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Raoul Savoy : « Roger Milla venait me donner des conseils »

Il n’a que 45 ans, mais le Suisse Raoul Savoy a déjà un gros vécu en Afrique. Entraîneur dès l’âge de 27 ans, cet ancien gardien de but a travaillé au Cameroun, au Maroc, en Algérie, en Éthiopie, au Swaziland, en Gambie et en Centrafrique. Il y a rencontré des personnages plus ou moins sulfureux, obtenu des résultats, connu des galères. Même en Suisse, quand il y est revenu, Savoy est tombé sur du lourd. Avant le tournoi amical que les Fauves s’apprêtent à disputer à Niamey avec le Niger et l’Ouganda, cela valait le coup de chercher à savoir qui est Raoul.

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Vous êtes revenu sur le banc centrafricain l’année dernière, après un premier passage en 2014-2015...
La première fois, le pays traversait une très grave crise politique. Tout le monde se souvient du climat qui régnait à l’époque. C’était une guerre civile, et cela avait des répercussions sur tout, y compris la sélection. On ne pouvait pas jouer à Bangui. La situation était vraiment difficile. Et malgré tout, on avait des résultats. La Fédération était également confrontée à de grosses difficultés financières. J’avais eu une proposition de la Gambie. Je l’ai acceptée ; mais l’année dernière, la Centrafrique m’a de nouveau contacté. Et les conditions étaient réunies pour qu’on retravaille ensemble.

La Centrafrique a vécu des heures sombres, pour des motifs politiques et religieux. La sélection nationale a-t-elle joué un rôle, même mineur, pour contribuer à l’apaisement des tensions ?
Les Centrafricains adorent leur équipe. Désormais, comme elle peut rejouer à Bangui, on peut le mesurer à chaque fois qu’elle s’y produit.
« Les Centrafricains sont passionnés. La Fédération parvient à organiser un championnat qui se déroule sur Bangui, et qui est d’un niveau assez correct. »
Il y a du monde au stade, il y a beaucoup de ferveur. En sélection, il y a des chrétiens et des musulmans. Mais aucune tension. Je sais que des joueurs ont été touchés par les événements. Ils ont perdu des proches. Avec le staff et les dirigeants, il y a une règle bien précise : si jamais un joueur tente d’imposer l’aspect religieux au sein de l’équipe, il partira. Cela n’a heureusement jamais été le cas. Je pense donc qu’effectivement, la sélection a apporté quelque chose de positif. Et le foot en général. Les Centrafricains sont passionnés. La Fédération parvient à organiser un championnat qui se déroule sur Bangui, et qui est d’un niveau assez correct. Il est évident qu’une qualification pour la CAN 2019 serait une très belle performance. Cela ferait du bien au pays.


Vous avez commencé à entraîner très jeune. Y compris en Afrique...
J’étais gardien de but. J’ai surtout joué en D3 suisse, à Yverdon notamment. Mais j’ai eu à 27 ans une grave blessure à l’épaule. Ma carrière terminée, j’ai commencé à entraîner en Suisse. Puis j’ai eu une opportunité pour aller au Cameroun, au Tonnerre Yaoundé (2002-2003). Je savais que ce club était populaire. Mais à ce point-là, non ! La pression du public est constante. Celle des anciens joueurs, ou du moins certains, aussi. Souvent, Roger Milla se pointait à la fin de l’entraînement pour me donner des conseils, ou juste son avis. J’avais 29 ans, j’avais peu d’expérience, mais j’ai réussi à gérer tout ça. On me donnait 3000 € par mois, plus des primes. On m’avait expliqué que j’étais jeune, pas connu. Moi, ça me convenait. Il fallait que je fasse mes preuves. On a tout de même atteint la finale de la Coupe de la CAF face à la JS Kabylie (0-4, 1-0), et la seconde place en championnat. Au début de la seconde saison, il y a eu des problèmes entre la direction et la femme de l’ancien président, qui voulait reprendre le club. C’était vraiment tendu : justice, comptes bloqués, etc. Le président qui m’avait fait venir est parti et j’ai préféré m’en aller. J’ai ensuite passé trois ans au Maroc, à Meknès, Mohammedia et Tanger.

Est-ce au Maroc que vous avez acquis cette réputation de sauveur ?
« Le président a un projet, des moyens, une vision intéressante. Mais sa réussite suscite des jalousies et il s’en va. »
Un peu. À Meknès (2003-2005), un club sans gros moyens et où il était parfois difficile de se faire payer, ce n’était pas trop le cas, puisqu'on a terminé deux fois dans les quatre premiers. Quand je suis rentré en Suisse, j’ai été appelé par Mohammedia (2005-2006), un club historique qui aujourd’hui évolue dans les divisions amateurs. Le président a un projet, des moyens, une vision intéressante. Mais sa réussite suscite des jalousies et il s’en va. Moi aussi. Je me retrouve ensuite à l’Ittihad Tanger (2006), pour tenter de sauver l’équipe. On y parvient, en dix matchs. Au même moment, Mohammedia descend. Mais je pars, à cause des divergences avec le président.


De 2006 à 2008, vous partez en Afrique subsaharienne. En Éthiopie (2006-2007), puis au Swaziland (2007-2008)...
L’Éthiopie, j’y vais avec Diego Garzitto. On bossait ensemble avec les A et la sélection olympique. Un beau pays, des gens accueillants, et un niveau intéressant. Le problème, c’est que le président de la fédé avait fait des faux avec nos contrats. Nous étions repartis chez nous pour les vacances de Noël, et nous ne sommes jamais revenus en Éthiopie. La Fédération avait d’ailleurs été suspendue. Puis le Swaziland me contacte. Le championnat était amateur, les mecs bossaient et venaient s’entraîner le soir, trois ou quatre fois par semaine. On met alors un système pour permettre à la sélection de progresser : trois jours par semaine, les internationaux étaient avec moi. Et le week-end, ils retrouvaient les clubs pour les matchs de championnats. On commençait à avoir des résultats. Mais à la Fédération, certains voulaient que la sélection soit coachée par un local. Ils ont finalement choisi un Sud-africain (Ephraïm Mashaba, N.D.L.R.).


Ce petit Royaume d’Afrique australe, rebaptisé eSwatini récemment, est gouverné d’une main de fer par Mswati III. L’avez-vous rencontré lors de votre séjour ?
« Quand je vais dans un pays pour y travailler, je ne me mêle pas de politique. »
Oui. Il aime beaucoup le foot, mais il ne venait pas interférer dans mon travail. Il était présent, mais jamais négatif. Je savais qui il était. Le régime est dur, même si cela ne se voit pas forcément au quotidien. La presse est surveillée, les gens ne font pas ce qu’ils veulent. Mais moi, j’ai une règle : je suis étranger, et quand je vais dans un pays pour y travailler, je ne me mêle pas de politique. Ce n’est pas mon rôle. Cela ne m’empêche pas d’avoir mon ressenti, mon opinion.

Comme en Gambie en 2015, longtemps dirigée par Yahya Jameh, un grand humaniste devant l’Éternel...
(Rires.) Il était capable de faire des discours avec un ton très paternaliste. Et d’autres très durs, où il pouvait tenir des propos qui faisaient froid dans le dos. Sportivement, on avait quelques résultats. Mais je ne suis même pas resté un an, pour des raisons contractuelles, liée à un accord entre la Gambie et un sponsor suisse. En 2017, j’aurais pu aller au Rwanda. J’étais bien placé. Seulement, ils ont choisi un Allemand, Antoine Hey, dont le salaire était pris en charge par Puma, je crois.

Vous êtes aussi passé par l’Algérie : le MC Oran (2012) et Eulma (2012), juste après un retour au Maroc, à Oujda (2009-2011). Vous avez parfois tenu plus d’un an au Maghreb, où l’instabilité technique est un vrai fléau...
« J’aime bien aussi les missions compliquées : arriver quelque part, et essayer de tirer le meilleur des joueurs pour tenter de renverser une situation difficile. »
Cela dépend des missions. En Algérie, on m’avait appelé pour sauver deux équipes. À Oujda, je suis resté deux ans. Il y a des clubs qui veulent s’inscrire dans une certaine stabilité. Il y a une grosse pression populaire et souvent, les dirigeants, au bout de doux ou trois mauvais résultats, préfèrent virer l’entraîneur. C’est dommage. Mais j’aime bien aussi les missions compliquées. Arriver quelque part, et essayer de tirer le meilleur des joueurs pour tenter de renverser une situation difficile. Je suis suisse pour le côté calme, posé. Et espagnol, car j’ai la double nationalité, plus tête brûlée, car j’aime aller là où tout le monde n’irait pas.


Même en Suisse, vous avez bossé avec de vrais personnages : les Tchétchènes, Bulat Chagaev en tête, à Neuchâtel Xamax, et Christian Constantin, le président du FC Sion, qui a essoré des wagons d’entraîneurs...
Oui, mais je fais une vraie différence : Constantin connaît le foot, car il y a joué. Il est exigeant, curieux, il a le sang chaud, son avis, mais il se mouille pour son club. J’ai de bonnes relations avec lui. Pour les Tchétchènes, c’est différent. C’est devenu un vrai bordel très vite, et après les vacances de Noël, on a appris que le club était en faillite. Certains ont voulu aller en justice. J’y ai renoncé. D’ailleurs, ils sont encore en procédure. Chagaev a été expulsé de Suisse, vers un pays qui n’extrade pas. Je crois que j’ai eu raison...

Propos recueillis par Alexis Billebault
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