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Andrey Arshavin à Arsenal : Russian roulette

Cet été pendant le mercato, So Foot revient chaque jour de la semaine sur un transfert ayant marqué son époque à sa manière. Pour ce treizième chapitre, voyage dans la fin des années 2000 à la découverte de la folle histoire qui a permis au crack Andrey Arshavin d'enfin quitter sa prison du Zénith pour Arsenal. Un deal en guise d'hommage à la résilience des agents, entre pressions politiques en Russie, révélations familiales et affaires de gros sous.

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Hormis peut-être quelques enfants précoces des Ulis, de l’US Palaiseau ou de Viry-Châtillon, rares sont ceux qui peuvent se targuer d’avoir réussi une performance aussi exceptionnelle que Thierry Henry. Encore plus rares sont ceux qui peuvent le faire en russe. C’est pourtant le cas d’Andrey Arshavin qui, un soir d’avril 2009, moins de trois mois après son arrivée à Arsenal, a pris le temps de sortir un quadruplé de son chapeau lors d’un déplacement à Liverpool (4-4). Grâce à cette prouesse, le milieu offensif a non seulement été le premier adversaire des Reds à éclabousser Anfield Road de la sorte depuis 1946, mais il est aussi devenu le seul joueur de l'ère PL avec Thierry Henry à en claquer quatre dans le même match sous le maillot des Gunners. Un exploit qui aurait toutefois pu ne jamais arriver, sans un transfert aussi rocambolesque que long à se dessiner.

Au Zénith de sa carrière


C’est pendant la saison 2007-2008 qu’Andrey Arshavin manifeste ses premières envies de départ. À 26 ans et après sept années passées au Zénith, le prodige considère qu’il a fait le tour de la question dans son pays. Mais difficile de se faire la malle quand on est la vitrine de la Russie à l’étranger, qu’on appartient à l’équipe de cœur de Vladimir Poutine et qu’en plus, le club compte une entreprise aussi grosse que Gazprom comme principal actionnaire. Pour couronner le tout, l’agent d’Arshavin milite également pour qu’il reste à Saint-Pétersbourg. Du haut de ses 172 centimètres, la pépite va donc demander de l’aide à un autre représentant afin de lui trouver un club sur le Vieux Continent. Cet agent de substitution, c’est le Russe Dennis Lachter. Rapidement identifié comme un acteur problématique qui pourrait réussir à organiser le départ du petit milieu offensif hors des frontières russes, il devient alors la cible d'une intense surveillance du pouvoir en place. « Un jour, un officier est venu chez moi à Moscou et m'a dit : "Vous êtes invité à rencontrer le FSB (les services secrets russes, NDLR). Ils m'ont emmené dans l'ancien bureau du KGB. Au bout de deux heures à attendre, un type est entré pour m’expliquer qu’il fallait garder Andrey Arshavin en Russie, expliquait l’agent dans un entretien accordé à The Athletic en 2020. C'était comme dans Rambo 4. Je me disais : "On est en 2008 ou c'est l'Union soviétique des années 1980 ?" Ils m'ont dit qu'ils savaient où vivait ma mère et que je devais donc réfléchir à deux fois avant de faire quoi que ce soit. Quand je suis sorti, j'étais tellement en colère que je me suis juré que je donnerais tout pour emmener Arshavin, même ma vie. »

Tandis que Lachter devient officiellement son agent, le Russe flambe sur les pelouses. À l’été 2008, Arshavin réalise un Euro exceptionnel et permet à la Sbornaya d’atteindre les demi-finales du tournoi. Les rumeurs d’un départ vont alors bon train. Il est annoncé entre Tottenham, Barcelone et Arsenal. « On avait entendu parler de lui parce qu’il avait fait un incroyable Euro 2008. En quarts contre les Pays-Bas, il sort une performance XXL. C’est là qu’il se révèle aux yeux du monde, se souvient Johan Djourou, son ancien coéquipier chez les Gunners. À Arsenal, on savait qu’il y avait une possibilité. On avait déjà un effectif pour faire une bonne saison, mais c’est vrai que, à titre personnel, j’étais assez excité à l’idée qu’il vienne. » Le Zénith se montre cependant dur en affaire durant l’été. Les Londoniens ne peuvent pas s’aligner, car ils viennent de s’endetter pour construire l’Emirates Stadium. Quant à l’offre des Catalans, elle est envoyée valser par les Russes, qui dans le même temps, ne se présentent pas au rendez-vous convenu avec les Spurs. Lachter décide alors de prendre les choses en main. « J'ai essayé de révéler tout cela dans les journaux sportifs russes, mais je n'ai rien obtenu. Je suis donc passé par les médias anglais. Beaucoup d'articles ont été publiés sur le fait que le Zénith gardait Arshavin contre sa volonté. » Tout ce remue-ménage arrive jusqu’aux oreilles de Joe Lachter. Comme le nom de Dennis avait été cité dans la presse, Joe, qui vit en Angleterre, a été interloqué par cette homonymie avec un Russe dont il n’a jamais entendu parler. Cette rencontre se révèle être un tournant pour la quête de Dennis, car en plus de s’apercevoir qu’ils sont bien parents, l’Anglais le présente à Jon Smith, un agent réputé en Premier League pour avoir de bonnes relations avec Arsenal. L’idée d’un transfert à l’hiver 2009 renaît alors.

Qu’en pensez-vous, Arsène ?


Au club des Frenchies, l’intérêt d'Arsène Wenger pour le numéro 10 russe est toujours présent au mercato hivernal. Les Gunners cherchent encore un remplaçant à Aleksandr Hleb, parti à Barcelone, et même si Nasri est arrivé, les longues blessures de Rosický et de Fàbregas poussent le club à recruter malgré les frais du nouveau stade. Le Zénith accepte finalement de laisser son joueur rencontrer Wenger lors de l’un de ses passages à Londres. « Je suis allé chercher Andrey après un tournage pour Nike, avait ensuite raconté Joe Lachter, contraint ce jour-là à la plus grande discrétion. Je l'ai conduit jusqu'à l'Emirates. On l’a mis à l'arrière de ma voiture, allongé, et je lui ai donné une de mes casquettes de baseball. » Arshavin a ainsi passé un moment privilégié avec l’Alsacien à se promener sur la pelouse du nouvel écrin londonien. Les prémices de leur future entente. « Avec Arsène, c’est difficile d’avoir une mauvaise relation et comme Andrey est introverti, c’était vite devenu son mentor » , se remémore Djourou, le futur voisin de vestiaire d’Arshavin.



Mais jusqu’au dernier jour du mercato, aucun accord n’est conclu, et Arshavin est toujours à Dubaï pour un stage avec le Zénith. Comme de fortes chutes de neige sont annoncées sur Londres, ses agents proposent au joueur de rallier l’Angleterre avant la date limite pour faciliter le transfert. « Nous savions que si Andrey retournait en Russie, nous l'aurions perdu pour toujours » , reconnaît Joe Lachter. Ils prennent donc le dernier vol avant la fermeture des pistes, mais les médias ont vent de la nouvelle. « En Angleterre, le dernier jour, c’est le show. Tu as le décompte des heures qui restent, le "Breaking News" dès qu’un joueur signe quelque part. Tu scrutes toujours s’il y a ce genre de nom associé à ton club ! C’est un truc de fou le deadline day en Angleterre » , se souvient Johan Djourou. Pour gagner du temps en cas d’un possible accord, Arshavin passe sa visite médicale dans la journée. « C'était le moment le plus long de ma carrière d’agent, se souvient Dennis Lachter, alors dans une salle de l’Emirates Stadium. Il restait trois heures avant la fin du mercato, mais on n’allait nulle part. J'avais le président du Zénith sur un téléphone, le directeur exécutif sur un autre. » Alors que les négociations vont dans le mur, c’est finalement l’un des principaux actionnaires du club, l’Ouzbek Alicher Ousmanov, qui parvient à trouver la solution grâce à sa relation privilégiée avec le patron de Gazprom, même si Jon Smith a ensuite déclaré qu’il avait aussi arrangé le deal en payant une somme de sa poche. « Nous étions à environ 1,2 million de livres de différence à une heure de la fin. Finalement, j'ai offert aux Russes l'argent supplémentaire, balançait l’agent anglais sur BT Sport en 2015. J'ai dit à Arsenal que je l'avais fait et à moins de dix secondes de la fin, les Russes ont envoyé le mot "accepté". » Le transfert s’est finalement conclu autour de 15 millions de livres pour l’éphémère réussite que l’on connaît. En 2013, après avoir viré la majorité de ses représentants et connu plusieurs saisons d’échecs, Arshavin retournera au Zénith. Mais rien que pour ce quadruplé sur les bords de la Mersey, le jeu en valait la chandelle.

Par Gabriel Joly Propos de Johan Djourou recueillis par GJ, ceux de Dennis et Joe Lachter tirés de The Athletic et ceux de Jon Smith de BT Sport
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