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À Marseille, la saison de la chasse aux infos sur le prince saoudien est ouverte

Si le principal intéressé saoudien reste muet, sur les réseaux sociaux, ça parle. Vrais ou faux « insiders » , supporters, journalistes, ils s’écharpent tous depuis des mois sur le #VenteOM. Derrière des pseudos, certains se sont transformés en véritables enquêteurs, quand d'autres se sont lancés dans des charades - ou des menaces.

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À Marseille, tout cela fait bien rire. Il y a les « insiders » persuadés d’avoir raison, qui comptent les jours jusqu’à l’officialisation tant attendue, et les autres, qui ricanent parfois, raisonnent souvent et, de temps en temps, se mettent à douter. Les démentis sont passés, repassés, et rien n’a changé. Tout cela a un goût de déjà-vu. « Dès 2014, ils parlaient de l’Arabie saoudite » , se souvient Romain Canuti, journaliste au Phocéen. À l’époque, les dirigeants Vincent Labrune, Philippe Pérez et leurs prédécesseurs Jean-Claude Dassier et Pape Diouf sont placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur des transferts de joueurs. « On se demandait si parler de l’Arabie saoudite, ce n’était pas pour changer de sujet... Mais en fait, si l’on remonte vraiment, la première rumeur qui parle de l’Arabie saoudite, ça date du printemps 2013. À ce moment-là, l’OM est 3e du championnat. Il n’y a pas de crise sportive. Les supporters commencent à y croire, il y a même une manifestation devant le stade. »

« Il leur faudrait un milliardaire qui dépense sans compter, sans réfléchir, sans regarder ! Le Saoudien d’aujourd’hui, c’est l’oncle d’Amérique du siècle dernier, c’est l’histoire providentielle. » Emmanuel Barranguet

Cette réaction est l’explosion de la bombe à retardement que fut le rachat du PSG par le Qatar en 2011. « Au début, le PSG, ils recrutent, mais avec des mecs comme Jérémy Ménez, les supporters de l’OM se disent : "C’est bon, on peut encore rivaliser." D’ailleurs, l’OM les bat. Mais ensuite, il y a Ibrahimović qui arrive, et Carlo Ancelotti. Là, on commence à se dire que le PSG a changé de catégorie, qu’on ne pourra plus jamais les battre. Alors après deux défaites face au PSG, c’est la naissance de la théorie Arabie saoudite. » Pour le journaliste, c’est encore la même chose qui se passe au printemps 2020 : sans réussite, la frustration grandit, et cette vieille rengaine venue du Golfe finit par en devenir le symbole. C’est aussi l’avis d'Emmanuel Barranguet, journaliste à l’AFP. Que tout cela ramène aux années où il officiait à Rome : « Ça me rappelle la Roma, l’OM c’est un peu le même genre, un club qui fantasme énormément, c’est le rang en dessous des grands clubs, et ils vivent beaucoup dans leur passé glorieux. C’est noble et triste à la fois, parce que dans l’immédiat, ils n’ont pas une chance de revenir à leur niveau de 1993. » À moins que ? « Il leur faudrait un milliardaire qui dépense sans compter, sans réfléchir, sans regarder ! Le Saoudien d’aujourd’hui, c’est l’oncle d’Amérique du siècle dernier, c’est l’histoire providentielle. » Mais Barranguet ne croit pas que l’OM ait encore trouvé son homme. « Pour moi, d’après les sources qui m’ont parlé, pas trop loin d’Al Walid, il aurait dit non. Et puis côté McCourt, on m’a dit non non non. Il est fort probable qu’il vende un jour, personnellement je ne crois pas à cette histoire de le garder dans sa famille, mais je ne pense pas que ce soit la bonne conjoncture pour vendre, entre la Covid-19 et des résultats mauvais, son produit est dévalué. »

« J’échangeais avec des gens et à côté je guettais les transactions financières, je lisais les médias saoudiens, je traînais sur societe.com, je demandais à des contacts, des gens proches du club... » Antara, supporter de l'OM

Des lives sur Twitter, Sarko et Macron


Sur le #VenteOM, c’est une autre histoire. Les comptes anonymes pullulent et ont tous « des infos sûres » . Le flux est tellement important que, aux côtés des threads de théories et de débats, il n’est pas rare de tomber sur quelques dealers. C’est sur Twitter qu’Antara a commencé « à enquêter. J’échangeais avec des gens et à côté je guettais les transactions financières, je lisais les médias saoudiens, je traînais sur societe.com, je demandais à des contacts, des gens proches du club... » Certains vont encore plus loin : ils cherchent les documents comptables d’entreprises pouvant être liées à la vente, établissent des liens entre des membres de conseils d’administration, et parfois suivent des avions censés transporter Al Walid ou son équipe. « Je me souviens, quand Thibaud Vézirian a mis une story Instagram avec un arbitre qui indiquait 4 semaines de temps additionnel, faisant évidemment référence au nouveau confinement, les mecs étaient tous là : "Hmmm, c’est sûr, il nous dit quelque chose sur la vente-là, Thibaud." Ils sont fous ! » , s’exclame Julius*, 35 ans, supporter et pourtant pas convaincu.



Il l’admet, s’il ne croit pas un mot de ce qui se dit sur le fil Twitter, il s’y rend tous les jours. Depuis un an, il a tout suivi : les lives pendant le premier confinement, la publication de l’article italien nommant pour la première fois Al Walid, et surtout les hauts et les bas du printemps dernier. « Ils nous ont tout fait, d’abord il fallait attendre la fin du ramadan, ensuite la fin de l’aïd. Ensuite, c’était la décision de l’UEFA sur le fair-play financier, ensuite celle de la DNCG. Il ne se passe rien. Pendant l’été, on a eu droit à des : "On me glisse à l’oreille le 30 juin", "Mon petit doigt me dit 15 août"... Rien. Après, ils sont passés en mode énigme ! Un mec mettait des petits emojis feuille, ça y est, l’OM allait être vendu à l’automne... » Pendant un temps, les insiders, supporters ou simples curieux, se sont penchés sur le cas du président Macron. Après tout, si Nicolas Sarkozy avait pu, en 2011, faciliter les discussions entre le PSG et les Qataris, pourquoi Emmanuel Macron, supporter de l’OM, ne pourrait-il pas y mettre un peu du sien ? « Quand il y a eu, soi-disant, une visite présidentielle prévue à Riyad, annulée à cause de la Covid, ils se sont tous dit : "Ah bah voilà c’est pour ça que la vente est retardée" » , se souvient Julius. Contacté par nos soins, l’Élysée a déclaré qu’aucune annonce formelle n’avait jamais été faite sur une visite présidentielle à Riyad, bien qu’il existe « des plans pour une future visite dans la région, mais rien de prévu pour l’instant » .

« Il y en a un, il adore se fendre de longs textes. Il écrit que ceux qui croient à la vente sont "des résistants" et que les autres vendent du beurre aux Allemands, en gros. » Julius

Fausses rumeurs et faux comptes


Parfois, il arrive à Julius de perdre patience. Comme cette fois où, contacté en DM par un énième insider qui lui demande s’il a « des infos sur la vente » , le jeune homme s’est laissé aller à une petite expérience. « Je lui ai dit : "Ouais mec, c’est vendu, c’est bon, c’est signé, le président ça va être Vincent Lagaf, ils vont l’annoncer bientôt." Et vraiment, si je ne lui disais pas 30 minutes plus tard que ce n’était pas vrai, il allait l’annoncer à tout le monde sur Twitter. » Logiquement, le réseau est parsemé de fausses rumeurs et de comptes qui, à la recherche de gloire ou par ignorance, les répandent vitesse grand V. « Ce ne sont même pas forcément des supporters, note Julius, plutôt des mecs lambda sur les réseaux H24. Il y en a un, il adore se fendre de longs textes. Il écrit que ceux qui croient à la vente sont "des résistants" et que les autres vendent du beurre aux Allemands, en gros. Avec des menaces folles du style : "On a fait des copies d’écran, on s’en souviendra des collabos !"  »

Antara admet que lui aussi s’est parfois laissé dépasser. « C’est vrai qu’il y en a beaucoup qui mentent ! Moi, ça m’est arrivé de dire des conneries sur Twitter, parce que je m’étais fait avoir. Mais au fur et à mesure, j’ai fait le tri entre les bonnes et les mauvaises sources. » Pas assez rapidement, cependant, pour éviter quelques désagréments, dans la vraie vie. « En décembre, je me suis fait agresser par trois supporters... »

« J’ai l’impression qu’agiter l’Arabie saoudite à chaque crise, ça permet de dire : "Vous préférez quoi alors, McCourt et Eyraud ou l’Arabie saoudite et ses millions ?" Logiquement, tous les supporters deviennent pro-Arabie. » Romain Canuti

Accident de jet ski


L’une des théories qui a agité le #VenteOM est tirée d’une histoire vraie – comme toutes les bonnes théories. Au détour d’une rediffusion d’un vieil épisode d’Enquête exclusive, les supporters marseillais ont découvert qu’Al Walid avait un attachement particulier à la ville de Marseille. En effet, son fils Khaled, aujourd’hui 42 ans, a eu un grave accident de jet ski alors qu’il était en vacances sur la Côte d’Azur à 14 ans. Transporté d’urgence à l’hôpital de la Timone, le jeune homme a été opéré par les neurochirurgiens marseillais qui lui ont évité la paralysie. Pour les supporters, aucun doute : c’est pour remercier son karma qu’Al Walid veut désormais investir dans la région. Et même plus : ce serait Khaled – qui, lui, aime le foot - qui serait en charge des négociations, peut-être pour s’impliquer dans la gestion du club par la suite ? Cela fait rire Romain Canuti. Lui, des théories, il n’en a qu’une. « J’ai l’impression qu’agiter l’Arabie saoudite à chaque crise, ça permet de dire : "Vous préférez quoi alors, McCourt et Eyraud ou l’Arabie saoudite et ses millions ?" Logiquement, tous les supporters deviennent pro-Arabie. Cela engendre un engouement, et après, c’est facile de surfer sur cet engouement pour aller voir des hommes d’affaires en Arabie saoudite et leur dire : "Regardez, à Marseille ils vous adorent, ça vous dit pas un petit investissement ?"  »

Tout ça n'a pas l'air de passionner JustRiadh


Des Saoudiens propriétaires de club européens, Canuti rappelle qu’il y en a déjà - Sheffield, Châteauroux - « et ce sont des petits clubs, ils ne font pas des transferts à des millions. Je pense que pour certains, le but est d’aller chercher des mecs comme ça, histoire de récupérer eux-mêmes une place dans l’organigramme, mais finalement, ils arriveraient avec un programme qui ne serait pas forcément plus ambitieux que celui de McCourt. Mais bon, ils se disent qu’avec un homme d’affaires saoudien, ça donnera l’illusion des millions. » Antara, lui, ne traîne plus sur Twitter. En tout cas, pas officiellement. Il y a quelque temps, il a été banni du réseau social. « J’ai dû acheter un téléphone et une ligne téléphonique pour recréer un compte. Si j’écris mon prénom quelque part, quelques heures après mon compte est à nouveau supprimé. » Il ignore pourquoi. Mais a sa petite théorie. « Je n’ai jamais insulté ou menacé, j’ai toujours été respectueux. Donc, je pense que je parlais trop, il fallait me faire taire ! »

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Partie 3

La première partie de l'article est à lire ici Par Hélène Coutard