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Coupe du monde 2022 : Australie, l’invitée pas si surprise

Par Adrien Hémard-Dohain
Coupe du monde 2022 : Australie, l’invitée pas si surprise

Pour la deuxième fois de son histoire, l’Australie va disputer un huitième de finale de Coupe du monde, ce samedi face à l’Argentine. Une qualification qui étonne tout le monde, mais pas si surprenante que ça vu le tournant pris par les Socceroos depuis 2004.

le 03/12/2022 à 20:00
Coupe du monde 2022
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Fumigènes, foule en délire devant un écran géant, reprise de Freed from desire… Des scènes classiques pour un match de Coupe du monde, d’un point de vue européen. Mais on parle là d’images inédites, puisque la scène se passe à Melbourne, sur les coups de 4 heures du matin, jeudi 1er décembre. L’Australie vient de coiffer le Danemark sur le poteau (1-0) et s’offre ainsi un ticket pour les huitièmes de finale du Mondial 2022. Le peuple australien ne sait pas encore à ce moment qu’il va hériter de l’Argentine de Messi, mais peu importe. Seize ans après leur unique huitième de finale de Coupe du monde, les Socceroos sont de retour. Un exploit pas sorti de nulle part.

 C’est 11 contre 11. Il n’y a pas 11 Messi, il n’y en a qu’un. (…) Ils sont évidemment motivés par le fait qu’il pourrait s’agir de la dernière Coupe du monde de Messi, qu’il veut la gagner et terminer en beauté. Pour nous, il s’agit d’empêcher cela.

Une contre-culture football historique

Toutes les anciennes colonies britanniques ne partagent pas forcément la fièvre du ballon rond. Importé par les colons au XIXe siècle, le football ne date pas d’hier en Australie. Ce qui n’empêche pas les descendants des bagnards anglais – d’où peut-être ce rejet – de l’appeler soccer, et surtout de s’en désintéresser franchement depuis des lustres. Le football australien – qui mélange football et rugby –, le rugby à XII et à XV et le cricket devancent de loin le soccer aux yeux des compatriotes de Kylie Minogue. Et ce, même si l’on parle d’une des nations les plus sportives du monde, où le culte du physique est ancré dans la culture locale. Un rapide coup d’œil au classement des médailles aux différents JO le rappelle en un rien de temps.

Pourtant, le ballon rond a une vraie histoire en Australie. Pays d’immigration, avec 30% de la population née loin de ses terres, le « Down Under » a vu naître une contre-culture sportive via le football, utilisé comme un moyen d’intégration par les différentes diasporas. C’est ainsi que la National Soccer League fut lancée par des immigrés, avant d’être démantelée en 2004, à cause de son communautarisme trop prononcé. Certains incidents autour de clubs proches de peuples de l’ex-Yougoslavie ont d’ailleurs longtemps pesé sur l’image du sport roi en Australie, souvent pris de haut. Mais aujourd’hui, le football se développe, et la tradition melting-pot des Socceroos est devenue une force.

En 1974, lors de la première participation de l’Australie au Mondial, 8 joueurs sur 22 étaient nés en Australie. Un quota proche de celui de 2022, puisque la sélection actuelle comporte des joueurs d’origines serbe, italienne, néerlandaise, turque, bosnienne, néo-zélandaise, maltaise, irlandaise, nigériane, libanaise, afghane, kenyane et égyptienne. Parmi eux, Milos Degenek, originaire d’une enclave serbe de la Croatie, qui affiche les ambitions nouvelles de l’Australie dans ce Mondial, avant de défier l’Argentine : « C’est 11 contre 11. Il n’y a pas 11 Messi, il n’y en a qu’un. L’Argentine, après sa première défaite, est passée à un autre niveau et a décidé de jouer au mieux de ses capacités et d’aborder chaque match avec la détermination de gagner. Ils sont évidemment motivés par le fait qu’il pourrait s’agir de la dernière Coupe du monde de Messi, qu’il veut la gagner et terminer en beauté. Pour nous, il s’agit d’empêcher cela. »

Nous avons beaucoup appris du match contre la France. Et, vous savez, je pense que nous leur avons montré un peu trop de respect dans ce premier match. Ce match face à l’Argentine sera complètement différent.

Un projet de jeu clair et efficace

Car l’Australie ne fait plus rire personne, après avoir fait bégayer les Bleus, puis battu la Tunisie et le Danemark. « Nous avons beaucoup appris du match contre la France. Et, vous savez, je pense que nous leur avons montré un peu trop de respect dans ce premier match. Ce match face à l’Argentine sera complètement différent », promet d’ailleurs Milos Degenek. Au-delà de l’effet de surprise, et de la relative méconnaissance dont elle bénéficie, l’Australie s’est appuyée sur sa force de toujours : son impact physique. Mais pas que. Derrière cette débauche d’énergie, il y a aussi un projet de jeu clair, mené par plusieurs joueurs expérimentés en Europe : des transitions rapides, avec une volonté de minimiser les touches de balle dans le camp adverse. L’ouverture du score face aux Bleus en est l’exemple parfait.

Derrière cette stratégie, un homme, qui a tout changé : Graham Arnold. Car après l’expérience ratée du Néerlandais Bert van Marwijk, l’Australie est revenue aux sources en nommant un ancien international maison à la tête de la sélection en 2018. À 59 ans, Graham Arnold pèse sept saisons en tant que numéro un en A-League, et connaît parfaitement le football local. Il y détient d’ailleurs l’un des plus grands pourcentages de rencontres sans défaite (81,5%). Il était aussi adjoint en 2006, lorsque Guus Hiddink emmena la génération dorée en huitièmes de finale du Mondial allemand. Battue par l’Italie sur un penalty grotesque en toute fin de match, l’Australie venait de connaître son meilleur parcours dans le Mondial pour sa deuxième participation. Depuis, les Socceroos n’en ont pas manqué un seul.

Et pour cause : depuis 2004, le football est devenu une affaire sérieuse dans le Down Under. À l’époque, la Fédération décide de quitter la faible confédération océanique pour aller se frotter au continent asiatique plus relevé, et avec plus de strapontins pour la grand messe mondiale. Un choix payant, puisque depuis, l’Australie n’a manqué aucune Coupe du monde. Elle a pourtant bien failli le faire cette année, après des qualifications compliquées, terminées derrière l’Arabie saoudite et le Japon. Après avoir écarté les Émirats arabes unis en premier barrage, les Socceroos devaient en découdre avec le Pérou lors d’un ultime match au Qatar, joué dans un stade totalement acquis à la cause péruvienne. Mais la bande de Graham Arnold a amené le Pérou aux tirs au but, avant le coup de génie du sélectionneur, qui a sorti l’emblématique gardien Mathew Ryan pour faire entrer Andrew Redmayne.

Le portier de Melbourne danse alors littéralement dans ses buts, avant de repousser la sixième tentative péruvienne, et d’envoyer l’Australie au Qatar. Après avoir frôlé l’élimination, deux mois plus tard, l’Australie est en huitièmes de finale grâce à ses deux premiers clean sheet en Coupe du monde depuis… 1974. Mathew Ryan a retrouvé sa place dans les cages, dans une équipe méconnue, mais expérimentée (26,5 ans de moyenne d’âge), passée experte dans l’art de faire déjouer ses adversaires. Les Argentins savent à quoi s’en tenir. Il ne faut plus prendre les Socceroos à la légère. Avec un million de licenciés, le soccer a pris de l’épaisseur dans le Down Under. Et un nouvel exploit en huitièmes ferait sans doute exploser ce compteur.

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