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Ce que doit faire l’OM après le deuxième sacre du PSG en Ligue des champions

Allez, OK, Paris a gagné. Et si, à Marseille, il y avait la place d’accueillir ce titre du rival historique non pas avec fatalisme mais comme un déclic pour avancer vers une nouvelle manière de les aborder ?
Ce deuxième titre européen du PSG fait moins mal que le premier. Peut-être parce que cette finale contre Arsenal n’a pas ressemblé à une démonstration humiliante comme celle face à l’Inter Milan un an plus tôt, avec une ouverture du score qui ressemblait déjà à une séquence d’entraînement conclue avec insolence. Peut-être aussi parce que Marseille était moins concerné. Le délire « à jamais les premiers » ne semblait pas vraiment occuper l’esprit des Parisiens qui voulaient plus entrer dans l’histoire de ce sport, tout simplement.
Alors bien sûr, il y a toujours les irréductibles. Ceux qui refusent de voir ce qu’ils ont sous les yeux. L’an dernier, certains expliquaient que le Qatar était sponsor de l’Inter Milan. Cette année, retour à une valeur refuge : l’arbitre était avec eux. Mais la plupart des supporters marseillais sont capables de reconnaître une évidence sans pour autant demander un abonnement au Parc des Princes. Cette équipe mérite sa Ligue des champions. Pour ce qu’elle a montré en finale, pour l’ensemble de sa campagne européenne, mais aussi pour la manière dont Luis Enrique a façonné ce groupe. Probablement la partie la plus difficile à avaler.
Le miroir inversé
Pendant des années, le PSG version QSI a été un objet de moquerie. À Marseille évidemment, mais pas seulement. On y voyait un actionnaire arrogant, persuadé que l’argent suffisait à tout acheter, et qui se faisait régulièrement plumer au moment de passer à la caisse. Le club qui voulait recruter le nouveau Messi au début du projet, et qui a recruté l’original en fin de parcours. Il n’y a pas si longtemps encore, Paris dépensait près de 90 millions d’euros pour Randal Kolo Muani à Francfort. Quelques mois plus tard, le même Francfort récupérait Hugo Ekitiké avant de le revendre à nouveau 90 millions. Sauf que maintenant, Paris, c’est le club qui a fini Football Manager. Celui qui arrive en 2042 avec un stade agrandi, une réputation mondiale, quinze wonderkids développés au club, des finances parfaites et une domination si complète qu’il ne reste plus qu’à accélérer les matchs en cliquant sur « continuer ».
Jugez plutôt : deux Ligues des champions en deux ans. Un capitaine présent depuis treize saisons. Des joueurs qui auraient pu signer ailleurs mais qui choisissent Paris pour le sportif, comme Désiré Doué ou Khvicha Kvaratskhelia. Un entraîneur qui n’est plus un simple gestionnaire de stars mais le centre du projet, aussi bien dans le jeu que dans la communication. Des recrues payées cher qui deviennent encore meilleures une fois arrivées, comme Pacho, Vitinha ou Dembélé. Et, histoire d’être vraiment insupportables jusqu’au bout, des jeunes formés au club qui jouent. Warren Zaïre-Emery, Senny Mayulu, Ibrahim Mbaye. Trois joueurs issus de la formation sur la feuille de match samedi. Autant qu’Arsenal, dont c’est pourtant censé être la spécialité. Ils s’imposent aux tirs au but, comme pour la Supercoupe d’Europe contre Tottenham, la Coupe intercontinentale contre Flamengo et… le Trophée des champions contre Marseille. Ce n’est pas une loterie, ils gagnent à tous les coups. À jamais les plus proches ? Même pas. Tottenham menait encore 2-0 à cinq minutes de la fin du temps réglementaire.

Pendant des années, les supporters marseillais pouvaient toujours se raccrocher à une certitude : au moment où la pression devenait insupportable, Paris finirait bien par trouver une nouvelle façon de se saborder. Le rendez-vous du printemps a disparu brutalement. Paris a mis quatorze ans pour atteindre son objectif. Et c’est vrai, Bernard Tapie avait réussi à installer l’OM sur le toit de l’Europe en deux fois moins de temps. Mais au bout du compte, ils l’ont gagnée deux fois, le débat est clos.
Une bataille après l’autre
Paradoxalement, c’est peut-être une bonne nouvelle. Parce qu’il n’y a plus vraiment de raison de rougir à l’approche d’un match contre eux. Ils ont construit quelque chose qui dépasse aujourd’hui le cadre du championnat de France. Lorsqu’on entend encore certains chants anti-marseillais lors des célébrations au Parc des Princes dimanche, on a l’impression que Paris entretient cette rivalité davantage par besoin de culture club que par véritable antagonisme sportif. Une bonne partie des joueurs actuels étaient enfants quand cette opposition avait déjà cessé d’être équilibrée.
L’OM doit donc arrêter de courir après un objectif qui n’existe plus. L’idée ne doit plus être de commencer une saison en se disant que, peut-être, si Paris traverse une mauvaise passe, il y aura une fenêtre. Une Monaco 2017. Une Lille 2021. L’objectif doit juste être de faire deux podiums consécutifs, de s’installer durablement en Ligue des champions. Faire le plein contre les petites équipes du championnat (et il y en a beaucoup, beaucoup) plutôt que de transformer chaque Classique en question existentielle. Accepter de partir avec moins de talents individuels mais produire davantage de stabilité. Générer moins de frustration. Être le premier des autres, en somme. Accepter d’être dans la cour des petits. Oui, cela fait moins rêver, mais chaque chose en son temps. Lorsque l’OM a remporté son dernier titre de champion de France en 2010, le football européen fonctionnait selon une autre économie. Il y avait pourtant une constante qui demeure valable aujourd’hui : Marseille disputait alors sa troisième Ligue des champions consécutive.
Medhi Benatia ne dirait pas non au PSG et à Nasser al-Khelaïfi dans le futurPar Romain Canuti, à Marseille






















































