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Cette liste des 26 ne manque pas d'air

Ce jeudi au JT de TF1, 26 têtes sont apparues sur le synthé, toutes introduites par Didier Deschamps. Une sélection logique, respectant l'équilibre entre hommes de confiance, nouvelles valeurs sûres et garçons en pleine bourre, et qui permet au boss d'avoir un des groupes les plus costauds avant de se présenter à un grand tournoi.
Les saints de glace ont ça de terrible : on peut se retrouver d’un claquement de doigts sous des trombes de grêle et greloter dans sa veste mi-saison, oubliant instantanément le doux mois d’avril où on s’est découvert de plus d’un fil et replonger dans un état d’esprit automnal. C’est la dure loi du ressenti. Au moment d’annoncer sa liste sur le plateau du 20 Heures de TF1, une bonne vingtaine de minutes après le bulletin météo d’Évelyne Dhéliat, Didier Deschamps savait qu’il allait à son tour souffler le chaud et le froid. Dans son costume habituel, il a, pour la septième fois en 14 ans de boîte, présenté sa liste pour un grand tournoi international. Moment aussi solennel que ridicule, où il s’agit d’indiquer les 26 régions ensoleillées et quelques les zones de dépression.
𝑪𝒉𝒂𝒄𝒖𝒏 𝒂 𝒖𝒏 𝒓𝒐̂𝒍𝒆 𝒂̀ 𝒋𝒐𝒖𝒆𝒓 🇫🇷🌎 Voici nos 26 Bleus qui représenteront la France à la 𝐂𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐝𝐮 𝐌𝐨𝐧𝐝𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟔 ! 🔥#FiersdetreBleus pic.twitter.com/CqKUzJpSK0
— Equipe de France ⭐⭐ (@equipedefrance) May 14, 2026
Il faisait donc grand soleil dans le salon de la famille Koné, où toute la smala a éclaté de joie sous les caméra de la Une, avant que Manu déroule son grand sourire en duplex depuis Rome. Le dispositif est rôdé. Il y eu une magnifique éclaircie dans le ciel des Risser, dont le grand fils Robin s’est vu délivrer un ticket pour compléter le pool de gardiens. Les températures sont également reparties à la hausse du côté de Crystal Palace qui, avant de disputer une finale de Ligue Conférence, voit deux de ses lads – Maxence Lacroix et Jean-Philippe Mateta – valider l’option posée les derniers mois. En revanche, c’est la douche froide pour Lucas Chevalier, Eduardo Camavinga et Randal Kolo Muani, pouvant être perçus comme les principaux oubliés.
La carte est désormais à la vue de tous, et doit prévoir avec le maximum de précision le climat dans lequel évoluera l’équipe de France au moment d’entamer la Coupe du monde sur le continent américain, le 16 juin prochain. Forcément, ces tendances vont être amenées à être modifiées, en cas de blessure des uns ou des autres. D’ici le dépôt de la liste officielle à la FIFA à la veille du match contre le Sénégal, les déçus d’un soir pourraient voir le baromètre remonter en flèche. Sauf que cette liste, telle qu’elle a été énoncée en ce jeudi de l’Ascension, répond à une forme de logique, correspond à des choix justifiés et surtout sonne comme l’aboutissement d’un processus entamé en septembre 2024.
Les bénéfices de la réoxygénation
À cette époque, les Bleus sortent d’un Euro qui les a éjectés en demi-finale, au terme d’un match contre une Espagne flamboyante, qui avait mis en lumière les carences de l’effectif et les lacunes du projet de jeu. Une partie des lieutenants des épopées de 2018 ou 2022 avait déjà remballé son barda mais Deschamps a exprimé ce besoin urgent d’« oxygéner » son groupe. Moment choisi pour déposer sur le bas côté les Antoine Griezmann et autres Olivier Giroud, d’ouvrir grand les fenêtres de Clairefontaine et de réinjecter du sang neuf. Sans oublier de se dépêtrer de ce « jeu chiant à regarder » comme l’avait qualifié l’un de ses anciens dépositaires. Avec le recul, ce ménage de printemps a permis de mettre de l’huile dans les rouages de son équipe, d’expérimenter un 4-2-3-1 pas inintéressant, et in fine de se retrouver aux États-Unis avec 13 joueurs qui découvriront la Coupe du monde.
Évidemment, il ne faut pas que des néophytes dans un groupe, mais c’est une question de maturité et de gestion émotionnelle.
Pour finir en beauté, Didier Deschamps aurait pu être tenté de se cramponner à ses vieux compagnons de route, convoquer une équipe d’all-stars de la dernière décennie, mais il a préféré confier les clés du camion à des joueurs qui sont, à l’instant T, ce qui se fait de mieux dans le pays. Et ce n’est pas le cas de Michael Olise qui illustrera le contraire. Aujourd’hui qualifié de « phénomène » par son patron, le Munichois est le symbole de cette nouvelle vague qui a eu 20 mois pour déferler. « Pourtant sur les quatre ou cinq premiers matchs, c’était compliqué », rappelle Deschamps, avant d’élargir sa réflexion aux Akliouche, Barcola, Cherki, Doué, Gusto ou Zaïre-Emery, ayant tous profité de l’appel d’air. « Des fois ça met du temps mais ces joueurs sont prêts à ça, le niveau est haut. Évidemment, il ne faut pas que des néophytes dans un groupe, mais c’est une question de maturité et de gestion émotionnelle. »

Les statuts remis à plat
Revenus au top de leur forme, les champions du monde Corentin Tolisso et Florian Thauvin, voire Hugo Lloris dont le nom a ressurgi ces derniers jours, auraient pu bénéficier de ce qui était autrefois le crédo de la Dèche : « Le vécu, le passé, l’expérience importante ». Des données qui ont façonné ce totem qui a protégé tant de joueurs par le passé. Le Basque a depuis compris combien le statut qu’un joueur a acquis avec le temps, peut se transformer en fardeau quand on le fait reculer dans la hiérarchie. Aujourd’hui, seul N’Golo Kanté a officiellement profité de ce passe-droit, « parce qu’il est unique, parce qu’il a toujours le sourire et parce que tout lui va bien », en plus de continuer à jouer à un niveau satisfaisant, dirons nous. Parmi les exceptions, on y ajoutera aussi les frères Hernandez, restés dans les petits papiers malgré des performances en berne.
Évidemment, il y a toujours un socle, reposant sur des cadres indiscutés, tels que Mike Maignan, Dayot Upamecano, Adrien Rabiot ou Kylian Mbappé. Il y a des hommes qui auront pour mission d’assumer leur rôle comme Jules Koundé, Ibrahima Konaté, William Saliba, Lucas Digne, Aurélien Tchouaméni, Ousmane Dembélé et Marcus Thuram. Vu comme ça, l’équilibre entre expérience et forme actuelle semble respecté mais d’ici un mois, ces 26 mecs auront pour seul et unique objectif d’offrir à Deschamps le meilleur des pots de départ, si possible le 19 juillet au MetLife Stadium de New York, avant d’enclencher un vrai nouveau cycle. Et cette fois avec un nouveau Monsieur Météo.
Deschamps explique pourquoi il n'a pas convoqué Tolisso, Camavinga et ChevalierPar Mathieu Rollinger










































