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On a maté Italie-Irlande à Rome

Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome
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On a maté Italie-Irlande à Rome

Troisième match de poule de l’Italie depuis Rome. Pour le match de la qualification, sofoot.com a choisi le Trastevere.

Le Trastevere, c’est un peu la Rome éternelle. Les immeubles ont les façades jaunes comme le soleil et rouges comme le cœur. Il y a parfois du lierre aux fenêtres et des Vespas garées devant les portes d’entrées. Le Trastevere, c’est la Rome comme dans les chansons d’Antonello Venditti. C’est l’Italie qui semble immuable, mais qui change quand même. Ce sont des bistrots populaires qui se transforment en bars lounges dégueulasses pour accueillir les visiteurs. Le Trastevere est à la fois très beau et très énervant, comme n’importe quel endroit touristique de n’importe quelle capitale.
Voir un match de l’Italie dans ce quartier de l’ouest de la ville éternelle, c’est entendre des commentaires en dialecte romain, en italien, en anglais, en espagnol, en japonais. C’est aussi voir les autochtones faire les coqs devant les jeunes filles étrangères et défendre leur bout de territoire, un peu par conviction, un peu par folklore. Dans ce bar à quelques pas de la Piazza Santa Maria in Trastevere, Daniele, beaux yeux marron et T-shirt col en V, a décidé d’être italien jusqu’au bout. À son ami qui veut lui offrir une bière, il rétorque : « Non, on va pas boire de bière contre l’Irlande, paye plutôt ton Borghetti. » Le Borghetti, c’est de la liqueur de café, qui a l’effet excitant de la caféine et l’effet abrutissant de l’alcool ; l’idéal pour une soirée ballon rond. Va pour un premier Borghetti. « Va quand même falloir penser à marquer des buts, sinon on se qualifiera jamais » , analyse-t-il dans un élan de lucidité.

Le hic Chiellini

Il n’y a pas vraiment de bruit dans ce bar pour les standards en vigueur dans la Santiag. Quelques habitués du quartier sont descendus de chez eux voir le match entre copains. « Tu vois, je sais qu’il y a sans doute des joueurs impliqués jusqu’au coup dans les scandales de paris truqués sur la pelouse, mais j’y peux rien, dès que l’arbitre siffle, j’oublie tout et je rêve comme un gamin » , glisse un type avec une canne à un autre type avec une autre canne. L’ouverture du score d’Antonio Cassano fait le bonheur de tout le monde. Des locaux et des Américains, fascinés par ce spectacle si pittoresque dont ils ont entendu parler dans les guides touristiques. « C’est marrant, je croyais que tous les joueurs italiens étaient censés être beaux » , glisse une blonde rondouillette dans un accent certifié Oncle Sam en voyant le Peter Pan de Bari fêter son but.
Daniele, lui, continue sur sa soirée vert-blanc-rouge : « C’est moi qui régale la Grappa, et t’as pas intérêt à me demander une bière, encore moins une Guinness » , souffle-t-il à son pote. Bon, bah, allons-y pour l’eau de vie locale. Et puis, d’un coup, le brouhaha continu disparaît. « What happened ? » , demande, interloquée, une Américaine, plus brune et moins grosse que la précédente. Ce qu’il se passe, à vrai dire, est grave, comme le silence soudain l’atteste : Giorgio Chiellini, mal en point, semble souffrir le martyr et se tient la jambe. Les deux hommes à la canne, sans doute par solidarité, s’arrachent le peu de cheveux blancs qu’ils possèdent encore sur le crâne. « On n’est pas bien » , soupire l’un d’eux lorsque le joueur de la Juventus sort sur blessure. « Ça, non, on n’est pas bien » , rétorque l’autre. « Nous allons souffrir, mais souffrir, on a l’habitude » , renchérit le premier. La souffrance ne dure pas bien longtemps. Mario Balotelli inscrit un deuxième but, et tout le monde est trop occupé à embrasser son voisin pour commenter sa non-célébration. L’Italie passe, sans avoir fait grande impression, et disputera un quart de finale. « L’Euro commence vraiment maintenant » , beugle un Daniele un peu ivre. « Allez, mets-moi deux Borghetti, s’il te plaît. » L’aventure de la Nazionale continue.

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Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome

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