- Mondial 2026
Un Mondial réservé aux Very Important Players

Depuis le début de cette Coupe du monde, les stars brillent de mille feux et laissent peu de place aux joueurs méconnus du grand public. Une énième preuve de la starification du football, même dans une compétition à 48 propice à l’éclosion de révélations.
Lorsque le réveil sonne, les suiveurs de cette Coupe du monde 2026 se réveillent en sursaut. Le pyjama gorgé de sueur – ah cette foutue canicule ! –, ils foncent scruter leurs téléphones pour découvrir le dénouement des matchs de la nuit. La tête dans le brouillard, ils cliquent un à un sur les résultats avant de lire le nom des buteurs de ces rencontres. À chaque réveil, même les yeux collés parviennent à lire le nom des buteurs. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit souvent de joueurs que tout le monde connaît, les mêmes qui reviennent dans l’actualité tout au long de l’année.
L’Argentin Lionel Messi, le Français Kylian Mbappé et le Norvégien Erling Haaland. Voici le podium du classement des buteurs de ce Mondial. Cet été, les stars des autres grosses sélections ne sont pas non plus en vacances. Vinícius a marqué avec le Brésil, Harry Kane avec l’Angleterre, Lamine Yamal avec l’Espagne, Mohamed Salah avec l’Égypte et Cristiano Ronaldo a enfin rejoint la fête ce mardi avec le Portugal. Les franchises players des nations moins cotées les suivent aussi à la trace. Pêle-mêle : Jonathan David (Canada), Folarin Balogun (USA), Alexander Isak (Suède), Raúl Jiménez (Mexique), Luis Díaz (Colombie) ou encore Aymen Hussein (Irak)… Le Ballon d’or Ousmane Dembélé a aussi rejoint cette liste grâce à sa belle performance contre l’Irak. En somme, ce Mondial en Amérique du Nord est la propriété des stars qui s’amusent notamment contre les petites nations de ce format à 48.
Une Coupe du monde a besoin de stars…
Depuis le début de la compétition, leurs performances attirent l’œil du grand public. Les membres de cette communauté dite de Footix ne suivent pas le foot le reste de l’année. Ils ne connaissent que le monde du ballon rond par le prisme des grands clubs et surtout des grands joueurs cités ci-dessus. Tous les quatre ans, ils prennent leur pied devant ces fameux mecs qui courent après un ballon. Face à leurs téléviseurs, la majorité d’entre eux attendent d’admirer les joueurs qu’ils connaissent déjà, entre autres parce qu’ils ont déjà brillé au tournoi précédent. Ce fameux sentiment du déjà-vu apporte des repères et un cadre propice à l’intérêt croissant du grand public. Un facteur nécessaire pour que cette Coupe du monde tant décriée, et à juste titre, soit une fête pour l’ensemble de la société.

Pour les initiés, cette omniprésence des stars engendre un sentiment plus contrasté. D’un côté, ils s’attendent à voir les stars de leur sport briller de mille feux et en jubilent. Si Kylian Mbappé ou Lionel Messi n’avaient toujours pas marqué, ils seraient les premiers surpris. Ceux qui connaissent les 26 joueurs de l’Ouzbékistan savent aussi que de tout temps, les grands joueurs ont marqué de leur empreinte les Coupes du monde. Ce sont d’ailleurs les performances dans cette compétition qui séparent les bons des grands joueurs. Néanmoins, si l’on élargit le spectre, c’est aussi la confirmation que le football se stratifie au point qu’on en oublie parfois qu’il est un sport collectif. Car oui, cette bande de stars hollywoodiennes invisibilise les autres acteurs de ce Mondial.
… et de seconds couteaux
Lors des dernières compétitions, des joueurs méconnus au début de la compétition étaient parvenus à obtenir plus d’attention que certaines stars. Le monde se souvient de James Rodríguez et d’André Schürrle en 2014, de Denis Cheryshev et d’Ivan Perišić en 2018 ou encore d’Enner Valencia et de Yassine Bounou en 2022. Le temps d’une compétition, ces joueurs se révélaient et découvraient la vie de star pendant un mois. Dans le même temps, certaines stars avaient aussi loupé leur compétition : Andrés Iniesta en 2014, Lionel Messi en 2018, Cristiano Ronaldo en 2022. Pour cette édition 2026, seule la star sud-coréenne Son Heung-min n’a pas encore marqué. Les autres ont toutes, ou presque, répondu présent, ce qui ne laisse quasiment aucune place aux seconds couteaux.
En Amérique du Nord, où la culture du spectacle et de la starification atteint son apogée dans les sports locaux, seuls les gardiens des petites nations et Deniz Undav, auteur de déjà trois buts avec l’Allemagne, sont parvenus à attirer les projecteurs. Pour que ce Mondial soit une fête pleinement réussie, il faut des têtes d’affiche en forme et aussi des underdogs comme le subersub de la Mannschaft. Pas de panique : il reste un dernier match de poule et toute une phase finale à jouer pour que cette caste passe les portes du château de la Star Academy.
Coup de foudre à Philadelphie : après l’éclair, tout est clairPar Mathis Blineau-Choëmet



















































