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Hoffenheim sur le podium : une leçon d’obstination

La saison dernière, le TSG Hoffenheim flirtait avec la relégation en Bundesliga. Ce dimanche, il se présentera face au Bayern Munich en tant que troisième du classement, avec la Ligue des champions en ligne de mire. Comment expliquer une telle métamorphose ? Avant tout par la confiance placée en un homme : l’entraîneur principal Christian Ilzer. L’Autrichien avait été maintenu à son poste malgré une première saison catastrophique et récolte aujourd’hui les fruits de son abnégation.
« Dans cinq ans, je veux jouer le titre », déclarait Christian Ilzer à Kicker en mars 2025. À l’époque, la sortie avait suscité de nombreuses réactions : la rédaction de Sport1 parlait même de « déclarations délirantes ». Il faut dire qu’au moment de cette interview, Hoffenheim traversait une profonde crise et pointait à une modeste 14e place. Arrivé en novembre 2024 pour succéder à Pellegrino Matarazzo, Ilzer marchait sur des œufs. Finalement, le Hoffe s’est sauvé de justesse en terminant 15e et, malgré des rumeurs persistantes de licenciement, l’entraîneur est toujours là. Et si ça sera certainement trop juste pour jouer le titre dès cette saison, personne ne risque de se moquer de lui et de son équipe. Avant d’affronter le leader ce dimanche, le TSG est sur le podium de Buli, à 9 points du Bayern et disposant de 12 points d’avance sur les premiers clubs non européens.
Les chiffres changent, pas les hommes
Autant dire que le climat n’est pas le même qu’il y a un an. Au sortir d’une manita concédée face aux Roten, le vétéran Andrej Kramarić, pas du genre à mâcher ses mots, avait publiquement réglé ses comptes avec la direction au micro de la chaîne ESPN, au cœur d’une « saison de merde » : « Tout ce que le club a fait ces derniers mois… nous avons investi énormément d’argent pour rien. » Pour beaucoup de club, une telle sortie aurait mis le feu à la maison. À Hoffenheim, on a préféré considérer que l’abcès était crevé. Le président de l’époque Markus Schütz considérait que cette frustration était une preuve de l’implication émotionnelle des joueurs et espérait que « cette émotivité se transforme en énergie constructive ».
Pour beaucoup, Christian était déjà plus proche de la sortie que du banc. Moi, je savais que lors de sa première saison à Hoffenheim, il ne pouvait pas être le coach qu’il est aujourd’hui.
Bien leur en a pris, puisqu’en 2026, la dynamique est tout autre, et Kramarić, beau joueur, a évidemment souligné les progrès. Après la victoire 3-1 à l’extérieur contre l’Union Berlin, l’international croate a salué le travail des dirigeants et estime évoluer dans « le meilleur effectif depuis dix ans ». Il faut dire que le mercato estival a rebattu les cartes. Contrairement à la saison précédente, Ilzer a pu mener la préparation estivale avec son groupe et façonner l’effectif selon ses idées. Plus de 30 mouvements ont été enregistrés, dont les arrivées de Leon Avdullahu et Wouter Burger, véritables chefs d’orchestre du milieu de terrain, ainsi que celle du défenseur Bernardo.
Ilzer et Schicker : les destins liés
L’entraîneur autrichien a également bénéficié de la proximité avec son supérieur hiérarchique, le directeur général Andreas Schicker, qu’il connaît depuis leur expérience commune au Sturm Graz. Ensemble, ils y avaient remporté le doublé championnat coupe en 2024. Schicker est monté dans le train Hoffenheim en octobre 2024, Ilzer l’ayant suivi quelques semaines plus tard. Et le DG de 39 ans ne manque pas de désigner son compatriote comme étant le principal artisan de la réussite actuelle : « Christian a su embarquer toute l’équipe avec lui. » Une manière de légitimer le fait d’avoir cru en lui, même au creux de la vague : « Les leçons de l’année dernière ont été tirées. Pour beaucoup, Christian était déjà plus proche de la sortie que du banc. Moi, je savais que lors de sa première saison à Hoffenheim, il ne pouvait pas être le coach qu’il est aujourd’hui. »

Interrogé il y a trois semaines dans l’émission Sportstudio sur sa projection sur cinq ans, Ilzer a expliqué qu’il s’agissait avant tout d’un message interne : « Je voulais transmettre à l’équipe que, même dans les moments difficiles, il ne faut jamais perdre foi en soi-même ni en ses objectifs. » Un message manifestement entendu. Problème : cette épopée repose sur peu de choses, puisque le club du Bade-Würtemberg, propriété de l’entrepreneur Dietmar Hopp, vit parallèlement des remous institutionnels qui pourraient mettre en péril cette harmonie. Les têtes pensantes ont changé ces derniers mois, et le président intérimaire Christoph Henssler, âgé de 29 ans et connu pour ses liens avec le mouvement ultra, aurait convoqué une assemblée générale des actionnaires. Selon des médias allemands, celle-ci pourrait faire une victime : Andreas Schicker, que le nouveau boss voudrait rétrograder à une « simple » place de directeur sportif. Un choix que n’accepterait pas le principal intéressé, agitant la menace d’un départ qui pourrait également conditionner l’avenir d’Ilzer. « C’est possible. Je n’exclus rien », a commenté ce dernier. Après tout, il n’avait pas précisé qu’il serait champion avec Hoffenheim…
Hoffenheim et Francfort dans le top 5 de BundesligaPar Jonas Emrich



























































