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Le guide de l’Euro 2022 : à la découverte du groupe B

Fameux groupe de la mort de cet Euro féminin, le groupe B est la seule poule où toutes les sélections peuvent se targuer d'avoir un effectif 100% professionnel. Si l'Allemagne ne sait pas vraiment où elle va dans cet Euro, ses certitudes devraient être constamment remises en question par les nouveaux prétendants que sont l'Espagne et le Danemark. À moins que la Finlande ne tienne vraiment son rôle d'outsider ?

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  • Les favorites : l'Espagne


    Classée 7e au dernier classement FIFA, la sélection espagnole ne s’est jamais aussi bien portée. Profitant des récents progrès de l’ensemble du football féminin dans le pays, l’équipe de Jorge Vilda se base sur les réussites du Barça et trouve parmi les Blaugrana de très nombreuses titulaires : Mapi Leon, Irene Paredes, Jenni Hermoso, Patri Guijarro, Aitana Bonmatí, Sandra Paños et Alexia Putellas. Comme chez les garçons dans les années 2000, les filles bénéficient aussi des automatismes trouvés en club pour développer le traditionnel toque ibérique et enfiler les buts à grande vitesse. En qualif’, la Roja plante 48 pions pour seulement un encaissé. Si le sélectionneur préfère parler d’un statut de candidat au titre plutôt que de favori, lui et la Fédé ne laissent rien au hasard : toutes les joueuses des derniers Euros disputés par l’Espagne (1997, 2013, 2017) étaient réunies pour donner leurs conseils avant que celles de 2022 ne s’envolent pour l’Angleterre. Puis, même s’il manquera la serial buteuse Jenni Hermoso, blessée, et que la poule B est la fameuse « poule de la mort » dont personne ne veut, pouvoir compter sur le Ballon d’or Alexia Putellas dans ses rangs est déjà une excellente raison de croire au sacre des Espagnoles.




  • La future surprise : le Danemark


    Vice-championnes du dernier Euro, les Danoises s’étaient elles-mêmes privées de la dernière Coupe du monde 2019, préférant gagner des droits au lieu de gagner des titres, perdant leur match de barrage contre les Pays-Bas après avoir boycotté la rencontre face à la Suède. Qu’à cela ne tienne, si les Rød-hvide ont perdu gros ce soir-là, elles auront eu gain de cause avec un bon coup de pouce des garçons, permettant au Danemark de devenir le premier pays à égaliser les salaires des pensionnaires des équipes masculine et féminine. Un combat âprement remporté relançant tout un groupe qui s’est montré impitoyable lors des matchs de qualification à l’Euro (48 buts marqués, 1 encaissé). Une renaissance que la star locale, Pernille Harder, explique simplement : « Lars Søndergaard (le sélectionneur) nous a donné une façon de jouer distinctive et attrayante, et il est important pour nous de pratiquer un beau football. » Considérées sur et en dehors du terrain, les Danoises se présentent avec un groupe qui a tout du parfait outsider. « Cette équipe a un grand mélange d'expérience et n'a pas encore atteint son apogée, prévient le sélectionneur. Il y a beaucoup de joueuses qui ne vont faire que s’améliorer. » D’autant que les Danoises ont déjà réussi à faire trembler les Allemandes lors du dernier Euro. On se donne rendez-vous après les trois matchs de poule ?




  • La joueuse à suivre : Natalia Kuikka


    S’il aurait été facile de choisir Alexia Putellas ou Sara Däbritz, une autre milieu de terrain va elle aussi donner du fil à retordre. Déjà élue trois fois meilleure joueuse de l’année en Finlande à seulement 26 ans, Natalia Kuikka est de ces joueuses que l’on ne connaît pas en Europe, mais qui est nommée joueuse du tournoi lorsque son club de Portland bat l’OL en finale en août 2021. Neuf ans après son premier Euro, où elle s’éclatait sur l’aile gauche de la Finlande à seulement 17 ans, elle est aujourd’hui milieu défensif en sélection et piston droit en club. Des changements qui ne perturbent pas celle qui s’est exportée aux États-Unis à l’âge de 20 ans, après avoir enchaîné les clubs de seconde zone dans son pays, pour vivre entre son rêve de devenir joueuse professionnelle et son diplôme en criminologie à l’université de Floride. De retour en Scandinavie après avoir empoché le titre de championne universitaire, elle découvre toutes les joies d’être payée à faire du foot : se mettre en valeur pour les contrats, faire attention aux moindres détails... Un ensemble de choses qu’elle avoue elle-même ne pas imaginer, mais qui témoigne aussi des progrès faits en l’espace de ses cinq ans de pige américaine. Un changement auquel elle a grandement participé en se réjouissant d'obtenir l'égalité salariale au retour du Mondial 2019. Le voilà, l'effet Coupe du monde.




  • Le stade à découvrir : Milton Keynes


    Ville nouvelle d’Angleterre, fondée à la suite d'un vote au Parlement en 1967, Milton Keynes est aujourd’hui connu pour être la « capitale énergétique du Royaume-Uni » en raison de sa croissance économique rapide et de ses bâtiments plus que normés en matière d’écologie et de design. Évidemment, le fameux Stade MK, antre des Milton Keynes Dons en League One, n’échappe pas à la vigueur moderniste et ressemble grosso modo à tous les stades européens récents. Si ce n’est qu’il a été inauguré par la Reine en personne en 2007, lors d’un passage dans la ville qui compte désormais 195 000 habitants. Autre particularité, cette enceinte de 30 000 places a seulement pour but d'être une arène sportive efficace plus qu'esthétique : un restaurant Marco Pierre White, premier Britannique à décrocher trois étoiles au Michelin, fait partie intégrante du stade, alors que des chambres de l’hôtel Hilton voisin offrent une vue sur le terrain. De quoi taper un petit somme avant d’y voir chacun des matchs de la Finlande ou une potentielle demi-finale entre la France et l’Espagne... Il ne faudra pas zapper le réveil. 90 minutes plus tard, le résultat pourrait être brutal.



  • L'anecdote à ressortir pendant le tea time


    Beaucoup de footballeurs allemands ont à maintes reprises répété : « Je ne rejoindrai jamais le Bayern. » Cette phrase, figurant dans une chanson du groupe punk-rock de Düsseldorf Die Toten Hosen (dont le leader Campino est un fan de Liverpool et un ami de Klopp), figurait aussi sur un poster dans la chambre de la jeune Lea Schüller. Grandissant en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, elle a toujours été supportrice du Borussia Dortmund. Cependant, après sept ans avec Essen et alors que le BvB peine à lancer sa première équipe féminine, elle a rejoint... le Bayern, en 2020. « Je suis fan de Dortmund, si l'on peut s'exprimer ainsi, assume toujours l'attaquante un an après son transfert. Quand je regarde du foot, j'aime regarder Dortmund, et j'aime aussi m'inspirer d'Erling Haaland. » À l'image du Norvégien et de Robert Lewandowski dont elle « devrait beaucoup s'inspirer » , elle est aujourd'hui la plus grande menace devant le but de la sélection allemande (24 buts en 39 matchs à seulement 24 ans). Et elle cadre si souvent ses frappes dans la boîte que les supporters ne disent plus seulement « es müllert » , en référence à Gerd Müller, mais « es schüllert » .



  • Le prono de la rédac’

    Espagne : 7 pts
    Danemark : 5 pts
    Allemagne : 4 pts
    Finlande : 0 pt

    Par Anna Carreau
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