Lens continue de planer et renvoie Rennes à sa crise
Par Clément Gavard, à Bollaert
4 minutes
Mené au score en début de partie et réduit à dix en seconde période, Lens a donné une leçon de club et d'équipe au Stade rennais, finalement battu et renvoyé à sa crise qui pourrait coûter sa place à Habib Beye (3-1). Pendant ce temps-là, les Sang et Or repassent provisoirement leaders, dix-huit points plus loin.
Buts : Édouard (41e), Aguilar (54e) et Saint-Maximin (78e) pour les Sang et Or // Lepaul (8e) pour les Rouge et Noir
Expulsion : Aguilar (56e) à Lens
Dans une semaine à retrouver les eaux troubles et ce contexte de crise qu’il connaît tant, le Stade rennais avait peut-être besoin de la finir en prenant une bonne leçon. Ou plutôt des bonnes leçons. Celle d’un club de foot où on réfléchit ensemble plutôt qu’on ne lutte les uns contre les autres ; celle d’une équipe qui maîtrise son schéma, ses circuits et qui sait ce qu’elle fait, même quand c’est plus dur ; celle de ce RC Lens de Pierre Sage et de tout ceux qui travaillent bien qui a encore gagné (3-1) pour reprendre provisoirement la tête avant le Classique entre le PSG et l’OM. Il faut espérer que tout le monde à Rennes, où les responsables de ce qu’est redevenu ce club sont nombreux, ont pris des notes.
Rennes met fin à 281 minutes sans marquer
Il y a toujours quelque chose de sympathique à se rendre à Bollaert : les couleurs, les odeurs de friteries et ce doux mélange entre supporters des deux camps sans une ribambelle de policiers ou des arrêtés préfectoraux pour interdire les maillots adverses. Voilà pour le décor, renforcé par la très belle animation des Red Tigers, pour les 120 ans du Racing club lensois, ce qui a peut-être poussé les hôtes à mettre le feu très vite et très fort devant le but du jeune Mathys Silistrie, titulaire pour la première fois en Ligue 1, en l’absence du puni Brice Samba. Le novice a soufflé en voyant le drapeau se lever pour faire annuler un but de Wesley Saïd (6e), puis deux de ses copains sont venus refroidir un peu la belle ambiance nordiste. La recrue Arnaud Nordin avait failli offrir une grosse occasion à Lens sur son premier ballon, il s’est rattrapé en trouvant une passe en profondeur délicieuse pour Estéban Lepaul, malin pour glisser le ballon au fond (0-1, 8e). La fin d’une longue série de 281 minutes sans marquer pour Rennes.
Pas de quoi entamer la confiance des Lensois, dont le public s’est agacé des nombreuses interruptions de jeu provoquées par des Bretons prenant leur temps à terre, comme Abdelhamid Aït-Boudlal, finalement sorti sur blessure et remplacé par Alidu Seidu (29e). Le Ghanéen a ressemblé à un enfant à côté d’Odsonne Edouard, qui avait eu une belle balle d’égalisation (30e) et qui a mangé le défenseur au duel sur une belle ouverture de Ruben Aguilar pour finir entre les jambes de Silistrie (1-1, 41e). Il fallait au moins ça pour voir les Lensois ne pas trop s’inquiéter à la buvette à l’entracte, alors que le public a presque oublié de reprendre le début des Corons pour adresser quelques sifflets aux Rennais revenus plus tôt, comme à leur habitude, sur la pelouse pour ne pas être trop froids au redémarrage.
Saint-Maximin fait les présentations
Aguilar, lui, était dans un drôle de soir. L’ancien Monégasque a mal ajusté son centre sur la première situation de la seconde période, mais il a enfilé le costume de buteur quelques minutes plus tard. Un ballon perdu par Al-Tamari, ne sachant pas comment jouer vers l’avant, et voilà le cuir dans les pieds de Florian Thauvin de l’autre côté de la surface : l’international français prend le temps, fixe et adresse un centre parfait repris de la tête par Aguilar (2-1, 54e). Une explosion et un ascenseur émotionnel pour le piston lensois, expulsé dans la foulée pour une deuxième biscotte reçue à la suite d’une semelle sur Al-Tamari (56e).
À l’aller, les Sang et Or avaient géré Rennes à leur main en passant toute la rencontre à dix contre onze, ils n’ont pas eu peur de cette grosse demi-heure en infériorité numérique. Surtout que Beye n’a pas trop su comment en profiter, faisant entrer deux défenseurs (Quentin Merlin et Lilian Brassier) en plus de Ludovic Blas et laissant les deux jeunes attaquants sur le banc. Ils ont été rejoints par Jérémy Jacquet, lui aussi sorti blessé, et ils ont assisté aux présentations d’Allan Saint-Maximin à Bollaert. Lancé par Pierre Sage, le dribbleur fou a aussi montré qu’il savait comment contrôler la chique sur un très long dégagement de Robin Risser, avant de repiquer dans l’axe et de déclencher une superbe frappe sur laquelle le pauvre Silistrie s’est trouvé (3-1, 78e). Le jeune portier n’a pas vraiment été consolé par Beye, qui pourrait ne pas survivre à cette quatrième défaite d’affilée et surtout aux tensions internes, pendant que son ancien adjoint, Sage, vit ses plus belles heures dans le Nord. Un monde d’écart.
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