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FC Metz : tout ce qui le sépare du bonheur

Par Mathieu Rollinger
5' 5 minutes
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FC Metz : tout ce qui le sépare du bonheur

Battu sans résistance à Lens (3-0) et accroché à sa place de lanterne rouge à neuf journées de la fin du championnat, le FC Metz semble avoir laissé tomber toute forme d’espoir de maintien et se dirige tout droit vers une des pires saisons de son histoire en Ligue 1.

Si le ciel, c’est bien leur horizon, eh bien celui-ci s’annonce radieux. Dimanche à Bollaert, le RC Lens a su se replacer à un point du leader parisien, mais aussi profiter des choses simples de la vie. Un stade baigné de soleil, un public ravi, une équipe en osmose : le plaisir à l’état pur. Florian Thauvin, encore buteur, a croqué dedans à pleines dents. « En tant que passionné de foot, vivre des après-midi de football et pouvoir profiter de ma passion comme on peut le faire à Bollaert, c’est quelque chose qui me tient à cœur, quelque chose d’important pour moi. C’était vraiment une belle journée ! » Dans ce tableau, le clair ne pouvait pas complètement occulter l’obscur, à savoir un FC Metz qui semble n’avoir plus aucun espoir dans le réservoir. « La réalité, c’est que j’ai certains joueurs qui sont bouillis et tu joues Lens qui marche sur l’eau avec une très très belle équipe », avouait leur entraîneur Benoît Tavenot, presque désabusé.

Depuis six matchs, c’est le néant. J’ai tout essayé : changer de système, de joueurs, varier l’intensité des semaines d’entraînement, être virulent ou plus calme.

Benoît Tavenot

Qu’il paraît loin le 29 octobre, quand les Grenats arrachaient à l’orgueil leur première victoire de la saison contre ces mêmes Lensois (2-0), lançant par la même occasion une série de trois succès qui sont encore aujourd’hui leurs derniers en championnat. À l’époque, on se disait que le jeu ambitieux voulu par Stéphane Le Mignan allait enfin porter ses fruits et que le maintien était une possibilité. Quatre mois plus tard, le coach a changé, le jeu s’est réduit à peau de chagrin, et l’avenir ne présage rien de bon. À neuf matchs du verdict, les Lorrains ne comptent que 13 points, ont encaissé autant de buts (56) que leur adversaire du jour a de points et semblent surtout être à court de solutions. « Depuis six matchs, c’est le néant. J’ai tout essayé : changer de système, de joueurs, varier l’intensité des semaines d’entraînement, être virulent ou plus calme », souffle Tavenot, pompier dépourvu de grande échelle. Si rien n’est fait mathématiquement (le débours sur le barragiste qu’est l’AJA n’est que de six unités), il est impossible d’imaginer une autre issue qu’un énième retour à la case Ligue 2 au bout d’une saison qui semble être la pire vécue dans l’élite depuis 2008 (20e, 24 points et 5 victoires).

Tout pareil mais en différent

Alors pourquoi cette défaite fait-elle aussi mal ? Les dernières débâcles à domicile face au concurrent direct qu’est Auxerre (1-3) et un Stade brestois à 10 pendant une heure (0-1) sont pourtant bien plus dommageables. La différence cette fois, c’est que dans l’Artois, Metz, selon Tavenot, « avait tout à gagner », sachant que « les gens qui sont devant n’avaient pas envie de gagner non plus ». À la place : une nouvelle « occasion ratée », et une prestation qui n’aidera même pas à « se redonner du baume au cœur ». Surtout, c’est le contraste avec le bonheur des Lensois qui peut faire mal au crâne. Un club qui présente une histoire et des valeurs comparables à la sienne et qui compte depuis l’année 2008 autant d’années en seconde division (9). Cette illusion de proximité a même bercé le président Bernard Serin, réticent à l’idée de vendre son capitaine Matthieu Udol à ce qu’il considérait à ce moment comme un potentiel concurrent. Le sidérurgiste s’est mis le doigt dans l’œil jusqu’à la moustache : Lens joue finalement le titre, et Metz n’a plus vraiment de concurrent à la descente.

Le jeu des comparaisons peut faire du mal. Quand les Sang & Or sont en pleine harmonie avec leur public, les Grenats voient la fracture s’alourdir : la Horda Frénétik a annoncé cesser ses activités d’animation en tribune, quelques jours après avoir manifesté sa colère dans les rues de la ville et sollicité une vraie discussion avec la direction. « C’est vraiment une lassitude sur le long terme. Cette saison, il y a vraiment une chose qu’on ressent dans le club, c’est que personne n’y croit », constatait un des porte-parole dans Le Républicain lorrain. Dans leur cahier de doléances, un manque d’idée et de moyens criant dans la stratégie sportive. Quand Lens arrive à faire des miracles sur le mercato avec « seulement » 20 millions d’euros supplémentaires de budget (60 contre 40), porté par le flair de Jean-Louis Leca, Metz a pour seul ressort les retours de quelques anciens (Hein, Traoré, Diallo, Sarr) ou des Géorgiens pistonnés par Mikautadze, quand le coach choisi pour la mission sauvetage est l’ancien adjoint de Frédéric Antonetti qui a laissé cet hiver Bastia à la dernière place de Ligue 2…

La tentation de profiter d’une nouvelle relégation pour tout reprendre à zéro est grande. Pour cela, il faudrait constituer un nouveau noyau de joueurs, avec un vrai attelage entre des cadres (Jean-Philippe Gbamin, Koffi Kouao pour ne citer que les rares satisfactions) et des jeunes (comme Believe Munongo et Nathan Mbala), mais surtout définir un vrai projet sportif pensé sur le moyen et le long terme. Pas seulement pour remonter en Ligue 1 avec des bouts de ficelle. L’erreur serait de penser que l’ascenseur fonctionnera toujours. Parce que des clubs historiques qui ont péché par manque d’anticipation, il y en a plein les divisions inférieures.

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Par Mathieu Rollinger

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