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Budapest, nid d'espoirs

Par Mathieu Rollinger, à Budapest
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Budapest, nid d'espoirs

Ce vendredi, Budapest s'est remplie de supporters d'Arsenal jusqu'à ras bord. Les quelques supporters parisiens présents ont pu se compter et se rassurer, avant la réelle explication : celle qui se tiendra ce samedi à la Puskás Arena. Avant de se prolonger - selon le scénario - dans les bars et les thermes de la capitale hongroise ?

Il est -30 heures (avant la finale) et Budapest s’éveille. Les cloches de la basilique Szent István résonnent dans la ville qui a pris tout son temps pour s’éveiller. Kolbász, œufs brouillés, strudel et cachet d’aspirine au petit-déj pour les centaines (milliers) d’Anglais ayant pris soin de prendre leurs marques dès la veille dans la Perle du Danube.

Ils se sont qualifiés 24 heures avant nous,  alors donc ils ont chopé les meilleurs plans d’hébergement et ont fait gonfler les prix.

Thibaut, trip avisé

En effet, la capitale hongroise bat jusqu’ici pavillon rouge et blanc, frappé du canon des Gunners. C’en est assez pour Franck, qui décide de hisser la grand voile. Ou plutôt la dizaine de drapeaux du PSG nouée à un mât de 7 mètres, qu’il vient faire claquer au pied des 96 mètres de l’édifice religieux qui abrite la dépouille de Ferenc Puskás. « C’est physique, surtout quand il pleut, mais une fois qu’on a le coup de main, ça va tout seul », précise-t-il, haletant.

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L’effort en vaut la peine : faire tournoyer l’oriflamme permet de fédérer les rares supporters parisiens, qui semblaient jusqu’ici se terrer dans l’ombre, en attendant les renforts. « On s’inquiétait d’être les seuls », souffle un couple de sexagénaires, se ruant vers l’attraction de la matinée. Qu’ils patientent, les 17 000 autres sont en route.

Hongrie birds

Les cohortes parisiennes ont fait comme elles pouvaient pour se mettre en ordre de marche. « Eux (les Londoniens), ils se sont qualifiés 24 heures avant nous, alors donc ils ont chopé tous les meilleurs plans d’hébergement et ont fait gonfler les prix », tente d’expliquer Thibaut depuis la Place des Héros, où est installé le Fan Festival. Lui et ses potes viennent de se casser la voix pour répondre à la cinquantaine de Britishs déjà bien rougis par les bières et le soleil ; ils racontent maintenant leur périple pour rallier ce qui est le reste de l’année le temple des EVG.

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Un récit qui ressemble à celui de l’immense majorité de celles et ceux croisé(e)s ce vendredi, pour qui il a fallu emprunter des chemins de traverses, opter pour les vols à multiples escales, combiner avion jusqu’à Vienne et train, décoller très tôt depuis d’obscurs aéroports comme celui de Charleroi, poser un jour de congé en plus pour faire une escale à Hockenheim, installer ses bases arrières à Belgrade (à quatre heures de là) ou tout simplement se résoudre à claquer un SMIC pour vivre l’expérience pleinement. C’est la vie qu’ont décidé de mener les habitués du Parc, depuis que leur équipe fanion s’est décidée à enchaîner les finales de Ligue des champions, après « tant d’années de galères et de combats » (sic).

Pimp my ride, édition Hongrie
Pimp my ride, édition Hongrie

Le seigneur Luis Enrique et les sueurs thermales

L’an dernier, Munich était une délivrance. Si cette seconde finale consécutive ne charrie pas la même teneur émotionnelle, les fidèles rouge et bleu n’en minimisent pas pour autant l’importance. « Être tenant du titre, ça donne plus de pression, je n’arrive pas à expliquer pourquoi, grimace Nicolas, qui n’en reste pas moins positif. C’est sûr qu’on va les éteindre ». Alexis va dans son sens : « Moi j’y crois, parce qu’on a notre seigneur Luis Enrique avec nous » Et avec leur esprit.

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Au jeu des pronos, on mise sur un score serré. « 1-0 » par ci, « 2-1 » par là, pas plus, toujours avec une victoire des potes de Kvara. Certains jouent même avec le feu et souhaitent un match plus disputé que contre l’Inter. « Y a pas eu match, il a juste manqué cette petite dose d’adrénaline pour que ce soit parfait », pinaille Franck.

L’idée, c’est d’enchaîner et pouvoir faire le triplé comme le Real il y a dix ans ou le Bayern dans les années 70.

Bruno dit les thermes

Pour le moment, c’est dans une eau à 34 degrés que transpire Bruno, avec deux de ses collègues de boulot. Tout en bullant aux thermes de Széchenyi, celui qui travaille dans le transport internationale croit savoir que le plan de QSI est d’enchaîner les titres européens, en surfant sur la dynamique : « L’idée, c’est d’enchaîner et pouvoir faire le triplé comme le Real il y a dix ans ou le Bayern dans les années 70 ». Trop sûrs d’eux, les Parisiens ? Et si cette infériorité numérique en veille de finale, observable jusque dans les ruins bars du centre-ville, traduisait finalement un trop plein de confiance ? Dans ce cas, il y a aura dès samedi soir des dizaines de milliers de Gunners prêts à leur rappeler qui ils sont.

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Par Mathieu Rollinger, à Budapest

Propos recueillis par MR et Théo Denmat, à Budapest

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