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Vincent Chaudel : « On ne voit pas les bienfaits du sytème des transferts »

Avec le recrutement de Neymar, le PSG a donné le tempo d'un marché estival totalement débridé. Si beaucoup s'indignent devant les indemnités records, certains observateurs y voient du positif, à l'image de Vincent Chaudel, expert sport du cabinet Wavestone. Débrief de deux mois de folies en tous genres.

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Le transfert de Neymar, forcément, cela va rester l'image forte de ce mercato d'été 2017 ?
C'est un peu comme un séisme et ses répliques. Le transfert de Neymar a été un séisme, celui d'Ousmane Dembélé, c'est une réplique. Le monde entier va retenir Neymar, car Dembélé ou Mbappé sont connus en France, en Allemagne aussi pour Dembélé, mais à l'échelle mondiale, ils n'ont pas le rayonnement de Neymar. Quand on regarde bien les choses, le fait nouveau, ce n'est pas Neymar. Son transfert n'a pas donné lieu à une négociation, mais à un rachat de clause, donc ce n'est pas l'offre et la demande qui ont amené ce prix. Quand on regarde les évaluations des joueurs par des structures comme le CIES ou Transfertmarkt, au mois de juin, Neymar était évalué à 210 millions d'euros. Le Barça peut se dire aujourd'hui que la clause était trop basse, mais elle était plutôt proche de la valeur réelle du joueur. En revanche, ce serait intéressant de penser à la valeur de Dembélé en juin 2017, probablement nettement en dessous de 150 millions d'euros...

Sur le plan historique, le transfert de Neymar, c'est plus fort que Figo en 2000, Zidane en 2001 ou Cristiano Ronaldo en 2009 ?
Oui, pas uniquement à cause du chiffre, mais plutôt à cause de ce qu'il induit, l'ouverture à une nouvelle ère. Dans les années 1980-1990, on avait des transferts liés au potentiel des clubs sur leur marché national. Quand Saint-Étienne fait venir Michel Platini de Nancy, c'est par rapport à un pouvoir d'achat déterminé par le marché français. Les transferts post-arrêt Bosman, on a des clubs qui peuvent mettre plus d'argent parce qu'on a un football qui a dépassé le cadre des frontières nationales. On a un football qui se continentalise, d'ailleurs la Coupe des clubs champions devient la Ligue des champions. Les droits télé deviennent européens, les clubs en profitent, ont plus d'argent, et peuvent donc proposer plus d'argent, on monte rapidement à des transferts à cinquante, soixante millions d'euros. Au début des années 2000, Zinédine Zidane est transféré à 75 millions. La bascule avec Neymar, c'est que le montant du transfert dépasse le potentiel d'un marché continental pour correspondre au potentiel d'un marché mondial.


C'est la logique du Real Madrid quand il mise plus de 90 millions d'euros sur Cristiano Ronaldo en 2009...
Oui, c'est la logique de développer une marque globale. Surtout au Real, qui avec les Galactiques a enclenché ce mouvement. Le Real a été précurseur car ils étaient près à mettre beaucoup d'argent sur des joueurs qui le valaient sportivement, mais surtout commercialement. Les autres clubs de l'époque continuaient à faire des transferts essentiellement sportifs. Le Real a été précurseur du transfert sportif et économique.

« Nous, en France, on a le système dit du "trading", l'achat et la vente de joueurs, ce que faisait très bien Guy Roux à Auxerre. Ce qu'il n'avait pas via les tribunes, il l'obtenait en vendant des joueurs. »

Le Bayern Munich de son côté plafonne avec un record à 45 millions d'euros pour Corentin Tolisso, et s'est érigé en fer de lance de la contestation sur le transfert de Neymar. Le Bayern n'a pas le potentiel « marque globale » du Real ou du PSG, ou c'est une stratégie « culturelle » qui le dirige ?
Je pense que c'est culturel. Chaque pays s'est construit avec un modèle économique différent. L'Allemagne avait des droits télé hertziens, donc peut être un peu plus faibles, mais avec une valorisation sponsoring très importante. Un sponsor sur la manche du Bayern paie aujourd'hui dix millions d'euros. Nous, on a des clubs en France qui n'ont même pas dix millions sur leur maillot... Le football allemand a, depuis toujours, bien valorisé son sponsoring maillot parce qu'il est exposé historiquement à 80 millions de consommateurs. Les Espagnols ont misé sur le système des socios, les Italiens sur la télé payante avec Berlusconi, les Anglais sur un système mixte télé payante et publique. Nous, on a le système dit du « trading » , l'achat et la vente de joueurs, ce que faisait très bien Guy Roux à Auxerre. Ce qu'il n'avait pas via les tribunes, il l'obtenait en vendant des joueurs. En France, on a toujours eu cette culture-là, elle a augmenté avec l'arrêt Bosman. Avec beaucoup d'internationaux français partant à l'étranger quand, dans les autres grands championnats, les internationaux avaient tendance à rester dans leur championnat domestique. Le Bayern, lui, verrouille très vite les meilleurs joueurs allemands et dispose de l'ossature de la Mannschaft. L'essentiel des internationaux allemands reste en Allemagne, ce qui donne un marché moins concurrentiel pour le Bayern, qui peut le fermer plus vite. Ils n'ont pas besoin d'acheter tant de joueurs à l'international, ils le font, mais ils ont moins besoin que d'autres d'ouvrir leur porte-monnaie. Ce n'est pas Chelsea. Mais avec 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, ils ont largement les moyens de payer plus que les 45 millions d'euros dépensés sur Tolisso. Par exemple Draxler, ils ne l'ont pas pris, car ils estimaient ne pas en avoir besoin, mais s'ils avaient voulu l'avoir, ils l'auraient pris.

Les critiques autour des sommes dépensées par le PSG ou d'autres grands clubs européens mettent en avant l'hypothèse d'une bulle vouée à exploser...
Je n'y crois pas. Si je mets 222 millions d'euros sur un joueur que je ne vais utiliser que sur le marché français, 65 millions de consommateurs, c'est de la folie. Il ne faut absolument pas le faire. Si je prends ces 222 millions d'euros pour un investissement européen, un marché de 450 millions de consommateurs, là, je prends un risque. J'ai intérêt à gagner régulièrement la Ligue des champions pour amortir ce risque. Maintenant, si je mets ces 222 millions d'euros pour agir à l'échelle planétaire, cela se compte en milliards d'individus. À ce moment-là, le risque est vraiment limité. Un top club a des dizaines de millions de fans Facebook, le PSG est à 31 millions. Neymar c'est soixante millions de fans Facebook qui ne sont pas qu'au Brésil, mais partout dans le monde.

Donc quand le PSG achète Neymar, il achète de la visibilité, il investit pour grandir ?
On ne peut pas faire de procès au PSG ou au Qatar de vouloir faire de l'argent. Eux, ils viennent chercher une légitimité internationale, plus que de gagner de l'argent. Mais quand ils investissent 222 millions sur Neymar, ils gagnent en crédibilité sportive car Neymar est probablement le joueur qui leur manque pour gagner la Ligue des champions. Mais il est aussi bankable et va faire gagner de l'argent. Ce retour sur investissement financier est plus une conséquence qu'un objectif.

« Mbappé, c'est un investissement pour se légitimer en France, le marché de base du PSG, et cette base est importante. »

C'est une obligation par rapport au fair-play financier. Mais avant de sanctionner le PSG, il va donc falloir attendre de voir si l'investissement engendre ou non un retour suffisant ?
Oui. Je pense qu'amortir les 222 millions d'euros de Neymar sera plus facile qu'amortir les 180 millions d'euros de Kylian Mbappé. Le paradoxe est là, ils ont payé très cher pour Neymar, mais il va engendrer beaucoup. De façon certaine. Mbappé peut engendrer beaucoup, mais de façon incertaine, car il doit réaliser son potentiel.


De la Chine à l'Amérique du Nord, il n'a pas encore l'aura pour séduire...
Il peut l'avoir dans l'année qui arrive si le PSG va loin en Ligue des champions et qu'il est décisif. Ou si la France va à la Coupe du monde, fait un beau parcours, et qu'il est important. Peut-être qu'en 2018, on assistera à un alignement des planètes avec une finale France-Brésil. Mais au moment où l'on se parle, la France doit déjà se qualifier.


Est-ce que Mbappé n'est pas plutôt à analyser comme intégré dans un package à 400 millions d'euros, Neymar c'est Batman, Mbappé c'est Robin dans un blockbuster que veut produire QSI ?
Je ne crois pas qu'il soit là simplement pour valoriser Neymar. Là où je suis d'accord, c'est dans l'idée qu'un grand club ne peut plus se limiter à une star. On parle de la BBC comme on a parlé de la MSN. Une top star doit avoir des top joueurs autour. Si Neymar n'a pas de grands joueurs autour de lui, cela pose problème. Il y en a déjà à Paris, donc Mbappé n'était pas nécessaire, mais s'il devient le prochain Thierry Henry, il vaut mieux l'avoir. En plus, on accusait le PSG d'être un patchwork de joueurs talentueux, mais étrangers, là ils recrutent la potentielle future star de l'équipe de France. C'est important. Sportivement, ce n'était pas obligatoire. Mais dans sa dimension d'acceptation, cela l'est. On voit que c'est difficile avec les réactions entre autres de Jean-Michel Aulas. Le football français pourrait se réjouir d'avoir une locomotive qui remplit les stades et développe les droits télé à l'international, mais on a des prises de parole négatives. Le fait de prendre des joueurs localement, ou de les former comme Kimpembe, Areola ou Rabiot, et ainsi permettre de renforcer l'équipe de France, c'est pour favoriser l'acceptation... Mbappé, c'est un investissement pour se légitimer en France, le marché de base du PSG, et cette base est importante.

On est donc dans une logique totalement différente de ce que pouvait être le transfert de Zlatan Ibrahimović en 2012 ?
Regardez l'âge de ces joueurs, de Rabiot, Verratti, Kimpembe, Marquinhos... On a une colonne vertébrale qui ne tourne même pas à 25 ans de moyenne d'âge. Un joueur de foot atteint sa plénitude à trente ans, donc la structure de cette équipe est peut être en place pour cinq à dix ans. C'est sûr que cela va tourner, peut être pas dès l'année 2018, mais cela va tourner. Même s'ils sont sanctionnés par l'UEFA parce qu'ils n'entrent pas totalement dans les clous du fair-play financier, ils peuvent jouer la carte de la stabilité de l'effectif, car il n'y a plus d'urgence à recruter. Le Barça a su l'anticiper (à l'été 2014, avant de réaliser le triplé à la fin de la saison, en juin 2015, ndlr) et cela s'est avéré être une bonne chose.

« Imaginons qu'il n'y ait plus de transferts, les clubs où sont passés Dembélé et Mbappé à neuf ou dix ans, ils touchent zéro. Le fait qu'ils touchent quelque chose sur ce genre de transferts, cela permet de payer des éducateurs, de s'offrir un mini-bus, des vestiaires... »

Actuellement, les gens s'indignent surtout des montants des transferts payés par le PSG. C'est notamment l'une des raisons pour lesquelles la Fifpro veut mettre fin au système des indemnités de mutation. Une révolution envisageable dans l'économie du football professionnel ?
C'est compliqué. On voit les perversités du système des transferts, mais on ne parle pas assez de ses bienfaits. Sur le transfert de Mbappé, ou celui de Dembélé, non seulement il y a un flux d'argent entre les deux clubs concernés - qui offre un mode de financement au club vendeur -, mais il y a aussi une source de solidarité puisque les clubs qui ont formé les joueurs récupèrent aussi une partie. Imaginons qu'il n'y ait plus de transferts, les clubs où sont passés Dembélé et Mbappé à neuf ou dix ans, ils touchent zéro. Le fait qu'ils touchent quelque chose sur ce genre de transferts, cela permet de payer des éducateurs, de s'offrir un mini-bus, des vestiaires... C'est intéressant. Et là je parle de clubs européens. Si le gamin vient d'un club africain ou asiatique, ou d'Europe centrale, la même solidarité s'établit. Il y a des excès dans le système des transferts, mais il y a aussi une redistribution qui est intéressante. Le système est loin d'être parfait. Parfois des groupes « mafieux » sont dedans, il y a des prises d'intérêt, des enrichissements personnels, cela s'est vu... Mais ce système a aussi des aspects intéressants.


Supprimer les indemnités de transferts sans une alternative solide, ce serait condamner les clubs formateurs ?
La chose importante, c'est de bien comprendre qu'une mesure ne peut être efficace si elle est prise seule. Dans le cas du fair-play financier, Michel Platini a aussi imposé la règle des joueurs formés localement, pour que même les clubs les plus riches soient contraints de former un minimum de joueurs, quatre minimum sur la liste pour la Ligue des champions par exemple. C'est intéressant. Il ne faut pas changer le système des transferts, mais plutôt lui mettre des règles, comme par exemple : ne pas avoir cinquante joueurs sous contrat comme à Chelsea. Si certains veulent mettre plus d'argent, c'est leur droit. Mais regardez en NBA, les franchises sont limitées en nombre de contrats. Après, le système américain, avec le salary cap, c'est très efficace. Mais on oublie que la NBA ou la NHL, ce sont des championnats nationaux, mais il n'y a pas de championnat continental. Pas de Ligue des champions, donc vous pouvez faire en sorte que tout le monde soit lié avec les mêmes règles, qu'il y ait une puissance comparable. Ils sont tous dans le même pays - ou presque, étant donné qu'il y a des équipes canadiennes -, et sont donc assujettis à une fiscalité comparable. Or, en Europe, il y a déjà une différence entre les équipes qui ont pour monnaie l'Euro et les autres. Par exemple, imposer un salary cap quand la fiscalité en France n'est pas la même que celle en Espagne ou ailleurs, c'est très compliqué.

Propos recueillis par Nicolas Jucha
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