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Hergault : « À Luzenac, j'étais en charge des bières »

À 34 ans et 322 jours, le latéral lorientais Jérôme Hergault est devenu le joueur français le plus âgé à inscrire son premier but en Ligue 1. C’était le 21 février 2021 face au LOSC, trois mois après avoir disputé ses premières minutes parmi l’élite, déjà face à cette même équipe lilloise. Entretien avec ce titulaire d’un master en droit de la santé, qui revient sur son parcours pittoresque dans lequel l’humain et le houblon ont toute leur place. À l’inverse de la cupidité, ou de la sieste.

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Quand on atteint la Ligue 1 à 34 ans, est-ce qu’on rêve de la Ligue des champions à 40 ?
Malheureusement, je ne crois pas. Je suis au max, mais c’est déjà bien. Je suis content d’avoir commencé en bas de l’échelle et de finir au plus haut niveau, le sens inverse est plus fréquent.

« Certains ont tout un rituel qui va avec le match. Moi, je n’ai pas besoin d’une routine. »
Ton entraîneur, Christophe Pélissier, avec lequel tu as aussi évolué à Luzenac, a souvent répété que tu t’adaptes au niveau auquel tu évolues. Comment l’expliques-tu ?
Réfléchir aide beaucoup, je ne joue pas de la même façon selon les joueurs que j’affronte. En Ligue 1, tout va plus vite dans la zone de vérité, donc il ne faut pas faire d’erreurs de relance. En Ligue 2, il faut être prêt aux duels. Je trouve qu’en identifiant à chaque fois les caractéristiques intrinsèques à chaque niveau, c’est plus facile. Puis sur le terrain, je ne me pose pas beaucoup de questions et je ne pars pas avec un sentiment d’infériorité.

Il y a des joueurs qui t’ont impressionné, cette saison ?
C’est ce qui est marrant : d’un côté, je suis impressionné par la vitesse de Mbappé ou la technique de Neymar, mais de l’autre, je dois quand même leur rentrer dedans.



Tu étais titulaire lorsque Lorient a battu le PSG au Moustoir, c’est un moment qui restera ancré dans ta mémoire ?
Battre le PSG de l’ère qatarie, c’est forcément un beau souvenir. Dans une carrière, ce n’est pas donné à n’importe qui. Je n’ai pas eu à attendre longtemps, c’est l’avantage de commencer sur le tard. (Rires.)

« Si je devais donner un conseil à un jeune, je lui dirais de ne pas lâcher et de croire en sa bonne étoile. »
Tu viens du monde amateur, est-ce que ça change quelque chose dans ta manière de travailler et d’appréhender les matchs ?
Je pense que je suis plus détaché. Certains ont tout un rituel qui va avec le match. Moi, je n’ai pas besoin d’une routine. J’ai disputé beaucoup de rencontres dans ma carrière, et on n’était pas toujours dans des conditions parfaites pour les préparer, j’ai donc gardé une certaine capacité d’adaptation.

À l'inverse de certains pros, tu n’es pas fan des massages et tu ne fais pas la sieste. En revanche, ton coach a révélé que tu t’es récemment mis à la muscu...
Je n’ai jamais fait la sieste, je ne vais pas m’en inventer quand j’arrive en Ligue 2 ou en Ligue 1. Pour les massages, je suis passé par beaucoup de clubs dans lesquels on n’avait pas de kiné. On s’adapte, et le corps apprend à faire sans, même si actuellement je suis quand même obligé d’y aller une fois par jour à cause d’un pépin au genou. Et oui, Christophe dit vrai : j’ai vu qu’en Ligue 1, il y avait de beaux bébés, alors j’ai voulu mettre un atout de plus dans ma manche. Dans certains duels, ça peut aider. Et puis, ça me plaît. Au début de la saison, je ne jouais pas, et la muscu était une échappatoire pour évacuer la frustration.



Aujourd’hui, te définis-tu comme footballeur professionnel ?
Je considère qu’à partir du moment où je vis du foot, je suis professionnel. Depuis longtemps, on me paye pour jouer. Après, venir du monde amateur permet de prendre plus de recul et de ne pas oublier de prendre du plaisir.

« Avec Luzenac, on a renversé des montagnes ! »
Comme toi, beaucoup de joueurs talentueux passent sous les radars, car ils n’intègrent pas de centre de formation. Accorde-t-on trop d’importance à cette voie royale pour atteindre le haut niveau ?
Le problème, c’est que les places sont chères et qu’on voudrait faire croire que les clubs détiennent la vérité. Mais en réalité, plein de joueurs sont d’abord recalés avant de réussir ailleurs. Ça se joue tellement sur des détails... Si je devais donner un conseil à un jeune, je lui dirais de ne pas lâcher et de croire en sa bonne étoile.

À 22 ans, tu jouais encore en amateur en DH à Lavaur, puis en CFA à Luzenac.
C’est la période au cours de laquelle je me suis le plus régalé, je faisais du foot et j’étais à la fac de droit à Toulouse : que du bonheur ! J’avais un petit salaire pour me payer mes cafés.



À cette époque, Toulouse était déjà une ville étudiante renommée ?
Oui. Je connaissais bien la place Saint-Pierre, le repère des étudiants. J’y étais un habitué, tout en sachant faire la part des choses. Il y avait évidemment déjà le fameux bar Chez Tonton, mais comme j’ai grandi à Toulouse avec tous mes amis, on avait nos adresses.

« J’ai l’impression qu’à la Ligue ou à la fédération, on est dans l’hypocrisie. »
À la fin de tes études, après avoir validé ton master en droit de la santé, Luzenac valide sa montée en National et tu décides de te consacrer exclusivement au foot.
Le timing était parfait, j’ai eu la chance de pouvoir terminer mes études et de vivre directement du foot ensuite. Quand on m’a fait la proposition, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. À l’époque, c’était déjà beau pour moi de jouer en National. Si ça ne s’était pas produit, mon objectif aurait été d’intégrer la direction d’un établissement de santé - ce vers quoi mon diplôme dirige - tout en jouant en CFA.

Quels souvenirs gardes-tu de Luzenac ?
De très bons, j’y suis resté sept saisons. Luzenac, c’était la famille. On n’était pas les meilleurs, mais on devenait injouables du fait des liens qui nous unissaient. On a renversé des montagnes ! Par exemple, on parle souvent de la montée en Ligue 2 refusée par la LFP en 2014, mais on avait déjà gravi un échelon en passant de CFA à National en 2009. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est vraiment grâce à Luzenac et toutes ces belles amitiés. D’ailleurs, on a encore un groupe WhatsApp très vivant dans lequel on continue de se chambrer.

Et pendant toutes ces saisons, tu étais en charge du ravitaillement en bières lors des déplacements...
C’était le rôle qui m’était assigné, oui. Les déplacements en bus pouvaient durer jusqu’à dix heures et au retour, c’était parfois l’apocalypse. Alors, on avait le droit à quelques bières après le match. Les plus âgés passaient commande, et je m’occupais du reste.



« S’il y autant d’argent qui rentre, ça veut dire que les clubs sont prêts à payer et c’est leur problème. »
Récemment, la deuxième chambre de la cour administrative de Bordeaux, suivi du Conseil d’État, ont annulé la décision de la LFP qui avait refusé en 2014 la montée de Luzenac en Ligue 2 pour des raisons financières et structurelles. Six ans après les faits, comment as-tu vécu ce retournement de situation ?
Honnêtement, j’ai été un peu indifférent au verdict dans le sens où on est arrivé à un stade ridicule. Six ans après, finalement, ça nous fait une belle jambe. On a eu un papier pour la forme, mais dans le fond, le club s’est écroulé, des carrières se sont dégradées, des personnes n’ont pas été récompensées de leur investissement... Il faut vraiment gérer ces histoires plus rapidement, car six ans après, tout le monde a oublié.

Tu en veux à la LFP ?
J’ai l’impression qu’à la Ligue ou à la fédération, on est dans l’hypocrisie. On aime bien raconter des exploits et des belles histoires, mais dans les faits, on ne fait rien. Ils auraient dû accompagner le club. Il ne faut pas oublier qu’à la base, Luzenac est un village de 1000 âmes. On ne peut pas être aussi strict avec ce club qu’avec un autre situé dans une métropole de 300 000 habitants.

Et Fabien Barthez dans l’histoire, le directeur général de Luzenac de décembre 2013 à septembre 2014, tu t’entendais bien avec lui ?
Je le connaissais car il venait au club, mais le rapport qu’on avait avec lui était différent de celui qu’on avait avec les autres dirigeants. C’est un mec sympa avec une aura, mais on gardait une certaine distance.

Après Luzenac, tu as réussi à rebondir au Red Star qui évoluait à l’époque en National.
Dans ma situation, je n’avais plus de temps à perdre et je ne voulais pas terminer sur cette mauvaise note. J’ai entendu que le Red Star cherchait un joueur à mon poste, alors j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai appelé le président. J’ai eu de la chance de tomber sur une personne réceptive.



Aujourd’hui, tu fonctionnes encore sans agent. Comment t’y prends-tu pour trouver un club et négocier ton salaire ?
J’imagine que ça doit être utile d’avoir un agent dans ces moments-là, mais je préfère faire quelque chose qui me ressemble, dans la continuité de mon parcours. Par exemple, quand je suis arrivé à Lorient, j’ai rencontré le directeur sportif du club. Même si j’essaye de ne pas me faire arnaquer, je ne joue pas pour l’argent et je n’étais donc pas là en train de négocier des tickets restos.

« Il s’est passé un truc, j’ai l’impression que le groupe a pris conscience que descendre serait un échec, et on est désormais plus acteurs de notre destin. »
Tu comprends que certains footballeurs gagnent des millions, en France ?

Oui, car il y a une économie derrière. S’il y a autant d’argent qui rentre, ça veut dire que les clubs sont prêts à payer, et c’est leur problème. Mais avec la crise des droits TV, on s’aperçoit qu’il faudrait peut-être apporter des modifications. Beaucoup de clubs font des paris, ils dépensent sans avoir les liquidités, et on comprend bien que c’est une économie fragile.

Revenons à une autre de tes caractéristiques : le nombre incroyable de montées que tu as vécues.
J’aime bien les compter : ça doit faire six ou sept, et deux barrages d’accession perdus. C’est sûr qu’en matière d’émotions, j’ai été servi. Certains disent que je suis le spécialiste des montées, mais ça dépend aussi des projets dans lesquels tu t’investis. En tout cas, celle qui me rend le plus fier est la première avec Luzenac de CFA à National. C’est mon meilleur souvenir, car elle relève plus de l’amitié que du talent. À la base, on jouait le maintien et on se retrouve à dépasser les cent points. Avec un effectif d’une douzaine de joueurs vraiment disponibles et deux entraînements par semaine, parce que le coach faisait sauter la troisième séance quand on gagnait. Et comme c’était le cas tout le temps...

Avec Luzenac, tu as aussi arraché des maintiens in extremis en 2012 et 2013 avant de faire le même coup avec Lorient. Tu es un véritable porte-bonheur ?
Porte-bonheur, je ne sais pas. Je suis quand même descendu une fois, et j’ai eu de la chance que des saisons bancales se terminent bien. Mais ça a forgé mon mental, je ne suis pas du genre à lâcher parce qu’on est en mauvaise posture à dix journées de la fin.



Tu entres justement dans la dernière ligne droite du championnat, avec les Merlus. Vous êtes actuellement dix-septièmes à égalité de points avec le barragiste, et après avoir réussi à redresser la barre en 2021, comment sens-tu cette fin de saison ?
Bien. Depuis la phase retour, on est plus cohérents, et ça se concrétise mathématiquement. À la mi-saison, on avait 12 points et on est maintenant à 29. Il s’est passé un truc, j’ai l’impression que le groupe a pris conscience que descendre serait un échec, et on est désormais plus acteurs de notre destin.

« Si mon corps me le permet, je me vois revenir dans mon club à Lavaur. »
Tu boucles aussi ta neuvième saison avec Christophe Pélissier, qui faisait partie de l'aventure à Luzenac. Quelle relation as-tu avec lui, après toutes ces années ?
Notre relation s’est lissée avec le temps. Plus bas, on pouvait se permettre de sortir du cadre footballistique. Mais en montant les échelons, on ne peut pas évoluer comme dans le passé. En Ligue 1, il n’y a pas de passe-droit. Car vis-à-vis des coéquipiers, le moindre statut particulier créerait de l’incompréhension.

Tu vas fêter tes 35 ans, et ton contrat se termine en juin. Une prolongation serait le cadeau idéal de la part du FC Lorient, non ?
Faire des plans sur la comète avant l’heure, ce n’est pas vraiment mon truc. La suite ne me fait pas peur, car je me suis souvent retrouvé dans des situations plus précaires. Alors, j’aime bien prendre le problème à l’envers : je me concentre pour être performant jusqu’à la fin de la saison et obtenir le maintien et après, au pire je n’aurai rien à me reprocher, au mieux on me récompensera. Dans tous les cas, je suis content d’avoir découvert la Ligue 1.

Ton après-carrière, comment l’imagines-tu avec ton master en droit de la santé ?
C’est mon dilemme, je ne suis pas sûr d’être capable de rester enfermé huit heures par jour dans un bureau. Et puis, je ne sais pas encore si je veux couper avec le foot. Être éducateur et travailler avec des jeunes, ça pourrait me plaire.



Tu retourneras jouer en amateur ?
Oui, c’est sûr ! Si mon corps me le permet, je me vois revenir chez moi à Lavaur.

« À la base, je suis fan d’équipes comme le Barça époque Xavi-Iniesta-Messi. »
Toi qui as évolué dans plusieurs équipes à des niveaux différents, quel type de football aimes-tu le plus ?
À la base, je suis fan d’équipes comme le Barça époque Xavi-Iniesta-Messi. C’est l’excellence. Mais comme je suis incapable de jouer ainsi, j’aime bien le foot qui percute. Avec de l’intensité, des duels et de la vie. Un peu dans le style anglais.

Tu pourrais terminer ta carrière à l’étranger ?
C’est un peu tard, et la question ne s’est jamais posée. Je trouve que c’est une super expérience, notamment concernant l’aspect linguistique. Mais à titre personnel, je suis trop attaché à mes proches pour partir loin. À Lorient, c’est parfait : je peux fréquemment prendre l’avion pour retourner à Toulouse, même si c’est un peu long parce que je dois passer par Nantes. Il faudrait que je réclame une ligne directe ! Quoique, s’il ne me reste que deux mois, ça ne servirait peut-être pas à grand-chose.

Propos recueillis par Tara Britton
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