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Christophe Rodriguez : « Il y a beaucoup de matins où on a envie de tout lâcher »

Quatre ans, c'est long, surtout quand on s'appelle Luzenac. Depuis l'été 2014 et son interdiction d'accéder à la Ligue 2, le petit club de l'Ariège réclame justice devant les tribunaux. En septembre, Christophe Rodriguez, le président de l'association, a essuyé une nouvelle déception à la suite de la décision du tribunal administratif de Toulouse de sanctionner la LFP à verser au club une somme de 2000 euros, tout en reconnaissant l'existence de deux fautes commises par la Ligue et son président de l'époque. Aujourd'hui, le Luzenac AP est plus que jamais dans une situation critique. Entretien avec un homme qui en a gros sur la patate.

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Vous avez récemment annoncé faire appel du jugement rendu le 24 septembre par le tribunal administratif de Toulouse. On a l'impression que Luzenac passe son temps devant la justice depuis quatre ans...
Un peu trop à mon goût, oui... Mais je pense que c'est une stratégie de la Ligue professionnelle et de la Fédé, qui font traîner dans le temps cette affaire. Les juges de première instance au tribunal administratif ont pourtant reconnu des erreurs de leur part, sans prendre la décision de pouvoir nous dédommager correctement, alors qu'on a eu des pertes énormes. Donc le président de la SASP (Jérôme Ducros) et ses avocats ont décidé de continuer le combat pour que justice soit faite.

On rappelle que la LFP a été condamnée à vous verser 2000 euros, alors que vous réclamiez près de 40 millions d’euros. Est-ce qu'on pouvait s'attendre à un tel jugement ?
« Si on se fait flasher par un radar, on a fauté, on est sanctionné. Eux, ils fautent, mais ils ne sont pas sanctionnés. Je ne comprends pas... »
Bien sûr que non ! Si on s'était attendus à ce résultat, on n'aurait pas continué le combat. Je tiens à préciser que les 2000 euros correspondent à la sanction pour le dérapage de l'ancien président de la LFP, M. Thiriez. (Il avait manqué à son droit de réserve en s'exprimant publiquement contre un éventuel championnat à 21 équipes à l'été 2014, N.D.L.R.) Pour le reste de l'histoire, on n'a pas eu de dommages et intérêts. Et pourtant, le juge a reconnu les fautes ! C'est là que ça devient incompréhensible, toute faute demande réparation. Nous les premiers, si on se fait flasher par un radar, on a fauté, on est sanctionné. Eux, ils fautent, mais ils ne sont pas sanctionnés. Je ne comprends pas...


Comment avez-vous vécu cette décision ? Ça doit être un sacré coup sur la tête, non ?
On s'est senti écœurés, dépités, anéantis...(Il laisse un silence.) Après la décision du tribunal, on a décidé de ne pas trop communiquer. On s'est laissé du temps pour analyser la situation tous ensemble. On a attendu la décision de M. Ducros et on a décidé de faire de nouveau appel après une réflexion collective.

Comment pouvez-vous expliquer ces difficultés à gagner vos combats devant la justice depuis 2014 ? Les instances du football français sont trop puissantes ?
« Ils continuent à nous enfoncer, on avait de l'eau jusqu'au menton et maintenant, on est au-dessus de la bouche quoi. »
Mais bien sûr qu'elles sont trop puissantes ! Je pense déjà que l'État leur laisse trop de pouvoir. Ils ont une puissance énorme parce qu'ils brassent beaucoup, beaucoup d'argent, tout simplement. Et surtout, ils ont tous oublié les valeurs des clubs et ils ont bafoué l'éthique sportive. Je rappelle quand même qu'au départ, on a gagné cette promotion (en Ligue 2) sur un terrain d'herbe pendant une saison de 38 matchs. Ils continuent à nous enfoncer, on avait de l'eau jusqu'au menton et maintenant, on est au-dessus de la bouche quoi. Ils ne se rendent pas compte des conséquences sur une association qui gère plus de 300 licenciés !

Le 27 septembre, vous avez publié sur le compte Facebook du club un communiqué intitulé : « On n'est pas encore mort, mais... » Luzenac est aujourd'hui en grand danger ?
On est dans une situation très précaire, oui. Toutes les ressources diminuent. Les collectivités territoriales continuent à nous aider, mais beaucoup moins qu'avant. Les sponsors privés, c'est pareil. On est finalement confronté à des difficultés que connaissent beaucoup de clubs amateurs, peut-être accentuées par notre situation particulière depuis quatre ans.


Vous avez également annoncé la future mise en place de plusieurs actions. En quoi cela va consister ?
Nous sommes en train d'y travailler. On pense faire plusieurs actions au quotidien pour montrer notre mécontentement. Je ne vais pas tout divulguer parce qu'il faut garder un petit effet de surprise. Mais je peux déjà vous dire que nos équipes seniors vont jouer avec un brassard noir, afin de montrer qu'on est en deuil. On va aussi lancer des pétitions, un comité de soutien pour permettre aux gens de nous aider. On va tout faire pour continuer de survivre.



Justement, comment les gens vont-ils pouvoir aider Luzenac ?
« On va essayer de faire une trésorerie qu'on basculera directement sur l'association afin de sortir la tête de l'eau et continuer de faire vivre notre club de football au mieux possible. »
Comme je le disais, il va y avoir ce comité de soutien par l'intermédiaire d'une association qui va s'appeler « Les amis du LAP » . Il y aura la possibilité de faire des paiements en ligne, on va recevoir directement sur une adresse postale des chèques et des engagements financiers contre un bon Cerfa que les gens pourront déduire des impôts. Tout ça pour essayer de faire une trésorerie qu'on basculera directement sur l'association afin de sortir la tête de l'eau et continuer de faire vivre notre club de football au mieux possible.

Il faut dire qu'on parle davantage de Luzenac pour ses démêlés devant la justice que sur les terrains de foot. Où en est le club actuellement au niveau sportif ?
On a fait trois ans avec un entraîneur qui nous a fait remonter en N3, avant de redescendre l'année dernière. Il a décidé de prendre du recul parce que lui aussi était essoufflé par toute cette histoire. On est désormais reparti avec un nouveau staff et on essaie de mettre en place un nouveau projet avec un entraîneur à temps plein qui s'occupe de la formation. L'objectif va être d'essayer de faire travailler les jeunes du club qui viennent alimenter les équipes seniors. On va bosser là-dessus pour éviter d'avoir à aller chercher des joueurs à l'extérieur.

Luzenac reste une place forte du football en Ariège ?
« Aujourd'hui, on est moins visible, mais on souhaite que ça puisse recommencer en stabilisant au moins le club en N3. »
De 2009 à 2014, on a été la locomotive de ce petit département. En National, il y avait du monde pour les matchs à la maison, des bénévoles et des passionnés. On a toujours voulu véhiculer une image positive du département à travers notre club de foot et on avait réussi à atteindre cette notoriété. Aujourd'hui, on est moins visible, mais on souhaite que ça puisse recommencer en stabilisant au moins le club en N3 (l'équivalent de la cinquième division, N.D.L.R.) pour commencer.

Lors du match entre Toulouse et Saint-Étienne au Stadium le 25 septembre, les supporters toulousains ont déployé une banderole où il était écrit « Soutien à Luzenac. » Il n'y a pas eu des clubs professionnels de la région, comme le TFC, qui ont pu vous proposer un coup de main ?
Non, pas du tout.

Ça vous déçoit ?
« En France, c'est ça la démocratie... Tout le monde trouve son intérêt quelque part. »
(Il réfléchit.) Je pense que c'est le milieu qui veut ça. Disons que je suis un peu attristé, oui. On s'aperçoit que le soutien vient surtout des supporters, pas des clubs. Mais bon, ils sont aussi tous tenus par les instances, ils n'ont peut-être pas la possibilité de s'exprimer correctement. En France, c'est ça la démocratie... Tout le monde trouve son intérêt quelque part.

Béziers est monté en Ligue 2 en parvenant à passer, un peu difficilement, l'épreuve de la DNCG. Ça ne vous a pas rappelé Luzenac en 2014 ?
Oui, ça nous a rappelé quelque souvenirs... En plus, on a un ancien joueur qui joue à Béziers. J'ai suivi un peu le dossier, mais entre 2014 et 2018, la LFP a changé ses statuts que je ne maîtrise pas forcément. Avant eux, il y avait aussi eu Bourg-Péronnas en 2015. Mais ce sont deux grandes villes par rapport à Luzenac. Tant mieux pour eux, ils ont atteint leur objectif, nous ça n'a pas été le cas. Je pense qu'on aurait pu réussir nous aussi à cet échelon.

Comment faites-vous pour ne pas être dégoûté du foot après une telle descente aux enfers ?
« Là-haut, le monde des instances a oublié. Je pense qu'ils ont tous oublié d'où ils venaient. Enfin je dis ça, mais je ne suis pas certain qu'ils soient nombreux à avoir joué au foot dans ces bureaux. »
Il y a beaucoup de matins où on a envie de tout lâcher... Sauf que derrière, je me dis que le football m'a tellement apporté, notamment quand j'étais gamin. Décrocher une montée en Ligue 2 avec Luzenac, c'était un rêve et une réussite énorme pour moi. Aujourd'hui, je suis écœuré. Ne me demandez pas de regarder un match professionnel à la télé. Pour moi, les vraies valeurs, elles sont véhiculées le samedi aprem ou le dimanche matin par toutes ces équipes de jeunes qui se donnent au maximum pour faire comme leurs idoles. Mais voilà, là-haut, le monde des instances a oublié. Je pense qu'ils ont tous oublié d'où ils venaient. Enfin je dis ça, mais je ne suis pas certain qu'ils soient nombreux à avoir joué au foot dans ces bureaux.

Est-ce que le club du Luzenac AP va réussir à tourner la page de cet été 2014 un jour ?
Je l'espère, je l'espère... Mon plus grand souhait, c'est juste de reconnaître qu'on était dans notre droit et qu'on soit dédommagé de toutes ces souffrances psychologiques. Derrière, il y a eu des familles victimes de cette injustice et ce n'est pas simple à surmonter. Il y a vraiment eu de la casse et je pense que personne n'est en mesure de l'évaluer.


Propos recueillis par Clément Gavard
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