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Monaco, pour l’amour du sprint

Par Adrien Radulovic
4' 4 minutes
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Monaco, pour l’amour du sprint

Si Monaco dispose d’une piste d’athlétisme au stade Louis-II, c’est bien pour une raison : l’ASM maîtrise l’art du sprint final en Ligue 1. Au moment de recevoir l’OM pour continuer sa folle remontée, ça peut servir.

Le coup de feu du sprint final a claqué en Ligue 1, et Monaco a entendu la détonation. Les jambes sont mêmes revenues un peu plus tôt, cette saison, pour l’ASM, qui reste sur six victoires d’affilée dans un championnat souvent comparé à un marathon, mais où beaucoup de choses peuvent se jouer dans les dernières foulées. Dimanche, le 28e kilomètre se jouera à Louis-II contre l’OM, un choc qui a une allure de match décisif pour une équipe monégasque qui peut rêver de top 4 et de Ligue des champions, quand cette perspective semblait bien lointaine quelques semaines plus tôt. En cas de succès ce week-end, la bande de Sébastien Pocognoli reviendrait à la hauteur de Marseille (49 points) et confirmerait une chose que l’on sait déjà : le sprint dans les derniers mètres, c’est le dada de Monaco.

La Monégastada

« Chaque saison est différente, mais ça se ressemble un peu dans la volonté de bien finir. » Thilo Kehrer n’est arrivé sur le Rocher qu’en 2024, mais il sait que Monaco peut tout changer quand se pointe le printemps. Comme tout bon sprinteur, le club de la Principauté a connu quelques gadins et n’a pas toujours bien fini. Ce n’est pas la norme : le sprint final est une petite spécialité maison et l’ASM connaît la recette.

Quand ton bassin est relevé, ton amplitude augmente. Plus ton amplitude est grande, plus tu as des chances de maintenir ta fréquence.

Benoît Kouao, dans le top 20 français sur 100 mètres

Deux exemples récents et marquants : les 28 points sur 30 possibles en 2022 avec Philippe Clement ou encore le joli 25/30 sous Adi Hütter en 2024. Avec Pocognoli, Monaco a lancé son aventure des dix dernières journées de manière idéale, avec un carton plein, faisant oublier la 9e place avec 23 points au départ de la phase retour. Même le PSG, chez lui, n’a rien pu faire pour rattraper par le colbac la gazelle monégasque.

Ne doutez pas : un footballeur peut tout à fait être un bon sprinteur. « Le football travaille beaucoup de choses, explique Joris Delarbre, responsable du Menton Athletic Club. Les joueurs ont une préparation athlétique, sans être à 100 % sur de l’athlé pure et dure, mais le travail technique en foot peut quand même ressembler au travail technique d’un athlète. Et côté musculation, renforcement… on n’est vraiment plus très loin d’une préparation de sprinteur pur. » Autrement dit, quand Monaco enclenche le turbo en fin de saison, ce n’est pas un hasard, c’est une mécanique bien huilée. Merci Pocognoli, ses entraînements basés sur la répétition des efforts et axé sur les courses offensives et défensives, une méthode qui n’est pas sans rappeler celle des sprinteurs.

Photo finish

Si le technicien belge et ses ouailles ont quelques doutes, ils peuvent toujours demander des conseils à Benoît Kouao, top 20 français sur 100 mètres : « L’objectif, c’est d’être solide, le plus gainé possible. Ça te permet de garder le bassin haut. Et quand ton bassin est relevé, ton amplitude augmente. Plus ton amplitude est grande, plus tu as des chances de maintenir ta fréquence. » Amplitude, fréquence, puissance, une équation que la défense à trois de Monaco semble avoir parfaitement intégrée. Ses pistons, rapides et percutants, offrent une supériorité non négligeable sur les phases offensives. Dans le sport roi, un bon sprint se joue collectivement et donc en relais. Bingo : selon Opta, l’ASM a inscrit dix buts par des joueurs sortis du banc depuis l’arrivée de Pocognoli, soit le plus haut total sur la période en Ligue 1 à égalité avec le PSG.

Ce Monaco version 2025-2026 maîtrise au moins l’art de démarrer un sprint en trombes, encore faut-il tenir sur la durée et les derniers mètres, où il croisera Marseille, le Paris FC, Auxerre, Toulouse, Metz, Lille et Strasbourg. « Un bon sprinteur, ça demande beaucoup de cadence de mouvement, poursuit l’entraîneur de Menton. Si on n’a pas beaucoup de cadence, c’est difficile d’être un très bon sprinteur. » Tout l’inverse de l’OM de Habib Beye, trois victoires pour trois défaites toutes compétitions confondues. Avec un ballon comme sans, beaucoup de réponses se trouvent dans la tête. « Je pense que cette deuxième partie de saison va aussi se jouer sur cet aspect mental, donc on travaille sur ça, tentait Pocognoli avant de tarter Lens en février. Il faut rester optimistes et positifs, car c’est la meilleure clé pour moi, pour enchaîner de la meilleure des manières. » Pour changer de La Turbie, il reste toujours la piste d’athlétisme du stade Louis-II pour s’entraîner au sprint.

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Par Adrien Radulovic

Tous propos recueillis par AR, sauf mentions

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