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Agoria : « En France, je ne mixerais pas avec un autre maillot que l'OL »

Sans doute un des DJs français les plus réputés dans le monde de la musique techno, Agoria passe son temps à parcourir le globe pour des dates. Un train de vie un peu fou qui ne l’empêche pourtant pas de suivre son club de cœur : l’Olympique lyonnais. Entretien avec un homme (forcément bien) qui mixe avec un maillot de Marchisio sur le dos.

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Comme tu es fan de l’OL, on va directement te poser la question : as-tu encore espoir d’aller en finale de Ligue Europa ?
J’ai envie de croire à un exploit. Tout le monde dit que c’est fini, mais il faut y croire. Si tous nos joueurs jouent à leurs niveaux européens, si Tolisso et Lacazette sont bons, je pense que c’est possible. Je vais sûrement me rendre au Parc OL pour aller voir le match sur place en tout cas.

Tu t’attendais à un tel score au match aller ?
Je savais que ça allait être difficile, comme n’importe quelle demi-finale européenne, mais bon... Il y a eu d'énormes erreurs défensives, Lacazette était blessé, Tolisso aussi... Nos joueurs moteurs n’étaient clairement pas bons. C’est vraiment à l’image de cette saison où Lyon peut faire des matchs incroyables et en perdre d’autres en se trouant complètement. Mais en même temps, j’ai l’impression que cette équipe arrive parfois à avoir une certaine force mentale. J’ai été assez impressionné de leur réaction au match retour contre Beşiktaş. Après le mois pourri qu’ils ont eu, entre l’agression à Bastia et les tensions autour du déplacement à Beşiktaş, arriver à aller, gagner aux tirs au but comme ça... C’est ce qui me fait croire à un sursaut au match retour face à l’Ajax.

D’ailleurs, ça te vient d’où cette passion pour le football et l’OL ?
C’était durant la dernière année de Lyon en Ligue 2, qui était à l’époque la Division 2, en 1989. J’étais vraiment jeune, je devais avoir douze ou treize ans, et j’allais à Gerland avec un de mes potes et son père, ma famille ne s’intéressait pas du tout au foot. Je me souviens qu’on était allés au premier match de la remontée en Ligue 1, contre Sochaux, et on s'était pris une taule pas possible, 4-0 je crois (rires). Mais l’ambiance dans le stade, alors qu’on s’était pris une raclée, c’était hyper bon enfant. J’ai ensuite été porté par une équipe qui allait mieux chaque année, avec des joueurs de plus en plus épatants. Chaque génération de l’OL sort des joueurs magiques. J’ai un souvenir particulier de la grande époque de Florian Maurice, le duo Benzema-Ben Arfa... Et puis je suis aussi un amoureux de l’Amérique latine en général, l’OL nous a toujours ramené des perles d’Argentine ou du Brésil. Sonny Anderson, Juninho, Lisandro, Caçapa. Il y en a beaucoup d’autres...

« J’aimerais ressentir un jour le plaisir d’être buteur. Quand tu les vois marquer, tu te dis que ça doit être complètement dingue. »

Donc tu as commencé à suivre l’OL en même temps que Aulas.
C’est ça, je suis un peu son enfant (rires). C’est quelqu’un que j’apprécie énormément, il est très décrié, mais c’est un extraordinaire communiquant. Et puis il a fait énormément pour la ville de Lyon en général : il y a eu un alignement des planètes au début des années 2000 au niveau sportif et culturel avec Jean-Michel Aulas, Gerard Colomb, la création du festival des Nuits sonores... Alors que c’était une ville qui ne faisait rêver personne il y a vingt ans. Tu disais : « Viens on va se faire un week-end à Lyon » , tu avais envie de te tirer une balle (sourire). En plus du développement culturel et économique, l’OL a aussi participé au regain d’amour qu’on a tous pour cette ville.

Il paraît que tu fais souvent des déplacements de l’OL.
Oui, très souvent. En dehors de l’OL, j’adore vraiment aller dans des stades de foot. J’ai vécu quelques grands moments en Ligue des champions, je me rappelle notamment de Manchester United-OL à Old Trafford en 2008 : avant même que le match commence, au moment de l’entrée des joueurs, je sais qu’on va perdre. Tout le stade criait « United ! United ! » , j’en avais les jambes qui tremblaient. D’ailleurs, on était quelques Lyonnais au milieu de Mancuniens et ils étaient tous morts de rire en nous voyant impressionnés comme ça. Je pense qu’on aurait pu rivaliser, mais la pression du stade a vraiment joué ce jour-là : quand une équipe joue à l’extérieur, on entend parfois : « Ça fait peur d’y aller » , ou « Il ne se passe rien là-bas » . À Old Trafford, il y a un véritable treizième homme.

Pourquoi cette passion pour les stades ?
Je vois vraiment ça comme une fête. On tremble dans un stade. L’émotion la plus grande que j’ai eue récemment, c’était l’année passée quand j’étais au Parc OL, lorsque Lyon a battu Paris. Il faisait -5 degrés, on était frigorifiés, et le stade s’était soulevé comme un seul homme au moment du deuxième but de Darder. Quand je joue dans un festival avec 20 000 ou 30 000 personnes en face de moi, je me demande parfois ce que ça doit faire quand tu vis ça en équipe dans un stade. J’aimerais ressentir un jour le plaisir d’être buteur. Quand tu les vois marquer, tu te dis que ça doit être complètement dingue.

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Mais tu peux aussi rendre les gens fous en mixant.
Bien sûr, mais il n’y a rien à gagner. Ce n’est pas exactement la même ferveur. Ça peut avoir la même intensité, mais ça ne déclenche pas les mêmes sentiments. On peut engendrer du bien-être, de l’euphorie, mais dans le foot, il y a aussi un enjeu, du suspense...

« Je suis en train de bosser sur mon prochain album, j’ai bien dû faire quarante morceaux, mais je ne les ferai pas tous écouter. Il y en a sûrement certains qui sont à chier. Le footballeur, lui, il ne peut rien cacher. »

Tu as organisé une rencontre avec Yoann Gourcuff il y a quelques années pour le magazine de musique Tsugi. Comment est-ce que ça s'est fait ?
En fait, j’avais déjà échangé plusieurs fois avec Yoann par le passé sur la musique ; c’est une de ses passions. D’ailleurs, je trouve ça captivant que la musique soit un vecteur commun pour les joueurs durant un avant-match, et qu'ils se fédèrent entre eux autour de ça. Qui va choisir le morceau ? Quel morceau ça va être ? Est-ce que tout le monde va l’aimer ? Et Yoann me disait qu’il était rarement fan des choix musicaux de ses coéquipiers. Du coup, il s’isolait souvent au casque pour se préparer. (sourire)

Ça symbolise un peu son passage à Lyon.
Je peux comprendre qu’il ait besoin d’être dans son monde pour se retrouver avant un match... Après, il a été accueilli comme un héros. C’est la première fois qu’on présentait un joueur comme ça dans le stade, c’était une pression très grande. Les joueurs n’ont pas tous la même attitude vis-à-vis de la pression médiatique. Pour certains, c’est une motivation. Pour Yoann, je pense que ça a été un peu trop.

Tu lui avais parlé de sa situation à l’OL ?
On en parlait forcément, mais pas directement. Je ne me sentais pas de lui dire : « Alors, ça ne va pas bien, comment ça se fait ? » Les footballeurs, comme les artistes, c’est sur le terrain ou sur scène qu’ils apportent les réponses. Sauf que le footballeur a bien plus de pression médiatique : il doit être exceptionnel sur chaque match. Alors que moi, par exemple, je suis en train de bosser sur mon prochain album, j’ai bien dû faire quarante morceaux, mais je ne les ferai pas tous écouter. Il y en a sûrement certains qui sont à chier. (rires) Le footballeur, lui, il ne peut rien cacher.

Sur les photos, on peut voir que vous étiez chez lui, assez décontractés.
Il nous a reçus dans sa maison sur la terrasse. Il nous a fait visiter sa maison et après on a discuté sur une petite table de camping. (rires) Je trouvais ça intéressant d’aller voir l’autre côté en allant directement chez Yoann : c’était une maison très simple, rien d’ostentatoire, il n’avait pas cinq Porsche garées devant, et sa table était banale, comme n’importe quelle table de chez Ikea. Je pense que c’est assez révélateur de la personnalité de Yoann et je me sens bien plus proche de ça.

Quand tu es à l’étranger, en tournée, avec le décalage horaire, comment tu te débrouilles pour suivre les matchs de l’OL ?
Souvent, je demande à ce que l’on ne me donne pas les scores et je regarde le match plus tard, enregistré.

Tu serais capable de faire comme Sven Väth qui regardait les matchs de l’Allemagne à l’Euro 2016 tout en mixant ?
J’étais à ce festival au même moment justement. Dixon faisait pareil et je n’ai pas trouvé ça super cool. Même si je suis un fan absolu de foot, je ne me vois pas jouer devant 20 000 personnes en matant un match. Tu peux attendre deux heures, retourner à l’hôtel et voir le match. Si tu veux tout savoir, je suis même allé voir Dixon sur scène quand il mixait et j'ai fait mine de fermer son ordinateur. Il m’a dit : « Non, mais t’es fou ! Je vais perdre la connexion ! » Mais dans le sens inverse, je n’imagine pas un footballeur jouer un match en s’écoutant un morceau de musique au casque. Je trouve que ça désacralise totalement le fait d’être sur scène... Tu es censé tout donner. Quand tu regardes un match de foot en même temps sur ton Mac, j’ai l’impression que tu mens...

Sur scène, on te voit parfois mixer en portant des maillots de foot. Ça t’arrive souvent ?
Oui, c’est quelque chose que j’aime bien faire. Dans le milieu, les promoteurs de soirée savent tous que je suis un dingue de foot, donc ils s’arrangent pour me faire plaisir et m’offrent un maillot du club local floqué à mon nom. Ça me touche beaucoup. En France, je ne me permettrais pas de mixer avec un autre maillot que celui de l’OL, mais à l’étranger, ça m’arrive très souvent. J’ai d’ailleurs eu un problème au Brésil à cause de ça : je jouais à Porto Alegre et il y a deux équipes rivales dans la ville, l’Internacional et le Grêmio. Avant de monter sur scène, on m’a donné un maillot de l’Internacional. Du coup, la moitié du public était flattée... et l’autre moitié voulait ma peau. (rires)


Mais ils te l’ont fait comprendre ?
Le public m’a fait des remarques, oui, la moitié des gens me faisaient des pouces vers le bas dans la fosse ! Ça m’a saoulé, je l’ai enlevé à la fin de la soirée. (rires)

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Propos recueillis par Brice Bossavie
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