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Comment jouer avec Joey Barton ?

Markus Kaufmann
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Comment jouer avec Joey Barton ?

Joseph Barton, c’est des frasques, des gestes violents, des lectures philosophiques et un esprit engagé. Bref, un type fascinant. Mais c’est avant tout un athlète qui vient en France pour jouer au football.

Quel poste ? Quel style de jeu ? Bon, on sait tous que Barton est un milieu de terrain et qu’il est capable de s’énerver rapidement. Mais quel type de milieu ? « Box to box » , cela veut dire quoi, exactement ? Un joueur qui court partout, d’une surface à l’autre, tacle, frappe de loin, porte le ballon sur cinquante mètres, comme Gerrard et Lampard ? Plus ou moins. Moins, dans le cas de Barton. Si lui-même se qualifie de milieu box to box, en Angleterre, on parle plutôt de « shield » , de bouclier. Car Barton n’a pas vraiment l’habitude de traîner aux abords de la surface adverse. Lui, il s’occupe de la zone médiane. Il ratisse, tacle, ordonne, joue simple, aère le jeu sur un côté ou conserve le ballon pour faire remonter le bloc. Surtout, il donne le tempo et réalise toujours le premier tacle de son équipe. Un baromètre, un joueur du profil de Gennaro Gattuso ou encore de Nigel de Jong. Dans La Provence, Djibril Cissé l’a comparé à Lorik Cana : « Il a un tempérament de guerrier, un mental d’acier qui rejaillit sur ses coéquipiers. Il est capable de transcender un groupe. » Avec une moyenne d’un but tous les dix matchs, il ne faut pas trop s’attendre à voir Joey tenter des lucarnes à l’entrée de la surface. D’ailleurs, son meilleur match avec le brassard de QPR restera indéniablement la victoire à domicile contre Arsenal : face aux assauts de Barton, le jeu de passes des Gunners s’enraye et QPR s’impose 2-1. À la fin du match, Wenger salue la performance du numéro 17 : « Pour gagner des matchs de football, il faut avant tout gagner ses duels (fights en original). » « Pas vraiment un numéro 10 » À la sortie du Vélodrome, après la qualification de l’OM en Europa League hier, Le Phocéen demandait à Barton quel rôle il s’attendait à avoir dans le milieu de Marseille. La réponse est limpide : « Je joue « box to box », pas vraiment numéro 10. Dans chaque équipe, il faut des joueurs très techniques, des joueurs avec de la vitesse, d’autres joueurs pour défendre, et enfin quelqu’un au milieu, qui fait des passes, qui joue simple, rien de compliqué. » Voici la principale caractéristique de Joey Barton : jouer au milieu. Mais pas seulement. Mark Hughes a toujours été fan du 4-4-2, mais les suspensions de Cissé l’ont obligé à utiliser un 4-2-3-1 l’an dernier. Dans le premier, Barton jouait dans un double pivot classique, à la récupération. Mais dans le second, son rôle pouvait aussi être celui d’un meneur en retrait, sorte de Paul Scholes, toutes proportions gardées. L’homme qui dirige le jeu, lance les ailiers, cherche à déséquilibrer le bloc adverse. Barton a aussi développé de bonnes qualités de tireur de coups de pied arrêtés, et notamment de pénaltys, surtout depuis 2007 et son départ de City pour Newcastle. Un joueur plus fin qu’on ne le pense ? Avant l’épisode l’ayant opposé à Gervinho et Song avec Newcastle, Barton aurait même été approché par Wenger… Donc, un bon pied et du cœur à la récupération. Comme Cheyrou, alors ? En quoi peut-il aider Marseille ? Alou Diarra parti jouer à West Ham United, Élie Baup a une idée précise de ce qu’il veut de Barton : « Il a une grosse activité sur le terrain, un gros potentiel dans la récupération du ballon. Il permet à son équipe de jouer haut, de récupérer le ballon le plus vite possible après sa perte. Il comble beaucoup d’espaces. Dans mon idée de jeu, ça colle bien. À la perte de balle, je souhaite que l’on soit au pressing immédiatement. Lui, c’est dans ses gènes. » En ce début de saison, le système d’Élie Baup repose sur deux milieux centraux : Kaboré et Cheyrou, et peut également compter sur Rafidine Abdullah, associé à Cheyrou contre Sheriff. Si Baup souhaite garder le même système, Barton prendrait donc la place de Kaboré ou de Cheyrou. Aux côtés de Kaboré, on verrait alors un Barton avec de grosses responsabilités d’organisation offensive. Avec Cheyrou, l’international anglais (oui, oui) aurait la mission de boucher les espaces, de couvrir, de récupérer.
La question serait alors de savoir quelle charnière centrale compte utiliser Baup en l’absence de Diawara. Mbia et sa polyvalence partis, on peut effectivement penser à Kaboré, utilisé aux côtés de Nkoulou contre Sheriff. Fanni ? N’Diaye ? Une dernière recrue ? L’affaire se complique si l’on aborde la question Rémy : va-t-il conserver son 4-2-3-1 et faire jouer l’ancien Niçois sur l’aile ? Ayant à sa disposition des joueurs de couloir comme les Ayew, Amalfitano ou Valbuena, on voit mal Baup utiliser un milieu à trois dans un 4-4-2. L’idée serait néanmoins intéressante, avec un André Ayew qui pourrait retrouver son poste de relanceur dans un losange composé de Barton, Cheyrou, le Ghanéen et Valbuena derrière les deux attaquants. Concernant Barton, il se pose enfin la question éternelle et presque mythique de l’adaptation à la Ligue 1. En Premier League, et encore plus pour des équipes comme « l’ancien City » , Newcastle ou QPR, le rythme est très élevé, le ballon va très vite d’un côté à l’autre, cela « rebondit partout » et donc le rôle de ce joueur qui pose le jeu au milieu est crucial. En Ligue 1, le jeu est plus lent, l’engagement est moindre, les contacts moins fréquents et il se pourrait bien que Barton prenne du temps à comprendre le tempo qu’il faudra donner à l’OM. Parfait, M. Joseph Barton n’est pas pressé. Il est suspendu jusqu’à novembre.

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