S’abonner au mag
  • International
  • Euro U21
  • Espagne

La Rojita et son empire du milieu

Par Robin Delorme, à Madrid
3' 3 minutes
43 Réactions
La Rojita et son empire du milieu

Sans la moindre contestation, l'Espagne a remporté l'Euro U21 israélien. Une évidence à la vue d'une équipe quelques mètres au-dessus de la mêlée. Avec son milieu quatre étoiles, la Roja n'a aucun souci à se faire : la succession est assurée.

Le succès ne souffre aucune contestation. La manière non plus. En s’offrant le scalp de l’Italie (4-2), l’Espagne s’est adjugée un troisième Euro Espoir (rebaptisé U21). Une victoire en quatre temps construit autour d’un milieu de terrain ultra-complet. Entre Thiago Alcántara, capitaine-MVP auteur d’un hat-trick, Isco, maître des fulgurances, Koke, toujours au diapason, et Illarramendi, maestro basque, l’alchimie frôle la perfection. Rien de vraiment surprenant. Les quatre larrons ne sont plus des découvertes. Dans leur club respectif, ils se sont imposés comme des pions inamovibles – exception faite de Thiago au Barça. Le tout grâce à une formation axée sur le ballon – une hérésie en France – et des modèles actuellement au Brésil. De ces quatre, aucun n’est assuré de faire le voyage sud-américain en 2014. Qu’importe. Avec leur vingtaine florissante, ils offrent des perspectives radieuses pour la Roja. Car à n’en pas douter, le règne espagnol sur le monde du ballon rond n’est pas prêt de s’estomper. N’en déplaise à ses détracteurs.

Pas de syndrome France Espoir 2002

À ceux qui en douteraient encore, le risque « comète » a peu de chance de se réaliser. Cette (nouvelle) génération dorée ne va pas disparaître en un claquement de doigt. Le parallèle avec nos Bleuets de 2002 serait donc fortuit. Pour rappel, la génération française 79-80, grande favorite de l’Euro helvétique, s’était inclinée après la séance des tirs au but face à la République tchèque. De cette troupe, nombreux s’en sont tirés avec les honneurs. Mais de Landreau, Mexès, Boumsong ou encore Govou, aucun ne s’est réellement imposé dans le gratin international. A contrario, les Espagnols de ces cuvées 91-92 sont tous des éléments clés de leur club – le cas Thiago Alcántara toujours mis à part. Isco sort d’une saison sublime et a gagné en consistance avec Málaga. Jorge Resurreccíon Merodio, aka Koke, dicte le tempo du système Simeone à l’Atlético de Madrid. Et Asier Illarremendi, trouvaille de Philippe Montanier, joue déjà comme un père de famille. De ce quatuor, la comparaison avec ses illustres prédécesseurs va de soi. Car oui, il y a du Iniesta dans Thiago, du Silva dans Isco, du Xavi dans Koke, et du Xabi Alonso dans Illarramendi. Après ce séjour israélien, l’Europe du football les verra à l’œuvre dès septembre prochain en Ligue des champions. N’en doutez pas.

Formation indépendante

Encore plus rassurant pour la patrie de Cervantès, ces poulains ne sortent pas du simple moule Barça-Real. Bien que de la Masia, Thiago Alcántara n’a rien du prototype barcelonais. Comme nous le confiait l’un de ses formateurs, Javier Lago de l’E.D. Val Miñor Nigrán, « un alliage entre la rigueur tactique italienne, le sens collectif espagnol et la technique brésilienne » . Illarremendi sort, lui, du centre de la Real Sociedad. Occupant le même poste, ayant la même dégaine que Xabi Alonso, il permet une certaine alternance jeu court-jeu long. Même topo pour Koke, Colchonero de toujours, pour qui la grinta n’est pas un vain mot. Isco, prodige andalou élevé du côté de Mestalla, joue l’électron-libre, capable de gestes techniques de grande classe. Complémentaires, ils rassurent sur la diversité de la formation espagnole. La dépendance à la Masia barcelonaise et la Fabrica madrilène ne semble pas aussi forte que parmi la Roja. Et le topo est le même concernant le reste d’un effectif où Basques de San Sebastián et Bilbao, Andalous de Séville et Málaga et Colchoneros de Madrid ont la part belle. Le toque, maître mot du football espagnol, a donc de beaux jours devant lui. Tant pis pour ses détracteurs.

Comment s’est construite la machine à gagner Vincent Kompany

Par Robin Delorme, à Madrid

À lire aussi
Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead
  • Légende
Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead

Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead

Alors que Thomas Bangalter est partout, du nouveau film de Cédric Jimenez au nouvel album d'Orelsan en passant par la fête de fermeture du Centre Pompidou, c'est le moment de relire notre grand récit sur la fin de Daft Punk !

Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead
Articles en tendances
cdm-removebg-preview
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire)   - Photo by Icon Sport
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire) - Photo by Icon Sport
  • Mondial 2026
Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.