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Flamini, l’art du gâchis

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Flamini, l’art du gâchis

Mathieu Flamini s'apprête à faire son retour au Vélodrome mardi soir pour y affronter l'OM de Didier Deschamps, dont il devait être le digne héritier à Marseille puis en Bleu. Cinq ans après son départ de la cité phocéenne, force est de constater que pour l'instant, Flamini est en train de foirer sa carrière. Focus.

Peut-on faire une grande carrière sans pour autant être un grand joueur ? Oui, évidemment. Demandez donc à Didier Deschamps. Avec son palmarès long comme le bras, la Dèche, bon footballeur s’il en était, avait l’habitude de se trouver au bon endroit au bon moment, c’est-à-dire dans des équipes qui gagnaient. De là à dire que c’est lui qui les faisait gagner, il y a une énorme marge. En effet, l’ancien capitaine des Bleus possède une armoire à trophées exceptionnellement pourvue compte tenu de son talent intrinsèque. Du flair ou de la chance, appelez cela comme vous voulez.

A l’inverse, il est également possible de passer à côté de sa carrière à cause de mauvaises décisions. A l’heure qu’il est, Mathieu Flamini s’inscrit inévitablement dans cette catégorie. Formé à l’OM, avec qui il débuta en L1 en décembre 2003, Flamini signa son premier contrat pro à 20 ans avec… Arsenal, après seulement 24 matchs disputés pour le compte de son club formateur. Un acte que José Anigo avait qualifié de « belle trahison » à l’époque. Trois ans plus tard, au lieu de persévérer, le même Flamini avait démarché de son propre chef bon nombre de médias français pour clamer à longueurs d’interviews son mal-être chez les Gunners, et accessoirement son envie d’aller voir ailleurs. Une sorte de petite annonce à l’échelle internationale. Mais à force de faire des enfants dans le dos de ses clubs, c’est finalement le joueur lui-même qui a fini par se retrouver dans le rôle du cocu.

Être ambitieux, c’est bien, mais ne pas griller les étapes, c’est mieux. En quittant Marseille pour Arsenal, champion d’Angleterre en titre, avec aussi peu de bouteille, le jeune Flamini s’est retrouvé écrasé par la concurrence. Pas un hasard si sa meilleure saison sous le maillot londonien, il la réalisa au poste de latéral gauche, lorsque Wenger avait besoin d’une rustine pour pallier le forfait longue durée d’Ashley Cole. Comprenant assez rapidement qu’il ne se forgerait jamais un énorme palmarès avec le club d’Arsène Wenger (il se murmure que son souhait le plus cher serait de gagner la C1), il choisit de signer au Milan AC. Un monstre européen. Là encore, mauvaise pioche. Il rejoint à l’été 2008 une équipe en fin de cycle, qui a poussé son chant du cygne l’année précédente lors de sa victoire en Ligue des Champions et opte pour le numéro 84. Flamini savait-il où il mettait les pieds ? Oui, et c’est ça le plus regrettable. Aujourd’hui, s’il est un titulaire assez légitime de l’entrejeu rossonero, il fait figure, à 25 ans, de jeunot au milieu d’un effectif estampillé carte Vermeil. Dépourvu de son meilleur joueur, Kaka -mais est-il nécessaire de le préciser?-, le club de Berlusconi semble en perdition et pourrait bien entraîner l’ex-futur espoir du foot français dans sa chute. Hormis une FA Cup glanée en 2005, les seules lignes du palmarès de Mathieu Flamini sont une Emirates Cup et un trophée Berlusconi. Tout cela à cause de choix de carrière discutables. Malchance ou manque d’intelligence, appelez cela comme vous voulez.

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