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L’Angleterre et la Norvège sont-elles des équipes jumelles ?

Opposées en quarts de finale de la Coupe du monde ce samedi (23 heures), l’Angleterre et la Norvège se ressemblent pourtant par bien des aspects. Tentative d’explication.
Le 3 septembre 2014, l’Angleterre défiait la Norvège pour la dernière fois. Un amical de rentrée sans saveur, à l’issue duquel les Anglais s’imposaient sur le plus petit des scores. Dans cette Norvège, ils n’étaient qu’une poignée de noms connus, comme Joshua King, Morten-Gamst Pedersen, et Ørjan Nyland – toujours présent en 2026. Il faut dire qu’à l’époque, le football norvégien était relégué au huitième plan, bien loin d’imaginer que douze ans plus tard, il regarderait ces mêmes Anglais dans les yeux, en quarts de finale de Coupe du monde. Et cela tombe bien, les deux sélections possèdent quelques similarités bien ancrées.
Notre formation mais également notre style de jeu ont logiquement été façonnés par l’Angleterre.
« Historiquement, le football norvégien a toujours été influencé par l’Angleterre, pose Leif Gunnar Smerud, entraîneur et formateur norvégien, qui a vu passer l’ensemble de la bande de Haaland chez les Espoirs. Il faut carrément remonter à la fin des années 1960, où l’on diffusait un match anglais par semaine. On a grandi avec ça, puis avec l’influence des entraîneurs anglais venus se former en Suède et en Norvège. » Ce lien anglo-scandinave s’est ainsi consolidé au fil du temps, voyant toutes les gloires norvégiennes défiler en Premier League pour se faire les dents : Töre André Flo (Chelsea), John Carew (Aston Villa), Pedersen (Blackburn), Henning Berg (Manchester United) ou John-Arne Riise (Liverpool), tous ont frotté leurs énormes gabarits à la rugosité du climat britannique. Aujourd’hui, ils sont neuf mondialistes norvégiens à évoluer outre-Manche, dont cinq titulaires (Haaland, Ødegaard, Ajer, Berge, Bobb), tandis que le sélectionneur, Ståle Solbakken, s’est aussi offert deux piges à Wimbledon (joueur en 1997-1998) et Wolverhampton (coach en 2012-2013). Des éléments factuels dont Leif Smerud n’élude pas l’importance : « Notre formation mais également notre style de jeu ont logiquement été façonnés par l’Angleterre. Par la suite, l’école néerlandaise a pris le relais. Nos joueurs actuels ont donc tiré profit de ce mélange pour arriver à ce niveau. »
Haaland, Kane et les plaques tournantes
Ce samedi en Floride, le rapport de force risque dès lors d’être sacrément égal. À commencer par la bataille du milieu. Chacune avec son trio (Rice, Bellingham, Anderson face à Ødegaard, Berge, Berg), l’Angleterre et la Norvège ont bénéficié d’une solidité frappante tout au long de ce Mondial. En témoignent la révélation Elliot Anderson, l’influence de Jude Bellingham (quatre buts inscrits) et le sens du devoir de Martin Ødegaard, que l’on qualifierait presque de « joueur chiant » tant son rôle de plaque tournante est appliqué à merveille. « Ce qui me frappe, c’est l’équilibre apporté par ces milieux, note Smerud. Plus que des intermédiaires, ils imposent le rythme dans les deux surfaces. La Norvège défend en zone, et dans ce contexte, l’équilibre apporté par notre milieu est primordial. » Des deux côtés, tout est intense, rien ne dépasse. Pour preuve, les deux sélections se suivent au classement des sprints durant ce Mondial, avec 2 269 courses pour les Three Lions contre 2 277 pour les Nordiques. Similaire tactiquement, le binôme l’est aussi sur la forme : 26,2 ans pour la moyenne d’âge, 1,85m pour la taille. De beaux bébés, emmenés par de beaux géants.
En pointe, Harry Kane et Erling Haaland se rapprochent effectivement par leurs différences. Massifs, les finishers ont décidé de marcher sur l’Amérique (six et sept buts), en assumant goulûment leur statut. Dans le style, les décrochages incessants de Kane façon 10 complètent joliment la panoplie du bulldozer Haaland dans la surface. « On a besoin d’Erling au point de penalty, ricane d’ailleurs Leif Smerud, conscient que son poulain est le mieux placé pour chatouiller la défense anglaise, qu’il martyrise déjà dix mois sur douze en championnat. De bon augure pour le spectacle ? Une évidence conclut le formateur : « J’ai été impressionné par la gestion du match face au Mexique de la part de Thomas Tuchel. Mais là où je me dis qu’on peut gagner : c’est qu’on marque beaucoup depuis le début du tournoi… Ce sera très intéressant à suivre. » Directes, intenses et prolifiques, l’Angleterre et la Norvège ont donc tout de « Mr. et Mrs. Smith », prêtes à user de cette connexion profonde pour se faire des crasses. De toute manière à la fin, c’est la Premier League qui gagne.
En direct : Norvège-Angleterre (0-0)Par Adel Bentaha
Propos de Leif Gunnar Smerud recueillis par AB.














































