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Saint-Denis, un mois et deux jours

Oui, devant leur télé, ils ont bien entendu : Thierry Roland rendra l’antenne par le classique « À vous Boulogne » , mais l’ouvre avec un « en direct de Saint-Denis » , et non de Paris. Une fierté pour cette ville, habituellement étiquetée poubelle dangereuse du 93, mais qui l’espace d’un gros mois de 1998, a fait la fête comme jamais.

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Saint-Denis, une banlieue soufflée par « un vent de mépris » , rappe NTM dans Odeurs de soufre, en 1998. Didier Morville et Bruno Lopes, Dionysiens de naissance, se suspendent même à cette question : « Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? » L’incendie a beau couver, 1998 portera pour Saint-Denis l’habit du pompier. Paris lui a proposé ce qu’elle sait faire de mieux : accueillir le monde. Le plus grand et plus récent stade du pays, à 420 millions d’euros, est à Saint-Denis. Patrick Braouezec, maire communiste de la ville, a même conditionné la construction de celui que les plans appelaient encore Grand Stade, à d’autres aménagements de son territoire : couverture de l’autoroute traversant la ville, deux gares RER, un métro prolongé jusqu’à l’université, ou une passerelle au-dessus du canal entre la cité des Francs-Moisins et le stade de 80 000 places. Un amical France-Espagne inaugure le Stade de France, sur une pelouse gelée et bosselée, sur laquelle Liane Foly s’était congelée en lever de rideau. Peu importe : Saint-Denis est enfin invité au banquet, celui du Mondial 1998. Courant juin et juillet, le SDF est le vaisseau amiral de la compétition : 9 rencontres, match d’ouverture et finale inclus. Non, ce n’est peut-être pas le bon moment pour foutre le feu.

Le gardiennage du chantier du Stade de France et les portraits de Zidane sur les vitres


Il y a comme une opportunité. Jean, 23 ans, la saisit et trouve un job de chauffeur privé, grâce au bouche-à-oreille, très efficace en ville. M. le maire fait aussi le relais auprès du consortium du SDF, dès 1993, pour trois jeunes de Saint-Denis qui veulent sécuriser le chantier du stade via leur nouvelle société de gardiennage. La société locale S3G gère depuis le gardiennage de Clairefontaine, de la FFF et toujours du Stade de France. « Avec plus de 250 salariés aujourd’hui » , félicite l’édile. Dans les rues, ça vend de la canette, de la frite et de la merguez un peu partout. Tous les commerçants veulent en être. « Le Champ de courses, le café à côté de chez moi, a ramené un peintre, mais un peintre tout pourri, qui faisait des portraits de Zidane ou Maradona sur les vitres » , se marre Sami Ameziane, qui sera connu sous le pseudo de Comte de Bouderbala. La ville organise une Coupe du monde des banlieues. Le 20 juin, par la « Carnavalcade » , elle éclipse même la parade des géants de Paris, qui avait gêné toute la France le 9 juin. 100 000 personnes dans les rues, soit l’équivalent de sa population, accompagnent le défilé de chars. « J’avais jamais vu autant de monde dans la rue à Saint-Denis » , appuie Fabien Marsaud, aka Grand Corps Malade.

Portes ouvertes en finale


Saint-Denis découvre surtout les fans adverses, comme la légendaire descente des Écossais. Les kilts improvisent avant le match d’ouverture une partie contre les jeunes du coin, sur la place de la Mairie. Même terrain de jeu trois jours plus tard, avant Hollande-Belgique, pour un sport nouveau : le lancer de mariée. « Les Hollandais avaient envahi le parvis de la Mairie, devenu tout orange, rejoue Braouezec. À chaque fois que sortait une mariée, ils la jetaient en l’air. Incroyable. » À partir du quart France-Italie, comme dans tout le pays, la machine s’emballe. Les Dionysiens consoleront même les tifosi de la Nazionale avec quelques verres. « On était pour le Brésil, parce que Ronaldo, mais pour l’Italie aussi » , précise Thomas, en bas d’une tour des Francs-Moisins. La victoire française contre la Croatie sera le climax dionysien. « Les gens m’ont sorti de la R19 et m’ont porté en triomphe, rigole l'édile. Même mes propres mômes secouaient la voiture avec la foule ! » Puis vient le 12 juillet. À trente minutes du coup de sifflet final, les employés de S3G sentent sans doute que le moment historique va se jouer derrière les murs du SDF. Fabien Marsaud, présent en tribunes, voit les escaliers se noircir : « Les mecs ont bien tenu le truc pendant tout le Mondial, mais c’était un moulin pour la dernière demi-heure. Pas un échange de claques, ni un incident, mais t’as des gamins de Saint-Denis qui ont pu vivre ce moment. » Jorge, Portugais, la cinquantaine, se posera lui une autre question : « Comme par hasard, deux semaines après la finale, qui rachète 14 Rafales à bon prix à la France ? Le Brésil. La finale était arrangée. »




Par Ronan Boscher et Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL et RB.
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