Pep Clotet, Alfredo Aglietti, re-Pep Clotet, David Possanzini et Daniele Gastaldello). Et cette gestion scabreuse a été épinglée par la justice italienne. En novembre dernier, l’homme d’affaires sarde avait été contraint de démissionner de son poste de président en raison de plusieurs délits fiscaux avoisinant les 59 millions d’euros. Finalement, alors que les supporters bresciani célébraient la nouvelle au champagne, un vice de procédure survenu de nulle part permet à Cellino de reprendre du service.

Si ce dernier pouvait se cacher derrière les résultats probants de son équipe en début de saison, ce n’est plus le cas actuellement. Et les supporters de Brescia n’ont pas fait dans la dentelle pour exprimer leur colère : jets d’œufs sur les bureaux du club, tentative d’agression à la sortie du centre d’entraînement, manifestations à 800 dans le centre-ville. « Ici règne un climat de terreur, il n’est pas nécessaire de m’agresser physiquement ou verbalement », expliquait Massimo Cellino à Bresciaoggi. Ce dernier admet par ailleurs, à demi-mot, qu’il compte bien quitter la Lombardie dans les plus brefs délais : « Je vais bientôt partir, mais je veux d’abord essayer de sauver cette équipe. Nous avons besoin du soutien des supporters pour surmonter cette période très difficile. »

Des déclarations en guise de drapeau blanc, mais qui n’ont pas fonctionné. Lors de cette sévère correction face au Genoa à la maison, les tifosi ont une nouvelle fois exprimé leur colère. Avant le coup de sifflet final, une centaine de membres de la Curva Nord ont décidé de quitter la tribune pour se rendre devant l’entrée VIP. L’objectif est simple, avoir des « explications » avec Massimo Cellino. Mais ce dernier se terrera dans les vestiaires, avant de sortir du stade Mario-Rigamonti une fois le calme rétabli. À Brescia, la situation est donc chaotique et la direction a par ailleurs formellement interdit tout contact avec la presse. Ambiance…

Le maintien ou rien 

Face à une direction jugée incompétente, les supporters de Brescia ont vite compris qu’il était nécessaire d’agir, lancer des œufs ne suffit plus. D’autant plus que Massimo Cellino a « promis de s’en aller » et c’est cette annonce qui a motivé certains tifosi, dont un certain Alberto Scapaticci. Dans un communiqué publié sur son compte Facebook, cet avocat de la ville lombarde a lancé « une initiative d’actionnariat populaire pour rendre le Brescia Calcio au peuple de Brescia ». Un projet populaire qui devrait se mettre en place avec l’aide d’Alessandro Altobelli, attaquant blanc et bleu dans les années 1970-1980 et qui apporte une réponse au maire de la ville, Emilio Del Bono, qui jugeait que « les entrepreneurs locaux ne sont pas passionnés par Brescia ». À la manière du système de socios, l’objectif de Scapaticci est de reconstruire un projet viable, avec des véritables amoureux du Brescia Calcio. Et l’inspiration est toute trouvée : le Sudtirol, actuellement troisième de Serie B, qui dispose d’un véritable ancrage local avec des supporters jouant un rôle dans les décisions prises par la direction. « Pourquoi on ne pourrait pas faire de même ? » , se questionne Scapatticci, animé par « l’amour et la passion des couleurs biancazzurre » et qui s’estime « prêt à faire un sacrifice financier pour l’amour de [sa] vie ». Un projet qui devrait donc voir le jour dans les prochains mois à une seule condition : « Que Brescia se sauve, et ensuite, on pourra discuter sérieusement », tempère Altobelli.

Après 30 journées, Brescia porte donc le bonnet d’âne, se trouvant à « seulement » quatre longueurs du premier non-relégable Cosenza. Pour tenter de relancer la machine, la direction a décidé de faire confiance à Daniele Gastaldello. Un homme qui connaît très bien la maison, puisqu’il assure le rôle d’adjoint depuis plus de trois ans. « Il n’a pas beaucoup d’expérience, c’est vrai, mais il connaît très bien les joueurs et l’environnement. Ses premiers matchs face à Cagliari et Bari ont montré qu’on pouvait rivaliser avec n’importe qui », juge le directeur sportif Giorgio Perinetti pour Secolo XIX. Malgré son manque d’expérience, l’ancien joueur de la Samp’ « a de bonnes idées de jeu et s’impose comme l’homme de la situation », juge une source proche du club. Il est clair que depuis l’arrivée de Gastaldello, les Rondinelle affichent un niveau plus convaincant. Juste avant la trêve, face au Genoa, malgré ce 0-3, les coéquipiers d’Alexandre Coeff se sont montrés entreprenants, et même dominateurs, mais ont payé leur manque d’altruisme dans les vingt derniers mètres. Il reste donc huit matchs, pas plus, pas moins, à Daniele Gastaldello pour trouver la formule magique et éviter le drame à ce poids lourd du football transalpin. 

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