- C1
- Quarts
- Liverpool-PSG (0-2)
Hugo Ekitiké, le talon gâché

La douleur est physique mais va bien au-delà de ça, pour Hugo Ekitiké. Victime d’une rupture du tendon d’Achille lors du match retour face au Paris Saint-Germain, l’attaquant de Liverpool voit ses rêves de jouer le Mondial s’envoler.
Le temps s’est soudainement arrêté pour Hugo Ekitiké. Peu de monde comprenait la situation, avant que les images parlent d’elles-mêmes. Un appui glissant, et malgré ses multiples efforts pour se relever, le Français se tient à répétition la cheville gauche. Impossible de se lever, comme foudroyé sur la pelouse d’Anfield. Longtemps entouré par les médecins de Liverpool, l’attaquant des Reds quitte finalement Anfield sur civière, en pleurs. Sous les applaudissements, Ekitiké le sait peut-être déjà : ses rêves de jouer une Coupe du monde sont en train de s’évanouir. Il n’aura fallu que quelques heures pour que Le Parisien confirme l’indisponibilité du Français de 23 ans, victime d’une rupture du tendon d’Achille. Une dure nouvelle pour les Bleus, mais aussi pour ce gamin qui, tout juste arrivé sur les pelouses de Premier League cette saison, prenait déjà du galon.
Les images terribles d'Hugo Ekitiké qui s'écroule sur la pelouse d'Anfield et doit sortir sur civière 😭💔 On espère te revoir vite sur les terrains @hekitike9 ❤️#LIVPSG | #UCL pic.twitter.com/3FV6OFJo9m
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) April 14, 2026
Une adaptation éclair
Forcément, quand on arrive dans l’un des plus grands clubs d’Europe, la pression est grande, encore plus lorsqu’on est transféré pour 95 millions d’euros, devenant le cinquième joueur français le plus cher de l’histoire. Mais il n’aura fallu que quelques minutes en Community Shield pour faire connaissance. Buteur dès son premier match sous ses nouvelles couleurs, Ekitiké posait alors les bases de son aventure en Angleterre. Des bases solides, qui se résument dans ses statistiques impressionnantes à la mi-avril : aligné 47 fois par Arne Slot, le buteur a trouvé 17 fois le chemin des filets, avec 6 passes décisives. En tout cas, une chose est sûre, l’ancien Parisien n’a peur de rien. « Quand je regarde mon historique, je n’ai jamais été dans un contexte facile. J’ai toujours été dans la concurrence. La concurrence, ça ne m’effraie pas », avait déclaré le Français au micro de Canal+ au moment d’analyser ses premiers mois en Angleterre.
Il a parfois fallu le convaincre de la nécessité de tous ces efforts pour devenir plus fort. Mais il a toujours persévéré, même si ce n’était pas toujours avec le sourire.
Une efficacité surprenante, un style de jeu atypique que lui seul est capable de proposer. Dans un Liverpool presque malade, il arrive pourtant à sortir du lot. Et ce n’est pas son entraîneur qui dirait le contraire. « Il a parfois fallu le convaincre de la nécessité de tous ces efforts pour devenir plus fort. Mais il a toujours persévéré, même si ce n’était pas toujours avec le sourire. Il a vraiment travaillé dur pour améliorer sa condition physique, sur le terrain et en dehors », poursuit Arne Slot en décembre 2025.

Sa première convocation avec l’équipe A des Bleus arrive dans la foulée en août 2025, lorsqu’il remplace son meilleur pote Rayan Cherki. Dès le début, l’ancien Rémois est considéré par le staff des Bleus, pour son talent, pour sa polyvalence et pour ce qu’il dégage. « Il a un état d’esprit remarquable. Il est très généreux, il ne réussit pas tout, il gagnera certainement, avec le temps, en efficacité, note Didier Deschamps dans Téléfoot. Et je ne l’ai jamais vu ne pas sourire, donc ça fait beaucoup de qualités tout ça. » Un but contre l’Ukraine pour valider la qualification au Mondial 2026, un autre contre le Brésil pour lancer l’année 2026, la flèche d’1,90 mètre avait mis toutes les chances de son côté pour visiter l’Amérique cet été.
Une malédiction
Surmonter le fait de manquer une chance de briller au Mondial va prendre du temps pour le natif de Reims. Djibril Cissé, victime d’une fracture du tibia en match amical en 2006, est passé par là. Lui aussi, à 23 ans et joueur des Reds à l’époque, voyait son rêve de Coupe du monde s’envoler à quelques semaines du départ. Ou encore Dimitri Payet, au cœur d’une des meilleures saisons de sa vie : le magicien des coups francs n’avait joué qu’une demi-heure lors de sa finale de C3 avec l’OM en 2018, victime d’une blessure aux ischio-jambiers qu’il traînait depuis une semaine, avant de sortir du terrain en sanglots. La douleur est cruelle. Pas besoin de refaire l’histoire : Payet manquera le trophée d’une vie.
Le forfait d’Ekitiké posera aussi un problème majeur pour la bande de Deschamps. Comment se passer d’un joueur aussi complet ? « Malgré sa grande taille, il est capable de faire des choses pas forcément évidentes pour un joueur de ce gabarit. Il est assez complet et a un gros volume de course », glissait Deschamps en avril. Un attaquant hypermobile, capable de jouer sur les côtés mais aussi dans l’axe : justement l’élément nécessaire au bon équilibre de son équipe. Plus qu’un simple joueur, Hugo Ekitiké aurait certainement eu son mot à dire dans le onze de départ de l’équipe de France cet été. Il faudra s’armer de patience pour le revoir briller.
Le message de Hugo Ekitiké après sa blessurePar Adrien Radulovic























































