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Chelsea : le changement, c’est pour quand ?

Par Florian Cadu
5' 5 minutes
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Chelsea : le changement, c’est pour quand ?

Alors que l’arrivée d’Antonio Conte devait révolutionner la machine bleue, cette dernière ressemble pour l’instant étrangement à celle de la saison dernière. Dès lors, certains choix de l’Italien posent question.

Il était attendu comme le sauveur. Un peu trop, sans doute. Mais qui pourrait reprocher à un supporter de croire à un espoir un peu fou, exagéré ? Alors, quand Antonio Conte est arrivé, après avoir brillé avec la sélection italienne lors d’un Euro 2016 dont il aura été l’une des stars, les fans de Chelsea se sont pris au jeu. Et l’ont adoubé. Lui réussirait là où Guus Hiddink avait plus ou moins échoué. Il devait être celui qui relèverait leur club. Celui qui le remonterait tout en haut de la scène nationale, avant de s’attaquer à la continentale. Lui, l’Italien, il parviendrait à bousculer les codes anglais et réinstallerait une âme dans une équipe qui se cherche depuis bien plus qu’un an.

Les trois premières journées ont d’ailleurs maintenu ce rêve. Chelsea jouait plutôt bien, l’animation offensive était encourageante, Eden Hazard rayonnait. Puis est arrivé ce maudit Liverpool qui, en une seule mi-temps, a balayé des esprits toutes les apparences de ce début de saison 2016-2017. Car oui, le Chelsea qui a passé les 45 premières minutes face à Liverpool ressemblait comme deux gouttes d’eau à celui de l’année dernière. Les mêmes joueurs, la même passivité pour la même conséquence – pas d’occasion et des buts encaissés.

Loin, très loin de la Squadra

Si l’on voulait être très sévère, et si l’on prenait cette mi-temps comme seul modèle, on pourrait dire que la tactique globale n’a pas évolué d’un pouce. Chelsea serait alors toujours une équipe attentiste, qui ne souhaite pas faire le jeu, qui ne kiffe pas franchement la possession de balle et qui s’expose donc aux manœuvres de l’adversaire, préférant parier sur un éventuel contre ou un coup de pied arrêté de Willian. Ce n’est pas faux, mais pas non plus tout à fait exact. Aujourd’hui, même si elles sont encore trop rares, de belles séquences offensives existent, comme on a pu l’observer lors de la deuxième période contre Liverpool. Non, ce qui n’a pas changé, c’est cette dangereuse absence de sérénité, quel que soit le score. À Swansea, les Blues étaient largement meilleurs. Ils l’ont d’ailleurs montré. Ce qui ne les a pas empêchés de manger deux pions en quelques minutes et de repartir avec un seul point. Idem contre West Ham, qui n’avait pas cadré une seule fois avant d’égaliser. Pareil face à Watford. Même Bristol, club de troisième division, est venu coller deux buts au Bridge.

Cette fragilité, Conte la connaissait. En grand spécialiste qu’il est, il n’a pas pu passer à côté de cela dans les visionnages qu’il s’est imposé avant de s’asseoir sur le banc anglais. Et sachant son goût pour la rigueur, elle a dû faire tilt. La question primordiale est la suivante : pourquoi n’a-t-il pas anticipé ? Le souci ne date pas d’hier et se localise en charnière centrale. N’importe quel coach a pu identifier la vieillesse des jambes de Terry et de Cahill. Surtout quand on a passé une partie de son été avec un trio Bonucci-Barzagli-Chiellini. Pourquoi ne pas avoir ciblé un patron de défense lors du mercato, ce qui constitue la priorité depuis l’hiver dernier ? Pensait-il vraiment que sa recrue phare, N’Golo Kanté, allait colmater toutes les brèches ? Dans un souci d’urgence, et pour éviter le pire, Antonio a opté pour David Luiz dans les dernières heures du marché des transferts. Pensait-il vraiment qu’il représentait le futur ou a-t-il préféré se laisser du temps pour dégainer en janvier ?

Oscar + Moses > Fàbregas + Michy ?

Moins importants, mais tout aussi énigmatiques sont les choix actuels du technicien. L’énigme Oscar, bien que discipliné, ne met pas un pied devant l’autre, mais garde un statut de titulaire inamovible. Pendant ce temps-là, un Cesc Fàbregas aux pieds d’or ronge son frein comme jamais sur la touche (une petite demi-heure de jeu en Premier League). D’accord, l’Espagnol ne comprend pas le terme « défendre » , mais il ne peut être que plus utile, au vu de l’état de forme du Brésilien. Quant à Victor Moses, qui propose une fulgurance toutes les 3000 minutes et qui s’est ramassé dans chaque club où il a été prêté, sa pré-saison a sans doute été réussie, mais vaut-elle davantage que les gestes décisifs d’un Michy Batshuayi (trois goalset une passe décisive toutes compétitions confondues) ? Conte semble le penser, puisqu’il privilégie l’ancien de Liverpool lorsqu’il faut apporter du sang neuf en cours de rencontre.

Attention, tout n’est pas à jeter, bien au contraire. En deux mois de compétition, Antonio Conte a d’ores et déjà réussi à redonner confiance à des joueurs comme Costa (cinq buts) et Hazard (meilleur joueurs du mois d’août). Il a aussi installé un état d’esprit à son image, c’est-à-dire doté d’une abnégation assez incroyable, en témoignent ces tremblements de filets et ces points arrachés dans les derniers instants contre West Ham, Swansea et Watford. Reste désormais à régler les problèmes qui étaient déjà présents il y a très longtemps. Trop longtemps, maintenant.

Les supporters de Liverpool attendus en nombre au Parc des Princes

Par Florian Cadu

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