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Lloris de retour avec les Bleus : une rumeur à haut potentiel conflictuel

Sortie d’un peu nulle part, ou plutôt d’un papier de L’Équipe, la rumeur ramenant Hugo Lloris en équipe de France pose quelques problèmes : sportifs d’abord, d’éthique ensuite.
→ La retraite, c’est la retraite
En 2026, Hugo Lloris c’est : 39 ans et une vie à rider Los Angeles au volant de son Hummer. Pour le reste, rien à signaler. Mais alors, comment espérer le revoir en sélection ? Sportivement éloigné du plus haut niveau et retraité international depuis janvier 2023, il paraît inconcevable d’assister au retour du gardien dans les plans de Didier Deschamps. Surtout, rien de tout cela ne relèverait d’un quelconque mérite tant sportif que statutaire. Quand des portiers comme Lucas Chevalier, Robin Risser ou Jean Butez tentent de gagner leur place de numéro 3 derrière Mike Maignan et Brice Samba, comment leur expliquer qu’ils ont été devancés par un vétéran parachuté ?
→ Une info dans le vent ?
« Par pudeur et par respect pour les gardiens en place, il ne fera jamais campagne pour être là, il ne veut pas être celui qui pique la place. Mais évidemment qu’il ne dirait pas non à une convocation. Encore une fois, il n’est pas question pour lui de se mettre en avant ou d’utiliser des leviers pour réussir à être appelé. » Voici ce qu’affirme l’un des proches de Lloris à L’Équipe, au moment de commenter l’info de son potentiel retour. Ces « leviers », le gardien les active pourtant à travers cette communication plutôt maladroite. Comme une manière de se (re)placer dans la hiérarchie, alors que celle-ci paraît établie depuis bientôt deux ans.

→ Un déficit de nostalgie
Justement, cette sympathie restera assurément le plafond de verre de Hugo Lloris. Personne aujourd’hui ne semble vouloir débloquer le compteur du recordman des sélections en Bleu (145 capes). Aussi décisif a-t-il pu être dans les succès de l’ère Deschamps, il aura aussi incarné un capitanat austère, impersonnel et dévoué à l’institution fédérale. Forcément, c’est pratique quand on s’appelle Deschamps, mais à l’applaudimètre, ça n’égalera jamais les autres figures de cette génération que sont Paul Pogba et Antoine Griezmann. Ce dernier, également retraité international, garde une cote de popularité intacte, et si un retour du Colchonero ne ferait pas forcément tache, étant donné son niveau de compétitivité affiché cette saison, l’intéressé a eu la décence de ne jamais faire de faux mystère sur un éventuel come-back. « J’aurai mon maillot dans les tribunes avec mon fils (en Coupe du monde), mais non, je leur souhaite le meilleur. Ce sont les favoris numéro un et je serai avec eux à fond », a-t-il eu pour seul commentaire quand la question lui a été posée.
→ Assez de vécu
Au niveau international, Hugo Lloris a tout connu : quatre Coupes du monde, un boxon sans nom (2010), la gloire suprême (2018), et une belle dramaturgie (2022). Expérimenté, il aura donc vécu une carrière tricolore à plein régime. Dans ce contexte, qu’espérer de mieux avec un rôle de coiffeur ? Pas grand-chose. En tant que troisième gardien, Lloris pourra-t-il être un capitaine de substitution dans un vestiaire déjà bien chargé en personnalités (Mbappé, Maignan, Konaté, Saliba, Rabiot) ? Pas sûr non plus. Hormis la frustration que ce retour pourrait donc susciter chez certains, difficile d’y trouver un réel bienfait.
50 days to go - Hugo Lloris made 50 saves at the FIFA World Cup, the most of any French goalkeeper since 1966. Seven of those were in the 2022 final against Argentina, his final game for his country. Légende. #OptaWorldCupCountdown pic.twitter.com/NZqBXuy5PD
— OptaJoe (@OptaJoe) April 22, 2026
→ Décalage générationnel
De la génération 2022, ils ne sont plus que onze. De 2018, plus que trois. Depuis, une vingtaine de joueurs est entrée et sortie du groupe France sur la route de la Coupe du monde 2026. Autant dire beaucoup. De quoi créer un certain écart de génération et de personnalité entre Lloris et la nouvelle bande de Deschamps, aujourd’hui composée de Malo Gusto, Michael Olise, Désiré Doué ou Rayan Cherki. Des bonshommes certainement plus en phase avec l’ego du capitaine Mbappé qu’avec la placidité de Lloris. En 2010, déjà, Thierry Henry digérait plutôt mal son rôle de « grand frère » confié par Raymond Domenech. Alors à part s’installer à la table du staff à la cantine, comment trouver sa place ?
→ À Deschamps la patate chaude
Alors oui, on dira que Didier Deschamps a rappelé Karim Benzema après cinq ans de mise à l’écart et N’Golo Kanté alors qu’il évoluait en Arabie saoudite. Mais le sélectionneur en fera-t-il autant à un poste sans réelle importance et dans une situation sans réelle urgence ? Car s’il est vrai que les Bleus manquent de trentenaires solides, difficile de voir le sélectionneur tout faire basculer au dernier moment. Cette information ramenant Hugo Lloris en équipe de France ne fait donc que mettre DD dans l’embarras, lui que l’on sommera de s’expliquer sur un sujet dont il n’a certainement jamais voulu discuter. Auprès de RMC Sport, l’entourage du staff bleu a d’ailleurs pris les devants en expliquant que le « cas Lloris » n’était pas un sujet à l’heure actuelle. Il le sera peut-être le 14 mai, au moment de l’annonce de la liste.
Hugo Lloris se verrait bien aller au Mondial 2026Par Adel Bentaha













































