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« Un accident qui va me suivre jusqu’à ma mort » : comment se remettre d’un penalty important raté

Par Brice Bossavie, Thomas Goubin et Rico Rizzitelli
15 minutes

En ratant sa panenka dans le temps additionnel de la finale de la CAN contre le Sénégal, le Marocain Brahim Díaz est, à sa manière, entré dans l’histoire du foot. Qu’il se rassure : il n’est ni le premier, ni le dernier à passer par ce grand moment de solitude dans une grande compétition internationale... Des joueurs de tout horizon reviennent sur le moment qui a fait basculer leur vie, leur carrière. Et parfois l’histoire avec un grand H.

« Un accident qui va me suivre jusqu’à ma mort<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>» : comment se remettre d’un penalty important raté

Alberto Garcia Aspe

Huitième de finale du Mondial 1994 : Mexique-Bulgarie (1-1, puis 1-3 aux TAB)

« C’est un souvenir terrible qu’on ne cesse de me rappeler, et ce sera le cas jusqu’à la fin de ma vie. Avant ce jour-là, je n’avais jamais manqué un penalty en sélection. D’ailleurs, pendant le temps réglementaire j’avais inscrit le seul but de notre match sur penalty, avec ma technique habituelle. Je prenais seulement deux pas d’élan et j’adressais une puissante frappe croisée en hauteur. Si elle était bien exécutée, c’était imparable. Selon moi, mon raté est justement lié à cette réussite. J’avais demandé au sélectionneur d’être le cinquième tireur, pour pouvoir étudier la manière de plonger du gardien. Mais il n’a pas voulu. Il a insisté pour que je sois le premier à tirer. C’était un témoignage de confiance de sa part, mais quand j’ai mis le ballon sur le point de penalty, j’ai subitement commencé à douter. C’est un moment qui dure une fraction de seconde mais que tu ne peux pas te permettre à ce moment-là… Et le ballon s’est envolé sur la partie supérieure de la barre transversale.

J’étais déjà un spécialiste, mais j’ai réalisé que je devais travailler encore davantage mon exécution. Je m’entraînais quatre fois par semaine, et j’ai enchaîné ensuite plus de 40 penaltys sans échec.

Alberto Garcia Aspe

Si je n’avais pas pris ce penalty pendant le match, jamais je n’aurai manqué ce tir au but, d’autant que ça a provoqué une réaction en chaîne. Après moi, Jorge Campos a arrêté le tir de Krasimir Balakov, mais mes coéquipiers n’ont pas tiré avec leur confiance habituelle. Aujourd’hui encore, je suis convaincu qu’on se serait qualifié si j’avais mis le mien, car ça aurait montré la voie aux autres. Quoi qu’il en soit, pour moi, ce penalty a été un tournant. J’étais déjà un spécialiste, mais j’ai réalisé que je devais travailler encore davantage mon exécution. Je m’entraînais quatre fois par semaine, et j’ai enchaîné ensuite plus de 40 penaltys sans échec. En sélection, je voulais ma revanche. Et je l’ai eue au Mondial 98, en phase de poules face à la Belgique. Ce jour-là, Luis Hernandez voulait le tirer, mais je l’ai envoyé balader, car je m’étais préparé pour ce moment. Reste qu’aujourd’hui, c’est encore de ce penalty contre la Bulgarie dont on continue de me parler… »

Pierre Womé

Dernier match des éliminatoires pour le Mondial 2006 / Cameroun-Égypte (1-1)

« Tout était réuni pour qu’on se qualifie. Une victoire suffisait sans qu’on attende le résultat de la Côte d’Ivoire au Soudan (3-0), mais le bon Dieu a décidé que ce n’était pas notre tour. Un penalty, c’est simple : tu dois la mettre au fond et qualifier le pays. L’arbitre a sifflé une faute sur Olembé dans l’extra-time (90e+6) et personne ne voulait tirer (ni Samuel Eto’o, ni Rigobert Song, les habituels tireurs, NDLR). Je me suis proposé car j’étais habitué à en frapper. Le gardien égyptien, Essam el Hadry, est parti d’un côté, j’ai tiré de l’autre. Le contre-pied parfait, sauf que ça a touché l’extérieur du poteau…

On a saccagé ma maison, ma voiture… Même mes sœurs et mes frères m’ont demandé des explications sur ma façon de tirer.

Pierre Womé

Sur le coup, j’ai pris un coup sur la tête, j’ai senti le sol glisser sous mes pieds… Le pire, c’est de voir tes coéquipiers à terre, le corps secoué de larmes, inconsolables. Tu imagines que l’arbitre ne va pas siffler tout de suite, que ce n’est pas arrivé. Ben, si. On était éliminé. Ce jour-là, on a attendu très longtemps dans le vestiaire, dépités. Chacun était dans son coin, hébété. Les fans des Lions étaient mécontents. On a saccagé ma maison, ma voiture… Même mes sœurs et mes frères m’ont demandé des explications sur ma façon de tirer… Tout le monde était fâché au Cameroun. Mais bon, même les plus grands ont raté des tirs au but, comme votre Mbappé là. »

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Chris Waddle

Demi-finales du Mondial 1990 / RFA-Angleterre (1-1, puis 4-3 aux TAB)

« S’incliner aux tirs au but alors qu’on aurait dû gagner dans le temps réglementaire, puis en prolongation, c’est d’une tristesse incurable. Quand je revois le match, je ne peux m’empêcher de penser combien on était tout proche de cette finale, à cette frappe qui heurte le montant. À quelques centimètres près, ça fait poteau rentrant et but. Avec des “si”, on n’a plus la même vie. Avec des “si”, j’aurais laissé Gazza (Paul Gascoigne, NDLR) frapper le cinquième tir au but à ma place. Il y a toujours des moments dans la vie, comme dans le foot, qui imprègne la mémoire collective. Personne ne me parle jamais de ma frappe sur le poteau, mais tout le monde est au courant pour mon tir au but raté alors qu’à la base je ne devais même pas me présenter aux onze mètres.

J’ai fait une des meilleures saisons de ma carrière à l’OM et quand nous nous sommes retrouvés en finale de la C1 contre l’Étoile rouge, qui s’est terminée aux tirs au but, j’ai oublié de me porter volontaire.

Chris Waddle

Gazza n’était pas en état de tirer (il avait pris un carton jaune synonyme de suspension pour la finale pendant la rencontre, NDLR) et Bobby Robson a demandé si quelqu’un se sentait de le faire. Personne ne s’est manifesté. J’étais confiant, j’avais fait un bon match, je venais de toucher le poteau alors j’ai levé la main. Avec le recul, j’aurais préféré que Gazza s’en charge, surtout en position de cinquième tireur, là où on met les gars qui ont de la glace dans le sang. Comme Illgner ne plongeait pas vraiment, je me suis dit que j’allais tirer vers son coin gauche. Puis, je me suis ravisé, j’allais tirer en force et comme ça, il ne l’arrêterait jamais. Je l’ai bien frappé… Trop sans doute… Le ballon s’est envolé… C’était horrible.

Les tirs au but sont une loterie. Les fans sont persuadés que ce n’est pas le cas, et ne comprennent pas que des tops players puissent en louper, mais c’est pourtant arrivé à Messi, Ronaldo, Maradona, Southgate, Ince, Platini, Baggio jusqu’à Morata et Mbappé. Même Harry Kane en a manqué… À l’époque, dans le vestiaire, il n’y avait que des larmes, on était inconsolables, puis je suis parti en vacances et de retour à Marseille, les supporters ont été géniaux avec moi. J’ai fait une des meilleures saisons de ma carrière et quand nous nous sommes retrouvés en finale de la C1 contre l’Étoile rouge, qui s’est terminée aux tirs au but, j’ai oublié de me porter volontaire. »

Kolo Touré

Finale de la CAN 2012 / Zambie-Côte d’Ivoire (0-0, puis 8-7 aux TAB)

« En 2005, on avait déjà perdu une finale aux tirs au but contre l’Égypte et j’avais réussi le mien, mais au Gabon, je ne le sentais pas. Didier (Drogba, NDLR) en avait loupé un dans le temps réglementaire et ça angoissait tout le monde. Du côté où il a tiré, le “rond” du penalty était tout cabossé et il a frappé au-dessus alors quand il y a eu la séance de tirs au but, on a insisté pour la faire de l’autre côté du terrain. J’étais le huitième tireur. J’ai pris beaucoup d’élan et le gardien l’a arrêté. C’était une frappe d’enfant. Les Zambiens ont manqué le suivant, on avait encore la tête hors de l’eau. Puis Gervinho a cogné au-dessus… C’était fini. Ce qui me rendait triste ce n’était pas d’avoir raté, mais de voir la coupe s’éloigner de moi et des Ivoiriens, une fois de plus. Au pays, ils ne se sont pas arrêtés sur ceux qui avaient manqué leur tir, mais sur ceux qui évoluaient dans les grands clubs européens. Un problème ? Un coupable. C’est partout pareil dans le monde. »

Anthony Baffoe

Finale de la CAN 1992 / Côte d’Ivoire-Ghana (0-0, puis 11-10 aux TAB)

« On avait gagné quatre CAN en 20 ans (1963, 1965, 1978 et 1982), on était les recordmen, et pour tous les supporters, on allait forcément gagner, vu que les Ivoiriens étaient novices à ce niveau. Pour la finale, le sélectionneur Otto Pfister m’avait désigné capitaine à la place d’Abedi Pelé (suspendu pour la finale, NDLR) alors que je n’étais là que depuis un an. Cette décision n’a pas fait l’unanimité parmi mes coéquipiers, notamment les plus anciens (Anthony Yeboah en particulier, NDLR). Je n’ai pas beaucoup de souvenirs du match en lui-même : décousu, terne, sans grande intensité. Le terrain était pourri. La séance de penaltys, en revanche, j’en garde encore des traces.

Au pays, je suis devenu le coupable idéal.

Anthony Baffoe

J’ai frappé le premier tir au but ghanéen. En force, dans le petit filet, croisé à la droite du gardien. Imparable. La série est allée jusqu’aux gardiens qui ont marqué tous les deux. J’ai donc dû me représenter sur le point de penalty de nouveau. Je n’étais pas inquiet, bien que je savais qu’il fallait absolument marquer sinon la coupe s’envolait. Puis tout d’un coup, je ne sais pas pourquoi, j’ai repensé à l’Algérien Lakhdar Belloumi. Quatre ans plus tôt en demi-finales de la CAN contre le Nigeria (1-1, 8-9 aux TAB, NDLR), il avait marqué le premier et raté le second, le dernier de la séance.

Malgré tout, j’ai décidé de tirer au même endroit. Ma frappe était trop molle et Gouamené l’a stoppée. Au pays, je suis devenu le coupable idéal. La presse a relayé les propos des anciens de l’équipe comme quoi je n’avais pas l’expérience pour être le capitaine par intérim et pour frapper un penalty… En rentrant en Europe, je suis passé à autre chose. Cet été-là, j’ai été transféré du Fortuna Düsseldorf au FC Metz. En France, où la CAN avait été diffusée pour la première fois, beaucoup de gens m’en ont parlé, mais en des termes bienveillants. Depuis cette édition de 1992, le Ghana a disputé deux finales (2010, 2015) mais on attend toujours une cinquième Coupe d’Afrique… »

Roberto Baggio

Finale du Mondial 1994 / Brésil-Italie (0-0, puis 3-2 aux TAB)

« Quand j’étais petit, je rêvais de remporter la Coupe du monde avec l’Italie, contre le Brésil. C’était le rêve parfait, mon rêve préféré. Sauf que je ne savais pas comment ce rêve finissait. Eh bien voilà : il s’est terminé de la pire façon possible (Baggio a été le dernier tireur italien ce jour-là, NDLR). J’ai toujours pensé qu’il aurait mieux valu perdre cette finale 3-0 plutôt que de la perdre aux tirs au but. Si tu perds le match, tu perds le match, voilà, c’est fini. Mais ça, il n’y a rien de plus cruel. Une Coupe du monde, après quatre ans de mises au vert, d’entraînements, de voyages, de matchs… Et tu joues tout ça en trois minutes de tirs au but ?

Depuis, chaque fois que je vois des tirs au but, je me mets dans la tête de celui qui a raté.

Roberto Baggio

Mon tir, c’est une erreur. Mais une erreur de quoi ? Hein ? Une erreur de quoi ? Un ballon frappé trop haut de dix, vingt centimètres. (Il montre l’espace avec ses doigts, NDLR). C’est le plus grand regret de ma carrière. Une amertume immense. Depuis, chaque fois que je vois des tirs au but, je me mets dans la tête de celui qui a raté. Je n’ai jamais dépassé cet épisode et je ne le dépasserai jamais. J’ai appris à vivre avec. J’essaie de ne pas trop en souffrir, en tout cas pas plus que ce que j’ai déjà souffert. Mais à chaque fois que j’y pense, ça revient : c’est quelque chose qui est là. Une blessure qui est là et qui dort. Puis j’en parle, et cette blessure se réveille… »

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Faruk Hadžibegić

Quarts de finale du Mondial 1990 / Argentine-Yougoslavie (0-0, puis 3-2 aux TAB)

« Je n’ai pas mis ce penalty de côté, j’y repense encore. C’est un fait de match, un accident qui va me suivre jusqu’à ma mort. Aujourd’hui, j’aborde tranquillement le sujet parce qu’en fait je vis avec ce penalty comme une chemise que je mets tous les jours. (Sourire.) Parfois, il m’arrive encore de me dire : “Purée, tu t’es raté. Tu es allé en quarts de finale, tu aurais pu aller en demies, voire en finale !” Mais ça passe au bout de 15-20 secondes. On méritait vraiment d’aller en demies : on a fait un match exceptionnel contre l’Argentine de Maradona, Caniggia, Burruchaga, et tout ça avec un joueur en moins, puisqu’on a eu un carton rouge au bout de 30 minutes.

Ce jour-là, j’ai oublié un détail : Gaby Calderón, gardien avec qui j’avais joué au Real Betis, connaissait parfaitement la manière dont je tirais et il avait fait passer le mot à Goycochea…

Faruk Hadžibegić

Les tirs au but ce n’était pas quelque chose qui me faisait peur, j’étais habitué puisque c’était moi qui les tirais à Sochaux et en équipe nationale. En poules, j’avais raté un penalty contre la Colombie, mais je n’y ai pas repensé face à l’Argentine. Mon coéquipier Safet Sušić est venu me voir et m’a demandé si je voulais en prendre un et j’ai dit oui parce qu’il n’y avait pas tellement de candidats. Psychologiquement, je n’ai pas ressenti de pression particulière. Comme j’étais dans une sorte d’état second, je n’ai pas vraiment réfléchi à ce qui allait se passer si je marquais ou pas. Mais ce jour-là, j’ai oublié un détail : Gaby Calderón, gardien avec qui j’avais joué au Real Betis, connaissait parfaitement la manière dont je tirais et il avait fait passer le mot à Goycochea…

Je me suis repassé une dizaine de fois mon tir par la suite, regardez vous-même : je l’ai bien tiré ! Sauf que le gardien a été meilleur que moi… Dans la foulée, j’ai vu tous les joueurs argentins faire la fête. J’étais déçu, fâché contre moi-même. J’ai pensé à Safet Sušić : “Mais pourquoi tu m’as demandé de le tirer alors que j’en ai raté un contre la Colombie ?!” (Rires.) Quand vous êtes footballeur et que vous marquez un but, ça s’oublie beaucoup plus vite qu’un penalty raté. Un penalty raté a une conséquence négative. Certains supporters de foot d’ex-Yougoslavie disent que celui que j’ai loupé a causé la guerre au pays, mais je ne pense pas qu’il ait eu autant d’influence… C’est vrai qu’une victoire de notre équipe à la Coupe du monde aurait pu apaiser les tensions, mais provisoirement. »

Maxime Bossis

Demi-finales du Mondial 1982 / RFA-France (3-3, puis 5-4 aux TAB)

« Quand j’ai vu Mbappé rater son penalty face à la Suisse j’ai repensé au mien face à l’Allemagne. C’est un petit peu le même tir au but avec le gardien qui repousse du même côté dans un contexte qui ressemble étrangement à ce qu’il s’est passé lors de France-Allemagne puisqu’il y avait 3-1 pour l’équipe de France, et 3-3 à la fin du temps additionnel. Donc oui, évidemment, je ne pouvais pas ne pas penser à mon tir au but. Surtout que c’est quelque chose qu’on me rappelle très régulièrement depuis 37 ans (Sourire.) Lorsque j’ai raccroché les crampons, j’ai d’ailleurs trouvé réducteur qu’on ne résume ma carrière qu’à ça. Et je me suis rendu compte qu’en définitive ce sont ces trois heures qui ont marqué ceux qui ont aimé notre génération.

Je pensais à ma famille, mon épouse, mes filles, qui allaient être tristes si je le loupais… Je me suis décidé à tirer à gauche vingt secondes avant de poser le ballon sur le point de penalty.

Maxime Bossis

Des penaltys, j’en avais marqué deux ou trois avec Nantes. La différence avec Mbappé, c’est que lui était dans les cinq premiers tireurs. Moi non, ça s’est décidé à la dernière minute. Donc psychologiquement, c’était encore plus compliqué parce que je ne m’y étais pas du tout préparé. Quand je me dirige vers le point de penalty, je me dis “si je rate, qu’est-ce qu’on va faire ?” Je pensais à ma famille, mon épouse, mes filles, qui allaient être tristes si je le loupais… Je me suis décidé à tirer à gauche vingt secondes avant de poser le ballon sur le point de penalty. Quand je le revois, parce que j’ai dû le revoir malheureusement, je me dis qu’il n’est pas bien tiré.

Je me suis longtemps senti coupable après ce match, mais pas au point de gâcher ma carrière. Au contraire, ça peut déboucher sur une remise en cause bénéfique. Moi, par exemple, j’ai été champion de France avec Nantes après ce Mondial. En début de saison, Coco Suaudeau a eu beaucoup de doutes sur moi. Il se demandait si j’allais être motivé et je lui avais bien dit de ne pas s’inquiéter, que j’allais repartir. Le seul traumatisme que j’ai c’est que je n’ai plus jamais voulu retirer de penalty. On ne me l’a pas forcément proposé non plus. »

David Trezeguet

Finale du Mondial 2006 / Italie-France (1-1, puis 5-3 aux TAB)

« Après mon penalty raté (Trezegol a été le dernier tireur de la séance, NDLR), Maradona, qui était dans les tribunes ce soir-là, est venu me réconforter. On a beaucoup parlé ce soir-là. J’étais dégoûté, surtout pour mes coéquipiers, et je dois avouer que d’avoir parlé avec le plus grand joueur de tous les temps à cet instant-là m’a permis de mieux digérer la défaite. Ce soir-là, le plus grand footballeur de l’histoire est venu me réconforter alors que Domenech n’est même pas venu m’adresser un mot… Pour lui, l’équipe de France était un film. Un film sans happy end. »

« On a perdu le récit narratif de cette CAN »

Par Brice Bossavie, Thomas Goubin et Rico Rizzitelli

Article publié en juillet 2021 dans le 188e numéro de So Foot

Tous propos recueillis par BB, TG et RR, sauf Baggio par Stéphane Régy et Lucas Duvernet paru dans le SF108, et Trezegol par Javier Prieto Santos paru dans le SF80

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