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Dimitri Payet et sa dernière discussion avec Marcelo Bielsa

Dimitri Payet est revenu en longueur sur sa carrière à l’OM dans Ils font Marseille. L’occasion de livrer de nouveaux éléments de l’intérieur sur la saison si particulière avec Marcelo Bielsa.
De passage dans le podcast Ils font Marseille, Dimitri Payet est revenu en longueur sur les moments forts de sa carrière. Il a notamment évoqué Marcelo Bielsa, alors que les deux hommes ont collaboré durant la saison 2014-2015 qui avait fait des étincelles.
Pourtant, première révélation, cette association aurait très bien pu ne jamais voir le jour. Vincent Labrune, alors président de l’OM, souhaite le vendre en mai 2014 à Swansea après une première saison timide. « Je peux comprendre. Quand un club investit sur vous et que vous avez une année très difficile, la question se pose, il y a une logique économique à avoir, commente le jeune retraité. Mais je n’avais jamais quitté un club sur un échec, donc je ne voulais pas partir. » Payet découvre alors Bielsa, sa méthode, tout en sachant que le coach a été prévenu qu’il pouvait partir à tout moment pour financer le reste du mercato. « Mais il a fallu un match pour tout changer, un match contre le Bayer Leverkusen où il me met en 10, et à la fin, il dit que je ne vais pas bouger. Ça s’est joué sur un match amical de présaison. »
Les Olympiens s’imposent 4-1 contre les Allemands pour leur premier match de préparation. C’est bon, Payet va avoir un rôle à jouer dans cette saison qui va marquer toute une génération de supporters. « C’était dur parce qu’on travaillait énormément, mais quand on voyait ce que ça donnait le week-end… On prenait un tel plaisir à jouer, on était unis et il y avait une progression collective qui s’est opérée au fil des matchs. Et pourtant les deux premiers matchs en Ligue 1, ça n’avait pas marché, mais Bielsa était serein, il nous disait que c’est normal, que ça allait prendre du temps, mais qu’après… et on fait 8 victoires consécutives pour se retrouver leaders. »
Il faut dire qu’à cette époque, l’OM avait une sacrée équipe. Que des forts caractères, ce qui n’était absolument pas un problème à écouter Payet dans le studio marseillais. Au contraire. « Pour l’avoir vécu, les meilleures saisons que l’on a pu faire, c’est celle où il y avait le plus de fous dans le vestiaire. Pour moi, c’est lié. Gignac, Imbula, Ben Mendy, Mario Lemina, Batshuayi, André Ayew qui avait son style mais qui était bien dans la bande, Ocampos, Nico Nkoulou… Morel et Steve Mandanda, c’étaient les grands frères. Mais à partir du moment où le coach arrive à vous faire comprendre l’intérêt collectif, tout le monde va dans le même sens et on tient le bon bout. »
Las, l’OM ne parvient pas à finir sur le podium, pas de Ligue des champions, il faut donc vendre pour équilibrer les comptes. Rengaine connue. Et c’est Payet qui va en faire les frais rapidement. Malgré une dernière discussion avec le technicien argentin, son traducteur et Franck Passi. « Il y avait la DNCG avant le 30 juin, il fallait vendre. La première offre concrète qui tombe, c’est pour moi. Ce n’était pas dans mon projet de partir, la tendance c’était de continuer avec Bielsa. Mais lui a toujours dit qu’il faisait avec les armes qu’on lui donnait, il ne voulait pas décider de ça. Il m’a dit qu’il m’adorait, mais qu’il ne voulait pas prendre parti. Ma dernière chance de rester, c’était qu’il s’y oppose, mais il n’est pas rentré en conflit avec la direction là-dessus. Par chance, en face, j’avais un club avec un coach Slaven Bilić qui me voulait vraiment. » Payet file à Londres et ne tarde pas à s’illustrer avec les Hammers.
Et c’est devant sa TV qu’il assiste au départ de Bielsa de l’OM pour l’ouverture du championnat. « J’avais regardé le match, et je vois que ça commence à partir dans tous les sens après, avec la conférence de presse où il sort sa feuille… Ce n’est jamais bon de démarrer une saison comme ça. Et ça m’amène à me dire que mon histoire avec le club a un goût d’inachevé. » Dans l’entretien, Payet reviendra aussi du coup sur les conditions de son retour 18 mois plus tard, avec un homme qui a failli le faire hésiter. Un certain Pep Guardiola qui lui susurre un « I love you, come to play for me » à la fin d’un match contre Manchester City. Il ne l’avait pas vue venir celle-là, Gilles Favard ?
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