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PSG-Arsenal : une finale sans stars ni paillette

Par Mathieu Rollinger, à Budapest
4' 4 minutes
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PSG-Arsenal : une finale sans stars ni paillette

On pouvait s’attendre à ce que cette finale de Ligue des champions soit celle de Khvicha Kvaratskhelia et Ousmane Dembélé. Ou alors celle de Bukayo Saka et Declan Rice, pour ne prendre que les noms les plus clinquants de ce PSG-Arsenal. Avec un peu de recul : il n’en a rien été. Était-ce pour autant une mauvaise nouvelle ? Pour le PSG du moins, ce n’est pas certain.

La grande parade n’aura pas eu lieu dans les rues de Budapest, samedi soir. Le centre-ville de la capitale hongroise présente toutes les infrastructures nécessaires pour passer ce qu’on appelle « une bonne soirée », notamment après une victoire en Ligue des champions. Pourtant, les supporters parisiens ont finalement décidé de la jouer soft et discrets, éparpillés dans les beergarten et autres gargotes hongroises, pour avaler un gyros, siroter une petite mousse ou fumer une chicha, comme ils l’ont déjà fait au préalable avec la concurrence. Il faut dire que les conditions de voyages étaient éprouvantes et que la journée, démarrée dès le matin à la fan zone pour certains, était déjà assez chargée en émotion, en chants et en alcool. Comme si leur capital social et festif était épuisé.

Qu’ils se rassurent, ce n’est pas la seule absence notable du jour. Pendant le match cette fois, les stars attendues de cette finale se sont pour la plupart faites petites. Alors que leurs visages étaient sur toutes les affiches et que les deux virages faisaient reposer leurs espoirs respectifs sur leurs épaules, Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia côté parisien comme Declan Rice et Bukayo Saka côté Arsenal ont plus subi la rencontre qu’ils ne l’ont sublimée.

Un star system en panne

Match fermé oblige, les deux leaders offensifs du PSG se sont pris les pieds dans la toile défensive londonienne. Stratosphérique durant toute la campagne et logiquement décoré du titre de meilleur joueur de cette Ligue des champions, le Géorgien est tombé sur le costaud Cristhian Mosquera, ne pouvant ni créer le décalage par le dribble ni s’ouvrir un angle pour déclencher sa frappe spéciale. Le Ballon d’or, lui, a longtemps cherché à se faire une place et, quand il l’a trouvé, ses choix ont rarement été les bons (une frappe cadrée sur quatre). Seule action à mettre à leur crédit : un débordement mal embarqué de Kvara débouchant sur un penalty transformé par Dembouz’.

Certains diront que ça suffit pour faire le job, mais cela suppose surtout qu’avec leurs deux patrons en pleine bourre, il n’y aurait pas eu besoin de recourir aux tirs au but. Séance à laquelle le 7 et le 10 n’ont pas participé, étaient les deux premiers numéros sortants s’affichant sur le tableau lumineux (83e et 90e minutes).

Même constat côté Arsenal, avec des causes différentes, puisque ces têtes de gondole ont surtout pâti du jeu (non) proposé. Le capitaine Ødegaard n’a réussi que son toss, Saka a tout bafouillé (quatre passes réussies et frôlant un péno à cause d’un gloubi-boulga technique) et Rice n’a que trop rarement pu faire étalage de ses qualités autres que défensives. Le stade pouvait même s’enflammer à chaque coup de pied arrêté – les vraies stars de cette équipe – ils ont cette fois-ci été vendangés par les artilleurs habituels. Avec un tir au but repoussé et une partie globalement solide, David Raya aurait pu être ce héros dont les grandes finales ont besoin. Mais pour ça il aurait fallu que Gabriel cadre la cinquième tentative des Gunners.

Un tapis rouge à partager

Ce cru 2026 se conclura donc sans son homme providentiel. Il n’y aura pas de successeur au Zidane de 2002, au Milito 2011, au Robben de 2013 ou encore au Bale de 2018. Ce n’est en rien dramatique parce que cette observation en appelle une autre : comme depuis tout ce qu’il cherche à mettre en place depuis son arrivée, Luis Enrique construit une équipe. Si la machine médiatique et l’opinion populaire ont toujours tendance à ressortir une ou quelques individualités, c’est encore une fois ce collectif, quasiment inchangé par rapport à celui de l’an dernier, que l’on retiendra. Un groupe avec des ouvriers surqualifiés, comme Vitinha et João Neves au milieu ; des latéraux qui se mettent la gueule par terre jusqu’à l’épuisement comme Nuno Mendes et Achraf Hakimi ; des centraux à haut niveau de vigilance comme Marquinhos et Willian Pacho. Tous ceux-là ont ce samedi réalisé un vrai match de haut niveau pour permettre à Paris de tenir la distance et continuer de croire en son succès.

En 2025 à Munich, c’est Désiré Doué qui avait profité de son doublé pour qu’on surligne son nom sur la feuille de match. Un an plus tard, si Vitinha a été élu homme du match, ressortir un nom plus qu’un autre est bien plus compliqué. Et comme un symbole, c’est Luis Enrique qui aurait voulu pousser les murs et permettre à d’autres de ses soldats de recevoir quelques lauriers. « Je voudrais souligner une chose : j’ai été très injuste aujourd’hui avec Warren en tant qu’entraîneur, a clamé l’Asturien, en préambule de sa conférence de presse. Il méritait de jouer cette finale. Il a tout fait. Il a montré sa personnalité, il a accepté ma décision. » WZE est d’ailleurs entré avec beaucoup d’aplomb, de la même manière que ses deux stars sont sorties avant les autres, sans aucune vexation, comme s’ils savaient qu’à la fin, tous ensemble ils chanteraient. Pour la campagne du Ballon d’or, on verra plus tard.

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