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Lacroix et la bannière

Par Tom Binet
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Lacroix et la bannière

Confronté au forfait de dernière minute de William Saliba, Didier Deschamps a surpris son monde en faisant appel à Maxence Lacroix, jamais convoqué avec les Bleus malgré de belles prestations à Crystal Palace. Pourquoi lui ? Et pourquoi maintenant ?

Après quatorze ans dans la peau du premier des 70 millions de sélectionneurs nationaux, il en a forcément pris l’habitude. Lors de chaque liste, chaque choix fait par Didier Deschamps est scruté, décortiqué, analysé et interprété dans tous les sens possibles. Aujourd’hui plus que jamais, alors que le patron prend ses dernières décisions à la tête des Bleus. Si sa liste initiale n’avait guère laissé place à l’étonnement, le forfait de William Saliba, touché à la cheville gauche, a offert une petite excentricité au groupe France. Jamais convoqué jusqu’à présent, Maxence Lacroix sera du premier voyage aux États-Unis, en ce mois de mars. En voilà une surprise.

Gardien de Palace

Après Castello Lukeba, Wesley Fofana ou plus récemment Loïc Badé, Didier Deschamps a donc décidé de sortir un nouveau nom de son chapeau derrière l’indéboulonnable quatuor installé à ce poste (Upamecano, Konaté, Saliba, Lucas Hernandez). Le gamin ayant grandi dans le petit village d’Ajat, en Dordogne, va donc découvrir l’équipe nationale, lui qui n’avait jamais goûté aux Espoirs (deux petites sélections avec les U20 en 2019). Un accomplissement pour ce fils d’une médecin et d’un infirmier dont l’apprentissage du foot s’est fait à la dure. « Lors d’un tournoi départemental, on a perdu, et mon père m’a grondé. Il me réprimandait à cause de la défaite et surtout parce que je pleurais, nous racontait-il il y a quelques années à propos de son premier souvenir lié au ballon rond. Je pleurais souvent quand j’étais petit, et lui n’aimait pas vraiment ça. Ce moment m’a marqué parce que ça a déclenché quelque chose de fort chez moi. Je suis devenu beaucoup plus exigeant avec moi-même et désormais, j’intériorise énormément les choses. Je ne voulais plus être faible, mais devenir un guerrier. Je me suis mis en mode adulte. »

La récompense d’une nouvelle saison aboutie sous les couleurs de Crystal Palace pour Maxence Lacroix, patron de la troisième meilleure défense de Premier League à ce stade de la saison (35 buts encaissés, à égalité avec Everton, derrière Arsenal et Manchester City). Le signe aussi que l’Amérique s’éloigne pour d’autres, comme Benjamin Pavard, qui consacrera cette trêve à panser ses plaies du côté de Marseille. Comme son coéquipier du sud de Londres Jean-Philippe Mateta à l’automne, Lacroix, qui confiait ces derniers mois à L’Équipe regarder en direct l’annonce de chaque liste dans l’espoir d’entendre son nom, se voit donc offrir une chance de renverser la table à quelques mois de la Coupe du monde. Le symbole que malgré l’esprit de corps toujours prôné par Deschamps, il reste encore quelques places dans l’avion ?

Opération porte entrouverte ?

Comme toujours, les listes internationales dévoilées en mars les années paires donnent de sérieuses indications, à l’approche des grandes compétitions. C’est pour cela qu’au Brésil, l’absence de Neymar a autant fait parler. Dans l’Hexagone, les contours du groupe qui tentera d’aller décrocher une troisième étoile déchaînent nettement moins les passions. « Beaucoup de joueurs qui font partie de cette liste seront au Mondial », a même assuré Deschamps jeudi lors de sa présentation. Avant de glisser : « Mais il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives. » Pas invité dans un premier temps, Maxence Lacroix peut-il bousculer la hiérarchie ? Ou au moins s’imposer comme le premier recours en cas de défection, comme c’est le cas cette fois ?

À quelques mois de son départ annoncé, DD semble – légèrement – plus enclin à ouvrir des portes. Par lesquelles pourraient donc s’engouffrer l’ancien de Wolfsburg ou Pierre Kalulu, rappelé pour pallier la blessure de Jules Koundé. À ce stade, difficile toutefois de les imaginer être de la partie en juin s’il n’y a pas de pépin. Mais être en salle d’attente constitue déjà un accomplissement pas donné à tout le monde, comme peut en témoigner Corentin Tolisso (ou tous les jeunes milieux talentueux qui auraient pu se voir tendre la main à la suite du retrait de Manu Koné). Ou encore Matthieu Udol, qui semble voué à mettre tous les retournés acrobatiques qu’il veut sans émouvoir le sélectionneur : « Ce n’est pas une question d’âge, même s’il n’est pas jeune, confiait d’ailleurs ce dernier. Lucas Digne et Theo Hernandez ont l’habitude d’être là, ce sont deux joueurs qui ont le niveau international. La porte n’est pas fermée. À chaque poste, il y a cinq joueurs que l’on a en tête. » Maxence Lacroix a désormais la confirmation qu’il a la chance d’être de ceux-là.

Lucas Hernandez en galère dès son arrivée à Clairefontaine

Par Tom Binet

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