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Que représente Koke pour l’Atlético de Madrid ?

Face à Arsenal, l’Atlético de Madrid va connaître sa quatrième demi-finale de Ligue des champions sous Diego Simeone. On parlera bien sûr du Cholo ou d’Antoine Griezmann, mais il ne faut pas oublier Koke, qui ne cesse de chérir le maillot rojiblanco qu’il n’a jamais quitté. À 34 ans, le milieu de terrain devenu capitaine et joueur le plus capé de l’histoire de l’Atlético incarne une fidélité devenue rare dans le football moderne.
Neuf ans plus tard, l’Atlético de Madrid retrouve enfin les demi-finales de Ligue des champions, ce mercredi soir, avec la première manche contre Arsenal. En 2017, c’était le Real Madrid en face. C’était le stade Vicente-Calderón, pas encore le Metropolitano. C’était en revanche déjà avec Jan Oblak et Antoine Griezmann, le meilleur buteur de l’histoire du club (212 pions) qui mettra les voiles à l’issue de la saison et rêve d’une fin en apothéose. Un autre joueur, dont on parle peu, était là lui aussi. Il a toujours été là et il est loin d’en avoir fini avec l’Atlético de Madrid. Jorge Resurrección Merodio, communément appelé Koke, poursuivra son aventure entamée à l’âge de 8 ans chez l’autre géant de la capitale espagnole.
Quand mon père travaillait, ma mère m’emmenait à Cotorruelo pour m’entraîner. Je n’oublierai jamais cette période.
L’homme aux 733 matchs avec les Colchoneros entend bien offrir au club sa première Ligue des champions. Hors de question de revivre la soirée du 18 avril dernier, marquée par la défaite en finale de Coupe du Roi contre la Real Sociedad, où les larmes de Koke rappelaient d’anciennes déceptions. En 2016, à Milan, la tristesse du milieu espagnol n’était pas passée inaperçue après une nouvelle finale de Ligue des champions perdue contre le Real Madrid. Une décennie s’est quasiment écoulée et le lien entre Koke et l’Atlético de Madrid n’a jamais été rompu. Il ne le sera d’ailleurs jamais.
L’Atlético dans la peau
La passion de Koke pour l’Atlético n’a pourtant pas débuté au centre de formation en 2000, ni en 2009, année de ses débuts professionnels face au FC Barcelone de Pep Guardiola. Elle s’écrit bien avant, dans les rues de Vallecas, entre les terrains de fortune et les trajets en bus avec sa mère pour aller s’entraîner. Dans un entretien accordé à Líbero en 2015, Koke évoquait ces années fondatrices : « Quand mon père travaillait, ma mère m’emmenait à Cotorruelo (terrain d’entraînement de l’Atlético, NDLR) pour m’entraîner. Je n’oublierai jamais cette période. »

Les dimanches au Vicente-Calderón rythment aussi son enfance. Il y va avec son grand-père, son père et son frère, tous supporters de l’Atlético. « On avait nos abonnements dans le coin avec les compositions florales de Pantić. Plus tard, on a eu les abonnements pour le centre de formation, derrière les bancs de touche », racontait-il. Koke n’a pas découvert l’Atlético de Madrid à travers les matchs qu’il a joués, il s’est imprégné de l’identité du club grâce à ses jeunes années de fan. Au point d’entretenir des rapports étroits avec les aficionados d’aujourd’hui, comme le révèle Juan Arrien, passionné des Colchoneros et intervenant dans les émissions du média espagnol Vavel : « Koke est un garçon très calme, très attaché à sa famille. Il est fidèle en amitié et proche des supporters. »
Une reconnaissance à deux vitesses
En Espagne, il est difficile d’obtenir la reconnaissance de tous, surtout quand le Real Madrid et le FC Barcelone, les deux clubs dominants du pays, concentrent la majeure partie de l’attention médiatique. Naturellement, le nom de Koke peine à apparaître en première ligne, hors de Madrid. « Bon, l’image en Espagne n’est pas la meilleure, reconnaît Juan Arrien. Tu es en concurrence avec le Real Madrid qui ne supporte pas les succès de son voisin. Mais finalement, le fan de football reconnaît que Koke est une légende, encore plus avec son âge et le niveau qu’il affiche. » Une perception contrastée, que décrit également Jorge San Cristóbal, d’Atlético Sport : « L’Espagne, malheureusement, est divisée en deux : ceux qui considèrent que Koke est un joueur sous-estimé, et ceux qui le considèrent comme un très mauvais joueur parce qu’il n’est ni grand ni rapide… et qu’il joue à l’Atléti. »
Koke est la grande référence actuelle et, avec le temps, il atteindra peut-être ce statut absolu, mais aujourd’hui je le situerais encore un cran en dessous de Luis Aragonés.
Dans ce contexte, la reconnaissance du grand public importe peu. « Koke a historiquement été un joueur sous-estimé, au point que certains en sont venus à remettre en question son niveau de manière injuste. Cette perception a marqué des gens qui ne l’ont peut-être pas vu suffisamment », estime Adrián Sierra, journaliste pour Esto es Atleti, avant d’ajouter : « Cependant, à Madrid, et surtout parmi les supporters de l’Atlético, sa figure est pleinement reconnue : ils savent parfaitement qui il est et ce qu’il a apporté, sans besoin de validation extérieure. »
Maldini, Totti, Aragonés… et bientôt Koke ?
Dans le football actuel, rester dans un seul club, du centre de formation à la fin de carrière, relève désormais de l’exception. Cette espèce de joueur perdure à l’Atlético grâce à Koke et ses 26 ans de fidélité. Une opportunité en or s’offre à lui d’être le troisième joueur de l’histoire à faire tout son parcours footballistique chez les Colchoneros, comme « Adrián Escudero, troisième meilleur buteur de l’histoire du club, et Juanma López, défenseur central apprécié et resté lié pendant longtemps à l’institution », rappelle Juan Arrien. L’espoir de voir Koke uniquement porter le blason de l’Atléti demeure présent chez Jorge San Cristóbal : « J’espère qu’il prendra sa retraite ici parce que ce serait la meilleure fin pour sa carrière… et si c’est accompagné d’un titre, c’est encore mieux. Il a déjà dit qu’il aimerait essayer la MLS, mais je ne le vois pas là-bas tant qu’il continuera à jouer à ce niveau. »
🏆 Ligue des Champions 🎙 Koke : "Tant qu'on ne dira pas "ça suffit", on continuera avec ces calendriers"#beINSPORTS pic.twitter.com/zbHOjUEW6p
— beIN SPORTS (@beinsports_FR) February 24, 2026
Au-delà de la fidélité, la question du statut symbolique se pose progressivement : Koke est-il à l’Atlético ce que Paolo Maldini est à Milan ou Francesco Totti à la Roma ? Adrián Sierra apporte une nuance dans cette réflexion : « Je ne le placerais pas encore au niveau symbolique de ces deux joueurs pour leurs clubs. Même si Koke est une figure clé, l’Atlético a des légendes historiques d’un poids énorme comme Luis Aragonés, qui représente particulièrement ce niveau iconique au sein du club. Koke est la grande référence actuelle et, avec le temps, il atteindra peut-être ce statut absolu, mais aujourd’hui je le situerais encore un cran en dessous. »
À 34 ans, le capitaine rojiblanco entretient tellement bien cette histoire qu’une place au sein du club à l’issue de sa carrière est presque déjà réservée pour lui. Une suite qui serait plus que logique. « Je suis certain que Koke restera lié à l’Atlético, conclut Juan Arrien. Dans quel rôle ? Peut-être en tant que dirigeant ou entraîneur, mais il sera là, c’est sûr. C’est l’une des grandes légendes du club et il a mérité ce statut. »
Une météo très menaçante attendue pour le match Atlético-ArsenalPar Cheickné Traoré
Propos recueillis par CT, sauf mentions















































