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Ma femme avant mon club

Anthony Cerveaux
4' 4 minutes
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Ma femme avant mon club

Une étude menée par l’Université de Bristol auprès des fans de Newcastle tend à montrer que, contrairement aux légendes urbaines, les supporters les plus passionnés préfèrent leur femme à leur équipe. Découpage de photos, pratique vaudou et résultats de psychologie biologique à l’appui.

« Le football, ce n’est pas une question de vie ou de mort. C’est bien plus important que cela » , aimait répéter William ‘Bill’ Shankly, le manager mythique du Liverpool FC de 1959 à 1974, dont les cendres furent dispersées sur la pelouse d’Anfield Road après sa mort en 1981. Cette phrase, élevée au rang d’adage outre-manche, a pourtant reçu un cinglant démenti de la part des supporters les plus septentrionaux – mais pas les moins fidèles – d’Angleterre, ceux de Newcastle United.

Une enquête commandée pour « s’amuser »

C’est la très sérieuse université de Bristol, membre éminente du Russel Group, rassemblant les vingt meilleurs établissements du pays, qui s’est lancée dans une étude sur la psychologie des supporters de football afin de savoir si ceux-ci avaient plus d’affection pour leur moitié ou leur équipe. Non que l’expérience intéresse en haut-lieu le département de psychologie expérimentale de l’Université de Bristol, mais la requête provient en fait de Roger Harrison, l’offensif directeur marketing du groupe Puma en Grande-Bretagne, sponsor des Magpies. Une enquête quémandée pour « rigoler » assure le magnat de Puma : « On entend très souvent les supporters de football clamer qu’ils préfèrent leur équipe à leur petite amie ou épouse, alors on a décidé de s’amuser un peu de faire un test pour vérifier » .

Et pour vérifier, vingt supporters des Toon ont été sélectionnés. Afin d’obtenir un public aussi passionné de Newcastle United qu’amoureux de sa femme, tous répondaient aux critères suivants : une relation amoureuse de cinq ans minimum et une carte d’abonnement à Saint-James Park d’au moins autant d’années. Loin de s’en tenir à un formulaire de questions, lors duquel plusieurs supporters ont du reste fait primer Newcastle sur leur compagne, les chercheurs de l’Université de Bristol se sont tournés vers la psychologie biologique. Hein ? « A travers cette étude, nous avons cherché à mesurer l’affection des fans selon une méthode scientifique, et notamment en utilisant des techniques qui nous permettaient d’obtenir des informations sur ce que les fans étaient secrètement en train de penser, même lorsque leurs actions semblaient révéler un sens différent » , explique Marcus Munafo, professeur de psychologie biologique à l’Université de Bristol dans le Daily Mail. Comment obtient-on le sens caché des pensées des supporters ?

Découpage de photos et aiguilles dans des poupées vaudous

Les chercheurs ont demandé aux fans de découper successivement une photo de leur femme et de leur équipe favorite. Un capteur disposé sur leur peau était chargé de mesurer la réponse électrodermale – autrement dit le niveau de stress – ciseaux en main lors de chacune des opérations. Et en dépit des certitudes des supporters, leur degré de stress s’est révélé 70% plus haut en moyenne lorsqu’ils tranchaient l’image du visage de leur femme… Pas à court d’imagination, les scientifiques de Bristol leur ont ensuite demandé d’enfoncer des aiguilles dans des poupées vaudous, censées représenter d’un côté leur joueur favori, de l’autre celle qui partage leur vie. Tribut du maraboutage : une blessure et l’indisponibilité pour le prochain match de leur joueur vedette ou bien une semaine de maladie pour leur conjointe. On est en droit de s’interroger sur la validité de l’expérience dans la mesure où l’on est incapable de savoir si les supporters croient ou non aux pratiques vaudous. Quoi qu’il en soit, si certains fans ne ressentaient guère de peine à l’idée de provoquer l’alitement de leur femme pendant une semaine, pourvu qu’un Jonas Gutierrez participe au match crucial du week-end, les résultats dans leur ensemble ont montré que la vingtaine de fans des Magpies s’est montrée plus féroce envers les marionnettes de leurs joueurs qu’envers celles de leur compagne.

Au final, « les données collectées soutiennent assez fortement l’idée que les supporters ont davantage d’affection pour leur femme que pour leur équipe » , indique Marcus Munafo. Un « davantage » assez large même puisque si l’on en croit l’étude, il est de 5 fois supérieur concernant leur muse. Dans les commentaires du papier du Daily Mail , un certain George a toutefois pris le contrepied de l’étude, expliquant que sa femme, à la lecture de l’article, lui a dit : « Toi tu aimes plus les Wigan Athletic que moi » , phrase à laquelle il a répondu, lapidaire : « Non j’aime plus les Bolton Wanderers que toi ! » Il n’empêche, selon Roger Harrison, chez les supporters de Newcastle « qui sont parmi les fans les plus loyaux et les plus passionnés du monde, les résultats sont pourtant très clairement en faveur de leur moitié » . De quoi tordre le cou aux accusations de misogynie enserrant le monde des tribunes ?

Si vous hésitez vous aussi entre votre femme et votre équipe, vous pouvez répondre à l’enquête – un rien marketing – de Puma.

Une vidéo retrace et explique l’expérience

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Anthony Cerveaux

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