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Juan Vita : « Mascherano et Falcao étaient des adolescents avec des cerveaux d’adultes »

Une étude de l’Observatoire du football CIES le prouve : avec 68 entraîneurs en poste à l’étranger en 2020, l’Argentine est de loin le plus grand exportateur de coachs dans le monde. Parmi eux, Juan Vita, 34 ans, sélectionneur du Nicaragua. Avant d’affronter le Belize puis Haïti pour les éliminatoires de la Coupe du monde, le plus jeune entraîneur de l’histoire du foot argentin raconte sa trajectoire, du centre de formation de River Plate à l’Amérique centrale.

Tu fais partie des joueurs formés à River Plate. Tu as appris quoi, là-bas ?
River me recrute à 11 ans. Ils faisaient du scouting dans tout le pays et m’ont repéré dans ma petite ville de la Cordillère des Andes, San Martin de los Andes. J’ai fait un essai à Buenos Aires avec 500 autres gamins, et ils m’ont gardé. C’était une surprise pour tout le monde, et tout a changé pour moi : ma mentalité, mon futur. La première année, je faisais le voyage toutes les semaines avec ma mère pour jouer le match de championnat du week-end. Un voyage de 1600km : je prenais un bus de 6h jusqu’à Neuquen, puis un avion jusqu’à Buenos Aires. On rentrait le dimanche soir après le match, et le lundi matin j’allais au collège, complètement crevé. L’année suivante, ils m’ont obligé à rester vivre dans la pension du club. C’est là que j’ai changé d’univers. Je vivais tous les jours avec des joueurs d’élite, comme Radamel Falcao, Javier Mascherano, Augusto Fernández, Diego Buonanotte... Que des mecs qui ensuite ont fait des carrières impressionnantes. Moi, j’étais petit, je ne m’en rendais pas compte, mais ils avaient déjà une mentalité différente de tous les autres.

« Si Messi a été touché par une baguette magique pour son talent, Mascherano l’a été pour son cerveau. »

Comment cela se matérialisait au quotidien ?
Mascherano et Falcao étaient des adolescents avec des cerveaux d’adultes. Ils montraient le chemin à tous les autres en se comportant déjà comme des joueurs professionnels : ils mangeaient bien, s’entraînaient tout le temps, se reposaient, étaient à l’écoute des coachs. C’était du très haut niveau, et nous on se nourrissait d’eux. Moi, j’ai grandi dans cette ambiance, ce ne sont pas mes parents, mais mes entraîneurs et mes coéquipiers qui m’ont éduqué. River est avec Boca la plus grande institution d’Argentine et même d’Amérique, donc ce que tu y apprends te marque pour toujours. Si Messi a été touché par une baguette magique pour son talent, Mascherano l’a été pour son cerveau. Des comme le sien, il y en a un pour un million de personnes. C’est cette intelligence qui lui a permis de faire une telle carrière.

Ce n’était pas difficile à vivre, cette exigence quotidienne pour un gamin de 12, 13, 14 ans, qui venait d’un coin paisible à l’autre bout du pays ?
Le niveau de compétition entre nous était très, très élevé. Je n’ai vécu ça qu’à River. Dans mes autres clubs, dans les différents rôles que j’ai eus par la suite dans le football ou aujourd’hui comme entraîneur, je n’ai jamais retrouvé ce niveau-là d’exigence. Tous les jours, il fallait se dépasser pour être meilleur que celui qui était à côté de toi. Tu ne pouvais rater aucun entraînement. Donc si, c’était difficile, mais à ce moment-là, pour moi, c’était juste normal. Et aujourd’hui, c’est ce que je recherche avec mes joueurs, et avec moi-même.

Tu es aussi de la génération de Gonzalo Higuaín.
Oui, j’ai fait toutes ces années-là avec le Pipa. C’était un cas différent de Falcao, qui lui était mature physiquement et mentalement dès l’adolescence. Higuaín a eu ce qu’on appelle en éducation physique une « maturité tardive » , il a explosé plus tard, à 17 ans. On voyait qu’il avait un grand talent, mais avant ce déclic, cette transformation physique et mentale, personne au club n’imaginait qu’il jouerait trois Mondiaux et qu’il deviendrait l’attaquant du Real Madrid. Falcao, lui, on savait tous qu’il deviendrait une star.

« J’étais un cas un peu spécial, parce qu’à 17 ans, je savais que je voulais devenir entraîneur. »

Et toi dans tout ça ?
J’étais un cas un peu spécial, parce qu’à 17 ans, je savais que je voulais devenir entraîneur. J’avais compris que pour être un joueur de haut niveau, il fallait des conditions physiques et athlétiques que je n’avais pas. À 18 ans, j’ai donc commencé à me former comme entraîneur, tout en suivant des études de psychologie. C’est tout ce dont on parlait précédemment qui m’a mis sur cette voie : observer comment le Pipa a explosé du jour au lendemain, comment Falcao dominait son sujet grâce à cette force mentale supérieure à nous tous... J’ai compris que dans le football, on faisait la différence avec la tête plus encore qu’avec les pieds. Je devais donc me former techniquement et tactiquement, mais aussi sur toute la partie mentale. J’étais encore à River quand j’ai commencé la fac : je m’entraînais le matin, j’allais à l’université de Palermo l’après-midi et je faisais du travail en salle le soir.

Tu deviens très vite l’un des plus jeunes entraîneurs du football argentin. Comment vient ta première opportunité ?
À 22 ans, j’obtiens mes diplômes d’entraîneur et de psychologue et je décide d’arrêter ma carrière, mais le Club Atlético Fénix, qui évoluait en deuxième division, me propose de signer chez eux. Je dis que moi, je veux entraîner, que n’importe quelle catégorie de jeunes m’irait bien. Le directeur sportif m’explique que je gagnerais mieux ma vie comme joueur, mais dans ma tête c’était fini, je m’étais préparé pour entraîner, c’est la seule chose qui m’intéressait. Ils me donnent donc les U16, puis les U18, puis les U20, avec à chaque fois de très bons résultats. À 26 ans, je me retrouve coach de l’équipe première. La moitié des joueurs de l’effectif étaient plus âgés que moi, avec une belle trajectoire dans le foot local. C’était particulier, mais ça s’est très bien passé.

« J’ai profité de mon absence de carrière pour diriger des équipes de jeunes, m’occuper d’un centre de formation, être psychologue de l’équipe professionnelle de Banfield en première division argentine... »

Ton profil est celui de nombreux entraîneurs argentins, à commencer par le maître, Marcelo Bielsa.
Nous tous qui n’avons pas vraiment eu de carrière de joueur, on a comme avantage d’avoir eu beaucoup plus de temps pour nous former. Un joueur en général arrête à 35 ans et commence sa formation à ce moment-là. Moi, j’ai commencé à 18 ans. Aujourd’hui, j’en ai 34, et depuis mes 11 ans je suis dans un club de football, c’est mon unique travail. J’ai profité de mon absence de carrière pour diriger des équipes de jeunes, m’occuper d’un centre de formation, être psychologue de l’équipe professionnelle de Banfield en première division argentine... Tout ça te forme, t’aide à avoir une approche plus complète du métier d’entraîneur.

À Banfield, tu travailles notamment avec Claudio Vivas, l’adjoint historique de Bielsa.
Oui, et aussi avec Julio Falcioni, champion avec Boca. Dans l’équipe, il y avait quelques figures du championnat argentin, comme Walter Erviti, Nicolas Bertolo... Claudio Vivas est quelqu’un de très noble, un travailleur infatigable, avec une méthodologie de travail bien définie. Des caractéristiques qu’on retrouve bien sûr chez Bielsa, dont il a accompagné toute l’évolution dans le foot pro depuis leurs débuts ensemble à Newell’s. Mes deux années à ses côtés ont été très riches en apprentissage. Moi, j’étais chargé de potentialiser la force mentale des joueurs pour qu’ils puissent être à 100% de leurs capacités.

L’entraîneur argentin est très coté dans le reste du continent. Comment te retrouves-tu dans le championnat panaméen, en 2019 ?
Cette année-là, j’avais fait des formations en psychologie du sport à la Fédération du Costa Rica et à celle du Guatemala. J’étais passé par le Panama, où j’ai de la famille, et j’avais rencontré les dirigeants de Costa del Este, qui m’avaient posé quelques questions : comment je ferais mes équipes ? Comment je vivais le football ? Peu de temps après, ils m’ont fait une offre pour entraîner l’équipe. J’ai contacté ma famille, je leur ai demandé à quoi ressemblait le football là-bas. L’idée et le projet m’ont plu et j’y suis allé.


Et alors, à quoi ressemble le football en Amérique centrale ? Le Panama avait disputé son premier Mondial en 2018, le Costa Rica était allé en quarts en 2014...
Il y a beaucoup de différences d’un pays à l’autre. Par exemple, le Panama et le Honduras ont des joueurs très physiques, très rapides. Le Guatemala, le Costa Rica et Nicaragua ont un football moins physique, mais beaucoup plus technique. C’est très lié à la morphologie des joueurs. Le football de la zone CONCACAF est en progrès, mais il n’est pas encore à la place où il devrait être. Il y a encore de gros manques, surtout sur le plan structurel. C’est une région coincée entre l’Amérique du Nord, avec des pays qui ont des ressources largement supérieures, et l’Amérique du Sud, qui a une culture foot largement supérieure. En Argentine, en Uruguay ou au Brésil, tous les gamins veulent jouer au foot. Ici, ils aiment autant le baseball et la boxe que le foot.

« Je le dis souvent, parce qu’il y a beaucoup de préjugés à l’étranger, mais ici au Nicaragua, on peut mener une vie tranquille. »

Après avoir été élu meilleur entraîneur du championnat panaméen, tu es devenu sélectionneur du Nicaragua, 147e au classement FIFA. Ça se passe comment ?
J’ai tout ce qu’il faut à disposition, tout le monde fait de gros efforts pour qu’on puisse bien travailler et que le football se développe dans le pays. Ça commence à porter ses fruits. Lors du premier match des éliminatoires, contre les îles Turques-et-Caïques, on a gagné 7-0, le plus gros score de l’histoire du pays. Après, on est conscients de nos moyens limités. Le cœur te donne parfois ce que les ressources économiques ne t’offrent pas. Les supporters sont très passionnés ici, ils sont pleins d’espoir à chacun de nos matchs contre les autres nations. Là, l’objectif est de se qualifier pour le deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde, ce serait seulement la deuxième fois que le Nicaragua y arrive. Le match contre Belize va être difficile, et Haïti a des joueurs qui évoluent en France, en Belgique, en Bulgarie, à Chypre, en MLS, donc c’est clairement le favori. Celui qui veut remporter ce groupe va devoir nous battre, et on ne va rien offrir à personne.

En France, ces derniers temps, on parle surtout du Nicaragua pour ses événements politiques. Ça n’a pas de conséquence sur ton travail au quotidien ?
Il y a eu une crise politique et sociale en 2018, mais elle est terminée. Je le dis souvent, parce qu’il y a beaucoup de préjugés à l’étranger, mais ici au Nicaragua, on peut mener une vie tranquille. Les gens sont chaleureux, c’est un pays sûr par rapport aux autres de la région, il n’y a pas de maras (gangs) comme au Honduras, au Salvador ou au Guatemala.

C’est quoi, l’avenir, pour toi ?
J’ai un plan de carrière en tête, ça se passe plutôt bien pour l’instant, mais honnêtement là, je ne pense qu’à ces éliminatoires. On ne joue ça que tous les quatre ans, et ça m’excite beaucoup.

Propos recueillis par Léo Ruiz
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