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  • 19 juillet 1966

Les adieux d’El Cincocopas

Par Marcelo Assaf et Thomas Goubin, au Mexique
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Les adieux d’El Cincocopas

Le Mexicain Antonio Carbajal a longtemps été le seul joueur à avoir disputé cinq Coupes du monde. Performance seulement égalée par Lothar Matthäus. Son baisser de rideau, Carbajal l'a connu sur une scène à sa mesure : à Wembley, un 19 juillet 1966.

Pour la première fois de sa carrière, Antonio Carbajal enfile une paire de gants. Le gardien du Mexique n’a pourtant rien d’un petit bleu. À 37 ans, l’imposant moustachu dispute sa cinquième Coupe du monde. Un record qui fait de lui l’attraction de ce troisième match de poule entre l’Uruguay et le Mexique, à Wembley. Dans un acte de camaraderie, le gardien remplaçant de l’Angleterre lui avait offert une paire de gants avant la rencontre. Sur sa première prise de balle, Carbajal trébuche et préfère alors revenir à ses fondamentaux. Il gardera ses buts mains nues, comme tout au long de sa carrière.

La Tota, son surnom, avait débuté la World Cup sur le banc. Le temps semblait venu de laisser place à la jeunesse mexicaine. Lors de ce Mondial 66, le gardien des Chivas, Ignacio Calderón, est désigné comme dernier rempart d’El Tri. Avec Carbajal, les relations sont bonnes, au point que le jeune premier se décide à recourir à l’expérience sans pareille de son aîné. Lors du premier match face à l’Angleterre, Calderón demande à Carbajal de se placer derrière ses filets pour lui donner des indications. La fébrilité du jeune homme est toutefois palpable et, pour le dernier match de poule face à l’Uruguay, le sélectionneur mexicain relance le vieux lion dans l’arène. Carbajal devient alors « El Cincocopas » , l’homme aux cinq Coupes du monde.

Le rite est immuable. Avec son club de León ou en sélection, à l’estadio Jalisco ou à Wembley, Carbajal répète la même routine. Quand il prend place au sein de son cadre de vie professionnelle, il se signe au bord d’un poteau, le tape de ses crampons, puis longe la ligne de but, saute au milieu de son parcours pour toucher la barre transversale, avant de conclure le cérémoniel de la même manière qu’il l’a entamé, au poteau opposé. À Wembley, la Tota réalise ce rite pour la dernière fois de sa carrière. « J’étais encore en forme, j’aurais pu jouer quelques saisons supplémentaires, estime-t-il, mais je me suis dit que tout devait terminer ici. Car, quoi de mieux que Wembley ? Quel meilleur souvenir qu’une Coupe du monde ? »

Meilleur gardien en 1962

Aujourd’hui âgé de 84 ans, Carbajal tient toujours une vitrerie à León, ville où il a effectué l’essentiel de sa carrière. Il occupe également ses journées en prenant en charge de jeunes toxicomanes. Sa longévité dans les buts, la Tota l’attribue à son goût pour le travail. « J’en voulais toujours plus, déclare El Cincocopas, si l’entraîneur ne me faisait pas travailler assez, je m’engueulais avec lui. M’épuiser à l’entraînement m’apportait de la sécurité, de la confiance. » À Wembley, Carbajal, qui avait débuté son parcours en Coupe du monde seize ans plus tôt au Maracanã, va terminer la rencontre en larmes. Il est félicité par le gardien uruguayen, Ladislao Mazurkiewicz, et entame un tour d’honneur sous la pluie londonienne.

En 1966, le Mexique pouvait se qualifier pour les premiers quarts de finale de son histoire, en cas de victoire face à l’Uruguay. El Tri échouera, mais Carbajal, considéré comme le meilleur gardien de la Coupe du monde 1962, gardera ses cages inviolées pour la dernière fois (0-0). Le Mexicain restera le seul joueur à avoir disputé cinq Coupes du monde jusqu’en 1998, moment où Lothar Matthäus égale son record. Comment dit-on « Cincocopas » en allemand ?

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