- Mondial 2026
- Quarts
- France-Maroc (2-0)
Et Kylian... Ballon d’or ?

La question est provocatrice et précipitée, mais la Coupe du monde pleinement réussie jusqu’à présent de Kylian Mbappé sur le plan individuel oblige qu’on se la pose : et s’il devenait, dans quelques jours, le nouveau favori dans la course au Ballon d’or ? L’objectif collectif prime et se rapproche, mais la route reste longue.
Désolé pour Mauvais Djo et son titre Pilé, mais son statut de tube de l’été risque de vaciller dans quelques jours. Depuis la qualification de l’équipe de France pour les demi-finales de la Coupe du monde 2026, après sa victoire facile contre le Maroc en quarts, une petite chanson commence doucement à se faire entendre parmi les supporters : « Et Kylian, Ballon d’or… Et Kylian, Ballon d’or… » Jusqu’à présent, cette rengaine était exclusivement réservée à Ousmane Dembélé, évidemment depuis le premier succès du PSG en Ligue des champions en mai 2025, mais aussi pendant ce début de Coupe du monde, pendant laquelle à défaut d’être constant et transcendant, le numéro 7 se montre beaucoup plus efficace et décisif que d’habitude en Bleu.
Au-delà des supputations et des projections, puisque tout pourrait s’arrêter sur une saloperie de but d’Oyarzabal à Dallas, cela signe déjà une première petite victoire pour Kylian Mbappé, qui a très certainement fait de ce Ballon d’or l’un des objectifs de sa saison. Une saison singulière, comme tout ce qui touche Kyks, lors de laquelle il a marqué mille buts, remporté zéro trophée en club, vu son rôle au Real Madrid remis en cause, son positionnement tactique sans cesse discuté, sa place en pointe de l’équipe de France voire son capitanat chahutés la veille encore du premier match de poule face au Sénégal.
Le 30 mai, Dembélé était même de nouveau le favori à sa propre succession après la finale contre Arsenal, et le back to back en Ligue des champions qui venait ponctuer une nouvelle saison remplie de titres, de stats et de buts marquants du lauréat 2025. Moins d’un mois et demi plus tard, Kyks est revenu dans la course, au minimum au niveau de Ous’. Le 10 des Bleus et du Real Madrid l’a bien compris : en saison de Coupe du monde, une grosse performance individuelle en sélection cette année pourrait – au conditionnel, parce que l’histoire a montré que ce n’était pas du tout systématique – faire réfléchir les votants.
Le rendez-vous des stars
Si Mbappé terminait champion du monde, pour la deuxième fois en trois éditions, le tout en étant à chaque fois le facteur X de son collectif, le sauveur et celui qui plante des buts qu’on a envie de revoir, le débat pourrait être plié dès le 19 juillet au soir, heure française, tant le narratif médiatique et le storytelling apparaîtront évidents. S’il a passé les premières épreuves pour revenir dans la discussion, les obstacles demeurent nombreux. Déjà, le casting de candidats encore en lice pendant cette World Cup qui fait la part belle aux stars est impressionnant. Pêle-mêle, Messi évidemment, Kane, Haaland, Bellingham, Lamine Yamal sont dans le rétro d’Ousmane Dembélé autant que le capi français en cas de victoire finale ou, pourquoi pas, de performances superlatives d’ici la finale.
Une élimination en demi-finales de la bande de Deschamps solderait également sans doute les chances de Mbappé. Un autre scénario, plus fou mais pas improbable, pourrait voir un autre Bleu lui piquer la vedette sur les deux derniers matchs, Olise qui se réveillerait après deux tours mitigés ou, plus naturellement, Dembélé qui serait plus décisif que lui sur la fin du parcours… Parmi les scénarios favorables, outre la victoire finale avec une continuité de ses performances dans un costume de héros de la nation, une Coupe du monde perdue de nouveau en finale où il termine meilleur buteur de l’édition et de fait de l’histoire du tournoi pourrait l’aider dans sa quête. Mais tout dépendrait alors aussi du vainqueur en face, comme en 2022…
À moins que la très surprenante victoire d’une équipe inattendue, type Belgique ou Suisse, ne permette de dégager une individualité qui fasse le poids avec les chiffres de Kyky de Bondy. En attendant, Mbappé a déjà réussi à entamer une reconquête des cœurs auprès d’un public qui le boudait de plus en plus et à remettre les points sur les i sur ses qualités de footballeur et son statut de plus grosse star du foot des années 2020. Ça, ce n’était pas gagné. Tout comme soulever le Ballon d’or 2026, qui va déjà animer les débats quand on peut d’abord se contenter de savourer le moment. Mais bon, après tout, on peut bien faire un tube de l’été avec un refrain qui dit « Michael Jackson a pilé, pilé, pilé… ».
La cheville la plus importante de France n’inquiète pas les BleusPar Pierre Maturana














































