- Mondial 2026
- 8es
- Mexique-Angleterre (2-3)
Angleterre : keep calm and drink tequila

Ils ont vu le précipice de près, ils ont survécu. Spécialiste des sorties de route rocambolesques après s’être vue trop belle, l’Angleterre aurait-elle enfin la réponse à toutes les turbulences en 2026 ? Attention quand même, on ne se défait pas d’un tel ADN aussi facilement.
« Prenez un autre shot et envoyez un texto à votre patron pour lui dire que vous ne viendrez pas demain. » Cette fois ça y est, l’euphorie a gagné toute l’Angleterre. Dans la bouche du héros Jude Bellingham comme dans celle de tous les fans des Three Lions de Mexico à Manchester, l’habituelle vague d’ivresse qui frappe la perfide Albion à chaque grand tournoi est enfin lancée. Il faut dire qu’après avoir survécu au traquenard tendu par la RDC en seizièmes de finale, voir la bande de Thomas Tuchel sortir triomphante de la bataille de l’Azteca a de quoi générer un grand optimisme. Après des années de malédiction, is it finally coming home ?
Des sorts ou j’te sors ?
L’altitude, l’ambiance d’un stade Azteca où le Mexique n’avait perdu qu’à deux reprises en 56 ans (et jamais en Coupe du monde), un adversaire porté par tout un peuple et une force presque mystique… Sans oublier ces pluies diluviennes venues retarder une rencontre qui avait tout pour entrer dans les mémoires. Oui, ce Mexique-Angleterre fut haletant, renversant, spectaculaire et indécis jusqu’au bout. En un mot : légendaire. Mais pour une fois, ce sont bien les Anglais qui en sont sortis les bras levés, le sourire aux lèvres. « Ce fut un moment de joie immense lorsque l’arbitre a sifflé la fin du match, sachant tout ce que nous avions enduré, ne pouvait contenir Thomas Tuchel devant la presse. C’est une performance héroïque. » L’une des meilleures dont se souvienne son capitaine Harry Kane, totalement vidé à l’issue d’un tel combat au moment d’évoquer « un match dont on se souviendra toute notre vie ».
Ce fut un moment de joie immense lorsque l’arbitre a sifflé la fin du match, sachant tout ce que nous avions enduré.
Declan Rice peut d’ailleurs remercier son sélectionneur pour son « plus beau jour avec un maillot de l’Angleterre ». Les choix de Tuchel, avec notamment l’entrée aussi étonnante que gagnante de Dan Burn pour tenir la marée, se seront avérés payants. « Nous avons surmonté tous les obstacles qui se sont dressés sur notre chemin. Je suis très fier de la mentalité et de la volonté de l’équipe, pouvait-il encore fanfaronner. Dans ces tours, l’important est de trouver le moyen de gagner. Nous l’avons fait avec le cœur. » Décrié pour ses choix tranchés, l’Allemand apparaît désormais comme l’un des principaux arguments de ceux qui affirment que les choses ont changé outre-Manche. Au moment de faire les comptes, les Lions devront également avoir une pensée pour le sort, qui – pour une fois – leur aura été favorable. Dans un monde parallèle, Jude Bellingham ne serait pas sorti de sa boîte en pleine tempête, César Montes aurait eu le temps d’armer sa volée avant la pause, et bien sûr, John Stones aurait marqué contre son camp à l’ultime seconde.
Un test ADN s’impose
Pour n’importe quelle équipe, survivre à une telle soirée serait le signe d’un mental à toute épreuve et de ce petit quelque chose en plus qui accompagne les grandes équipes vers les plus hauts sommets. Mais dans le cas de l’Angleterre, les supporters ont-ils bien raison de hurler « It’s coming home ! » à tout-va, comme à chaque fois ? Leur background ne devrait-il pas plutôt les pousser à faire profil bas, en espérant que cette baraka ne se retourne pas contre eux ? Jamais. Pourtant, d’un point de vue pragmatique, peut-on véritablement imaginer que Jordan Pickford puisse sauver à ce point la nation à chaque sortie ? Ses prestations récentes transmettent plutôt le sentiment d’un jour de grâce, plutôt que d’une base solide sur laquelle s’appuyer. Le magicien Tuchel pourra-t-il encore rafistoler le flanc droit maudit de sa défense sans faire couler le rafiot ?
L’avenir le dira. En attendant, impossible de ne pas constater que même dans la victoire, l’irrationnel continue d’escorter la sélection jusque dans la victoire avec la blessure totalement invraisemblable de Jordan Henderson. Rien qui ne remette en cause la suite du parcours d’un point de vue sportif (le milieu de Brentford n’a joué que six minutes face au Panama dans ce tournoi), mais juste assez pour entretenir cette idée que les éléments pourraient se faire un malin plaisir d’effriter le « mur des merveilles » à la moindre occasion. Dès samedi face à Erling Haaland et ses rameurs du côté de la Floride ? Si c’est le cas, il n’y aura plus qu’à se mettre au Miami Vice.
« Trois Sud-Américains à la VAR pour un match pareil ? » : Tuchel s’en prend aux arbitresPar Tom Binet




















































