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OM : 45 minutes de rêve et bien plus encore ?

Par Enzo Leanni
5 minutes

Les 45 premières minutes contre Angers ont été les meilleures depuis 18 mois selon Roberto De Zerbi. L’objectif, désormais, est de réitérer cette performance sur la durée et contre des équipes au niveau supérieur. À commencer par Liverpool ?

OM : 45 minutes de rêve et bien plus encore ?

Malgré un trajet en avion perturbé par le brouillard, obligeant une arrivée à Rennes avant de rallier Angers en car, et un retard de six minutes du coup d’envoi en raison d’une purée de pois causée, cette fois, par les fumigènes, les joueurs de l’Olympique de Marseille n’ont pas paru déstabilisés. Dès la quatrième minute, Amine Gouiri, qui honorait sa première titularisation en Ligue 1 depuis début octobre, a réussi à trouver Timothy Weah d’une parfaite ouverture en profondeur, avant de placer une volée puissante en angle fermé. Par deux fois, Hervé Koffi s’est interposé, mais le gardien du SCO n’a rien pu faire face aux assauts répétés. Gouiri, Mason Greenwood, Hamed Junior Traoré, Weah et Igor Paixão ont chacun planté une banderille (2-5), Pierre-Emerick Aubameyang aurait pu participer à la fête sans un hors-jeu, et l’OM est reparti de l’Anjou en chassant les nuages.

On devra progresser encore pour réussir à rester dans le match pendant les 90 minutes. […] L’objectif est de réussir dix matchs d’affilée de grande qualité et donc d’être réguliers, c’est la clé.

Roberto De Zerbi

C’est avec les idées bien claires que Roberto De Zerbi s’est présenté en conférence de presse après le récital. « On a très bien joué, en première mi-temps. Cela a même été la meilleure sur la qualité de jeu depuis mon arrivée ici », a clamé l’entraîneur devant un parterre de journalistes assez convaincus. Pas question de s’arrêter en si bon chemin pour autant : « On devra progresser encore pour réussir à rester dans le match pendant les 90 minutes. […] L’objectif est de réussir dix matchs d’affilée de grande qualité et donc d’être réguliers, c’est la clé. »

De Zerbi doit (enfin) se trouver lui-même

La première des dix cases de ce calendrier de l’avent version beau jeu s’ouvre ce mercredi et elle est particulièrement grosse : Liverpool. Pour enchaîner les prestations réjouissantes, peut-être que la clé se trouve dans la gestion des nerfs de son propre coach. Entré en fonction à l’été 2024 auréolé d’innombrables promesses, notamment tactiques, l’ancien technicien de Brighton a parfois déçu. Capable d’empiler les victoires avec un score large (5-2 contre le Paris FC, 4-0 face à l’Ajax, 6-2 contre Le Havre ou 1-5 à Nice, cette saison, entre autres) et de mener la meilleure attaque du championnat, mais aussi d’être sujet aux tremblements en fin de match, tantôt proche de la philosophie de Pep Guardiola, tantôt du genre à répéter que son équipe a besoin de « couilles », l’Italien se veut aussi passionné que son club, quitte à ne jamais être régulier et à perdre parfois la raison.

Espérons qu’il ne garde pas ce survêt fétiche pendant dix matchs, parce que ça ne lui va vraiment pas.
Espérons qu’il ne garde pas ce survêt fétiche pendant dix matchs, parce que ça ne lui va vraiment pas.

Samedi, dans les travées du stade Raymond-Kopa, il s’est montré particulièrement rassuré par le premier acte durant lequel ses hommes ont multiplié les bons mouvements collectifs. Blessés durant de longues semaines, Gouiri et Traoré ont apporté un dynamisme et une justesse technique qui manquaient tant dans le secteur offensif phocéen. Dans un savant mélange entre pur tableau noir et inspirations individuelles, les Marseillais ont marqué trois des cinq buts après un plaisant jeu en triangle. « Il faut essayer de trouver les buts et pas les chercher. Si on les cherche trop, on peut se prendre des contres. Il vaut mieux faire du jeu, pour trouver les espaces et chercher les joueurs dans le bon tempo en restant compacts. On est souvent plus nombreux au-delà de la ligne du ballon et on n’a pas tant de joueurs qui peuvent couvrir beaucoup de terrain, excepté Pierre-Emile Højbjerg », a-t-il analysé, se montrant plus proche des analyses de Guardiola que d’un influenceur viriliste porté sur l’anatomie masculine.

En quête d’innovations

L’adversité sera évidemment plus forte contre Liverpool, mais le niveau du SCO ne décrédibilise pas l’OM pour autant si on se souvient de la précédente journée de championnat, lorsque le FC Nantes était venu s’imposer avec la manière au Vélodrome (0-2). Le retour de Gouiri et Traoré dans le quatuor offensif n’est pas étranger au changement de visage entre les deux matchs, tout comme la montée en puissance de Facundo Medina, aussi blessé depuis septembre. Pas encore complètement serein défensivement, mais juste assez pour épauler et rassurer Leonardo Balerdi, l’Argentin reste un élément clé du projet de jeu voulu par son coach. Hyperactif dans l’axe droit de la défense centrale, il s’est montré particulièrement précieux dans ses passes vers le camp angevin.

Avant le retour de Nayef Aguerd de la CAN (dans quel état physique et mental ?) et face au futur incertain de Benjamin Pavard, l’ancien Lensois rebat les cartes et va obliger Roberto De Zerbi à repenser une nouvelle fois son animation défensive. Assez friand d’une base à trois, le coach avait opté pour un 4-2-3-1 à Angers, tout en gardant son circuit de relance courte habituelle avec trois centraux et deux pistons, Murillo glissant dans l’axe et Weah descendant d’un cran. Une innovation qui ajoute des cordes à l’arc marseillais. Liverpool devrait avoir la force de frappe pour riposter évidemment, mais on peut laisser un peu de marge à l’OM pour commencer sa série de dix matchs le samedi suivant, contre Lens en championnat. Les marches sont hautes, déjà, mais les perspectives sont excitantes.

Mohamed Salah dans le groupe de Liverpool pour le match de Ligue des champions contre l’OM

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