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Lyon : ambition commando

Par Théo Juvenet
4' 4 minutes
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Lyon : ambition commando

Ce mardi, à Prague, l’OL entame sa sinueuse route vers une qualification en Ligue des champions, une compétition qu’elle n’a plus disputée depuis le Final 8 de 2020. Mais en pleine stabilisation structurelle, le club rhodanien devra néanmoins très vite décider de quel bois il se chauffera sur la scène européenne.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire avec l’OL, les saisons se suivent mais ne se ressemblent jamais. Depuis le début de la décennie 2020, le club lyonnais fait les montagnes russes, passant de manière cyclique de l’espoir à la déception. Six ans en arrière, en pleine pandémie de Covid 19, il s’envolait vers le Final 8 portugais où il allait écrire sa seconde plus belle histoire européenne. Six ans plus tard, donc, voilà qu’il se retrouve au pied d’une montagne pragoise tout à fait surmontable pour enfin retrouver la Ligue des champions, après tant de temps perdu.

Surmontable car, malgré les nombreux changements qui ont bousculé sa structure ces deux dernières années, l’OL semble clairement avoir, sur le papier, les armes de voir au moins la phase de ligue de C1 cette saison. Cela devra passer ce mardi par une bonne performance au troisième tour préliminaire aller à Prague (20h), à confirmer dans une semaine tout pile au Groupama Stadium, puis un barrage potentiel face à Fenerbahçe (Turquie) ou au Strum Graz (Autriche). Reste à savoir quelles couleurs les Rouge et Bleu souhaitent donner à leur exercice.

Le piège et l’espionnage

L’adage est connu : « Chaque chose en son temps. » Alors, la première chose à régler s’appelle Sparta Prague Un morceau à ne pas prendre à la légère au vu de la participation des Tchèques à la Ligue des champions la saison dernière. D’autant que l’OL arrive en zone de turbulences. Son vol vers Prague a été quelque peu retardé ce lundi soir, tout comme la conf’ de Paulo Fonseca, pris sans cinq forces vives : le Tchèque Pavel Šulc, la nouvelle recrue Mads Bidstrup (tous deux touchés au genou), Khalis Merah, le finaliste du Mondial Nicolás Tagliafico et Moussa Niakhaté, suspendu. Son potentiel offensif également inquiète, malgré la présence du revanchard Loïs Openda, tout autant que les derniers faux pas en match amical contre le Real Betis et… l’ennemi juré du Sparta, le Slavia Prague. « On a encaissé des buts en préparation, mais c’était peut-être une question de concentration », avouait cette fois Dominik Greif.

Nous jouons le championnat pour se qualifier. Le club a attendu d’avoir cette possibilité donc nous devons tout donner.

Paulo Fonseca

Une concentration qui pourrait décider des ambitions lyonnaises en Europe, d’autant que dans les rangs adverses se cache un agent double, en la personne d’Adam Karabec, dont le bon début de passage à Lyon la saison dernière a vite été éclipsé par l’arrivée d’Endrick. Revenu en pleine forme au Sparta, c’est tout logiquement que celui-ci est revenu filer des infos. « Il sait comment cette équipe s’entraîne, joue, prépare ses matchs et construit ses plans de jeu », tease Brian Priske, l’entraîneur danois du Sparta.

Façon de dire que ce match aller a tout d’un piège et que les hommes de Paulo Fonseca devront de toute façon prouver qu’ils peuvent les éviter s’ils veulent prétendre jouer une Ligue des champions. Le technicien portugais en a parfaitement conscience : « Nous jouons le championnat pour se qualifier. Le club a attendu d’avoir cette possibilité donc nous devons tout donner. » Six ans, mine de rien. Une anomalie qui pose forcément le débat de savoir si cela vaut plus le coup de jouer la C1 avec le risque de se vautrer contre un (ou plusieurs) grand(s) d’Europe ou espérer atteindre le dernier carré en C3.

Restructuration avec ambition ?

Allez poser la question ce mardi matin place Bellecour, il y a tout de même fort à parier qu’une tendance se dégage. Des générations de supporters, biberonnées aux exploits européens de Sonny Anderson à Memphis Depay en passant par les années Juninho, n’attendent que de retrouver une Ligue des champions que son stade n’a alors que trop peu connu. Qu’importe si l’effectif paraît beaucoup moins fourni que les fois précédentes, Lyon est à la recherche de grands frissons.

Sa direction est sans doute un peu plus pragmatique, elle qui poursuit sa restructuration économique sur les ruines de l’ère Textor à coups de bonnes affaires sur le marché (le prêt d’Openda, l’arrivée de Julien Duranville, le pari Mads Bidstrup et pas encore 30 millions dépensés sur le marché). Mais une qualif’ en C1 pourrait justement permettre aux équipes de Matthieu Louis-Jean de gagner en attractivité au finish du mercato et ainsi éponger des probables ventes imposées (Šulc, Fofana, Nuamah) qui pourraient faire mal au crâne à la fin de l’été. Cela se décidera uniquement sur le terrain, avec les armes du jour J, certes. Mais ce coup à jouer démontre que restructuration peut aussi rimer avec ambition.

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Par Théo Juvenet

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