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Flynt : « Il faut donner plus d'amour au PSG »

Comme Gianluigi Buffon, dont il est l'aîné de quelques mois, Flynt exerce son art de façon professionnelle depuis 1995. Vingt-trois années de carrière, durant lesquelles le rappeur du 18e aura sorti autant d'albums que Gigi a fréquenté de clubs. Trois. Dont le dernier, Ça va bien se passer, est sorti il y a quelques semaines. L'occasion pour lui d'évoquer le PSG, Mamadou Sakho, les supporters lensois, Daniele De Rossi, Thomas Tuchel, les Bleus et Vegedream.

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À chaque fois qu'on te demande quand est-ce que tu as commencé à travailler sur ton dernier album, Ça va bien se passer, tu réponds : « En 2016, pendant l'Euro » . Est-ce que comme la plupart des fans de foot, tu te rappelles les dates grâce à l'actualité foot du moment ?
Pas forcément, même si je me souviens avoir rencontré ma femme durant la Coupe du monde 2006, et que celle de 2010 a eu lieu peu après la naissance de mon premier enfant. Il avait à peine un an, mais je tenais à ce qu'on la regarde ensemble. Je me rappelle avoir commencé l'album durant l'Euro, parce que le premier morceau sur lequel j'ai travaillé était celui avec le Belge JeanJass. Je suis parti enregistrer chez lui, et le soir même, on a regardé le quart de finale entre la Belgique et le pays de Galles, dont l'issue a beaucoup déçu JeanJass (la Belgique s'est inclinée 3-1, N.D.L.R.). Et j'ai fini l'album durant la dernière Coupe du monde, puisque j'attendais la finale pour enregistrer le morceau « Champions du monde » , qui retrace le parcours de l'équipe de France, des poules jusqu'au sacre.


Comment est né ce morceau ?
Début 2018, j'avais déjà en tête de faire un morceau sur les Bleus s'ils gagnaient la Coupe du monde.
« Mon morceau est l'anti "Ramenez la coupe à la maison" de Vegedream. C'est tout l'opposé. Il n'y a pas de refrain. Je ne voulais pas surfer sur le buzz. »
Je voulais retracer de manière journalistique leur parcours. J'avais pris des notes pendant toute la compétition, avec mes impressions, mais sans construire le morceau. Ce n'est qu'après la demi-finale contre la Belgique que je me suis mis à véritablement écrire. Là, je voyais comment j'allais construire le morceau. Ce qui est plaisant avec ce genre de morceau, c'est que le scénario est déjà écrit. Je n'avais qu'à sélectionner les événements marquants, pour les mettre en rimes et en images. Ce n'est pas le morceau le plus compliqué que j'aie eu à faire. Je l'ai écrit en dix jours, ce qui est relativement court pour moi.

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Tu n'aurais pas préféré que ce morceau sorte juste après la finale ?
Non, parce que c'est l'anti « Ramenez la coupe à la maison » de Vegedream. C'est tout l'opposé. Il n'y a pas de refrain. Je ne voulais pas surfer sur le buzz, c'est un morceau pour l'histoire.



« Je suis parisien, je supporte Paris. Ça me semble normal. »
Comment es-tu tombé amoureux du PSG ?
Quand tu es petit, tu es influençable, et la grosse équipe du début des années 1990, c'était Marseille. Mais pour moi, ça a toujours été naturel de supporter Paris. Je ne me suis jamais posé la question, et je n'ai pas eu de père ou de frère pour m'influencer. Je suis parisien, je supporte Paris. Ça me semble normal. Si j'avais été toulousain, j'aurais supporté le TFC, et j'aurais trouvé ça évident. Avant, j'en voulais aux Parisiens qui supportent Marseille. Je n'arrivais pas à comprendre, je m'engueulais avec des potes qui étaient pour l'OM. « Mec, t'as jamais foutu les pieds à Marseille ! Là-bas, ils s'en foutent de ta gueule, ils n'ont pas besoin de toi ! » Aujourd'hui, je suis beaucoup plus tolérant, je m'en fous un peu. Chacun fait ce qu'il veut, il n'y a pas de règle.

Dans le morceau « Dos rond » , tu dis que tu espères que Paris atteindra les demi-finales de la Ligue des champions. C'est ça, le nouvel objectif des supporters ?
On vise toujours la victoire finale, mais vu les résultats de ces dernières années, ce sera déjà pas mal d'aller en demi-finale.

Il manque quoi au Paris Saint-Germain pour gagner cette Ligue des champions ?
Qu'on leur donne encore plus d'amour, peut-être. Parce qu'en dehors de ça, ils ont tout. Ce sont les meilleurs joueurs du monde, avec les salaires, les infrastructures et l'entraîneur qui vont avec. C'est difficile de savoir ce qui bloque pour aller plus haut. Y a-t-il un problème au niveau du président, de l'ambiance dans le vestiaire ? Après, des équipes compétitives, il y en a quelques-unes, ce n'est pas parce que tu ne gagnes pas la Ligue des champions que t'es mauvais. Et c'est grâce à cette incertitude qu'on aime le foot. Ce n'est pas parce que tu es le plus riche, ou que tu as les meilleurs joueurs, que tu vas gagner. Il y a tout un tas de paramètres qui entrent en compte, et c'est tant mieux.

« On entend souvent qu'il faut attendre avec les jeunes, mais si les mecs sont chauds, il faut y aller ! Si le mec est un crack, vas-y, fonce avec lui, on s'en fout de son âge ! »
Tu ne trouves pas que l'effectif du PSG est bizarrement construit ? On peut même se demander s'il n'est pas plus faible que la saison passée...
Je ne partage pas vraiment ce sentiment, j'ai au contraire l'impression qu'ils sont armés dans toutes les lignes. Et en plus, Tuchel intègre des jeunes, et c'est ce qu'il manquait à Paris ces dernières années. C'est bien que Diaby, Nsoki, Dagba et d'autres aient un peu de temps de jeu. On entend souvent qu'il faut attendre avec les jeunes, mais si les mecs sont chauds, il faut y aller ! Si le mec est un crack, vas-y, fonce avec lui, on s'en fout de son âge ! Par exemple, je trouve qu'on a trop attendu avec Rabiot, on a mis du temps avant de lui faire confiance. Au départ, on ne sait pas trop ce qu'ils valent, vu qu'ils arrivent, mais il faut leur laisser la possibilité de montrer ce qu'ils savent faire. Je préfère qu'ils fassent comme ça, plutôt que de recruter des joueurs de niveau parfois équivalent à l'étranger. Il est temps que le club envoie des signaux à toute l'Île-de-France, pour que tous les gamins de la région sachent qu'il est possible de réussir au PSG. On a eu de mauvaises expériences avec Augustin ou Maurice, qui ne sont pas des mauvais joueurs, mais qui n'ont pas été mis dans les meilleures dispositions mentales pour être en confiance et éclore pleinement, et il semble qu'aujourd'hui, on fasse plus attention à ces jeunes. Donc ils pourraient avoir une meilleure carte à jouer que leurs prédécesseurs, ce qui serait un signal très positif. Donc non, je n'ai pas le sentiment que l'effectif soit moins fort cette saison. Je pense simplement qu'il y a des points d'interrogation sur des jeunes qu'on connaît mal, mais dont certains pourraient bien se révéler être des cracks.


« Quand le public est à fond derrière moi en concert, qu'il connaît les paroles, qu'il se sent concerné, ça me pousse, c'est une force. Quand j'entends parler de 12e homme, je le comprends parfaitement. »
En tant que supporter, c'est également plus excitant d'avoir des mecs du coin dans son équipe...

Bien sûr, c'est pour cela que Sakho était le chouchou du Parc. De même, j'apprécie Rabiot parce qu'il est francilien.

Qu'est-ce que tu as pensé de l'absence de Rabiot dans la liste des 23 pour la Coupe du monde ?
Il faut voir avec qui il était en concurrence : Tolisso, Nzonzi, Kanté, Matuidi... En plus, je pense que des choses se sont passées en coulisses. Je ne le jugerai pas sur sa réaction, je ne suis pas à sa place. C'est trop facile de critiquer quand on ne sait pas tout. Au premier abord, il est naturel de trouver cela maladroit, il hypothèque probablement ses chances de devenir un international indéboulonnable, mais encore une fois, on n'est pas à sa place. S'il a fait ça, c'est qu'il avait ses raisons, on peut comprendre sa déception et sa frustration.



Le spectacle footballistique est désormais plus conçu pour les téléspectateurs que pour les gens qui se déplacent au stade. C'est tout de même un problème, non ?
Si on fait le parallèle avec les concerts, c'est sûr que le public tient un rôle essentiel. Au stade, tu ne t'en rends pas forcément compte. Tu te dis que c'est pareil, que tu fasses du bruit ou pas. Alors que non. Quand je joue et que le public est à fond derrière moi, qu'il connaît les paroles, qu'il se sent concerné, ça me pousse, c'est une force. Quand j'entends parler de douzième homme, je le comprends parfaitement. Nous, on est trois sur scène, et le quatrième homme, c'est le public. Après, les concerts ne sont pas diffusés à la télé, et je le regrette. Ce serait bien de développer ça.


Tout au long de ta carrière, tu as multiplié les références au foot dans tes morceaux. Parce que le foot est une métaphore de la vie ?
Quand je rappe « Fidèle à mes couleurs comme De Rossi » , je parle des couleurs de l'indépendance dans le rap. Et pour celui qui connaît, il n'y a pas plus bel exemple de fidélité que De Rossi, qui a fait toute sa carrière à la Roma. Le foot me permet de faire des comparaisons, des métaphores, des images, de ramener plus de sens. Parce que le foot est un reflet de la société. Quand je dis « J'ai toujours cette flamme, je passe mon temps à la raviver, comme un supporter sang et or, j'espère que l'argent va arriver » , si tu connais le contexte lensois, avec ces supporters à qui on a fait miroiter tant de choses, tu comprends tout de suite le parallèle que je fais avec ma carrière. Ils ont toujours la flamme, ils supportent leur équipe, même dans la difficulté. Et c'est pareil pour moi. Je m'accroche dans le rap, j'ai toujours envie d'y croire, de penser que ça va aller mieux. Et que l'argent va rentrer.

Propos recueillis par Mathias Edwards À écouter : Ça va bien se passer, le nouvel album de Flynt.
Flynt sera en concert le 5 décembre à Paris, le 8 décembre à Lille, le 13 décembre à Toulouse, et le 15 décembre à Lyon.
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