S’abonner au mag
  • C1
  • J8
  • Benfica-Real Madrid (4-2)

José Mourinho, Special Ops

Par Florian CADU
4 minutes

Qualifié en barrages de Ligue des champions au bout d'une opération spéciale et d'un scénario impensable après sa victoire contre le Real Madrid, avec notamment un but décisif marqué par le gardien Anatoliy Troubine dans le temps additionnel, le Benfica Lisbonne peut légitimement remercier son entraîneur. Car dans un contexte aussi défavorable, il faut s'appeler José Mourinho pour persuader ses joueurs qu'un tel miracle est possible.

José Mourinho, Special Ops

Personne n’imaginait un tel scénario. Impossible, impensable, irréel. Pas même les principaux acteurs. 29e de la phase de poule de Ligue des champions avant l’ultime journée avec six petits points et une différence de buts de -4 suite à une nouvelle défaite sur le terrain de la Juventus, le Benfica Lisbonne n’en menait pas large : il lui fallait une victoire sur le terrain du Real Madrid, avec un concours de circonstances dans les autres matchs, pour espérer se qualifier en barrages de la compétition. Alors, tout le monde envisageait le futur européen du club portugais comme inexistant. Tout le monde, sauf José Mourinho. Et l’incroyable se produisit : mené 1-0 en raison d’une réalisation de Kylian Mbappé et encore à 2-2 à l’heure de jeu, son équipe a réussi à s’imposer 4-2 et à passer grâce à un pion dans le temps additionnel (à la 90e+8, plus précisément) signé… Anatoliy Troubine, le gardien.

Qu’on l’affirme directement : les personnalités capables de persuader une quinzaine de joueurs que renverser un contexte pareil est possible et leur donner une confiance inébranlable en un destin inconcevable ou insensé sont rares, très rares. Le Special One fait toujours partie de ceux-là, à n’en pas douter. Car s’il a progressivement perdu ses batailles tactiques et ses guerres idéologiques, l’ancien entraîneur de Chelsea ou de Manchester United n’a pas oublié ses premières qualités : celles de meneur d’hommes, de leader motivationnel et de guide prêt à (faire) gravir des sommets sans aucun équipement favorable malgré une météo inopportune.

Prémonition de Special One

Le 22 octobre 2025, Mourinho avait déjà surpris son auditoire : « J’ai dit à mes joueurs qu’il y a encore quinze points à prendre, qu’il reste cinq rencontres. Ce sera difficile, mais on peut le faire, avait osé José en conférence de presse, alors même que son clan en était à un zéro pointé et qu’il venait d’enchaîner trois défaites en autant de parties. On n’a pas besoin de gagner les cinq rencontres restantes : entre neuf et onze points, je pense que ce sera suffisant pour se qualifier. »

Une sortie risquée, étant donné que le seuil minimum pour accéder aux seizièmes de finale de C1 avait atteint onze unités lors de l’édition précédente. Mais une prédiction finalement gagnante, sa troupe s’en sortant avec trois succès et coiffant l’Olympique de Marseille au poteau. Ce jeudi soir de miracle, l’ex-coach de la Maison Blanche a en plus été honnête : pour lui, il n’y avait pas besoin de jouer l’offensive après le troisième tremblement des siens. Pas tout de suite, en tout cas…

Attaquer sans oublier de défendre, toujours

« Au moment où je fais le dernier changement, je pense qu’une victoire 3-2 nous permet de nous qualifierQuelques secondes après, on me dit qu’on a besoin d’un dernier but… Mais je ne pouvais pas faire d’autre changement, il y a un coup de pied arrêté et notre joueur qui fait deux mètres est allé dans la surface… Il a marqué un but historique pour Benfica, il s’agit d’une victoire de grand prestige », a en effet indiqué le Lusitanien, pour Canal +. Raison pour laquelle ses soldats ont été observés en train de gagner du temps, avant de tout rafler dans les derniers instants (en double supériorité numérique, Raul Asencio et Rodrygo ayant été expulsés).

Ce que le bonhomme n’a pas dit tout de suite, c’est que c’est lui qui a demandé à son dernier rempart de monter pour l’ultime situation salvatrice. Ce nouveau chapitre intègre donc l’histoire cinglée de Mourinho, qui ajoute à son curriculum vitæ des intrigues encore plus folles que les anciennes alors même qu’il est parfois considéré comme périmé et à conjuguer au passer. L’histoire d’un gars qui avait foi en lui et en ses proches plus que de raison, condition indispensable pour déplacer des montagnes européennes. Une histoire qui restera dans les annales du foot, tout simplement, qu’elle se termine cette saison ou dans dix.

La « honte» de Mbappé après la défaite du Real Madrid

Par Florian CADU

À lire aussi
Les grands récits de Society: Sur les traces du trésor perdu de Daech
  • Reportage
Les grands récits de Society: Sur les traces du trésor perdu de Daech

Les grands récits de Society: Sur les traces du trésor perdu de Daech

Jusqu’à la fin de son califat, l’État islamique était l’organisation terroriste la plus riche du monde. Depuis qu’il a été chassé, on se bouscule pour retrouver le supposé trésor qu’il aurait dissimulé quelque part en Syrie ou en Irak. Suivez-nous à sa recherche.

Les grands récits de Society: Sur les traces du trésor perdu de Daech
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

C'est une putain de bonne question !

La saison de l'OM est-elle déjà ratée ?

Oui
Non
Fin Dans 5j
103
1

Nos partenaires

  • Vietnam: le label d'H-BURNS, Phararon de Winter, 51 Black Super, Kakkmaddafakka...
  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.
  • La revue de presse foot des différents médias, radio et presse française/européenne, du lundi au vendredi en 3 à 4h!